RMC Sport

Nice-Bastia, pourquoi ils se détestent

-

- - AFP

Les incidents qui ont émaillé Nice-Bastia ce samedi à l’Allianz Riviera ne sont pas les premiers entre deux clubs qui se vouent une haine féroce depuis des décennies. Décryptage d’une rivalité singulière.

Pourquoi tant de haine entre Niçois et Bastiais ? Les graves incidents qui ont éclaté à la fin de l’opposition entre les deux équipes, samedi à l’Allianz Riviera (0-1), ne sont malheureusement pas une première. Depuis les années 70, la rivalité entre les deux clubs méditerranéens n’a jamais désenflé, sans qu’un réel contentieux marque un point de départ à cette animosité chronique. Si un derby nourrit naturellement les tensions, notons que les Nice-Bastia ont toujours été spéciaux, notamment pour les supporters de Bastia. Privés de faculté sur l’Ile de Beauté, beaucoup d’étudiants corses effectuaient leurs études à Marseille ou Nice, et venaient donc en nombre au stade du Ray, l’ex-enceinte des Aiglons, pour soutenir le SCB. Le début des tensions.

En 1976, certains joueurs, apeurés, refusent d’entrer sur la pelouse

Les étincelles (et pas qu’au sens figuré) ont aussi fusé sur le terrain. En 1976, lors d’un 8e de finale de Coupe de France, le match aller (les rencontres se déroulaient alors en matches aller-retour) se passe dans un climat délétère. « Nous allons raquer les Corses avant d’aller chez eux parce qu’on sait qu’on va être matraqués là-bas », lâche le capitaine niçois Jean-Noël Huck. Et une bagarre générale éclate pendant la rencontre.

Au retour, dans un stade de Furiani chaud comme la braise, l’accueil réservé aux visiteurs est plus qu’hostile. Des joueurs sont agressés avant le match. D’autres, apeurés, refusent de participer au match. L’équipe niçoise entre même sur la pelouse avec neuf joueurs ! Face à tous ces incidents, la FFF suspend le stade corse et annule le résultat du match retour (2-2 à l’aller, 4-0 au retour), exigeant qu’il soit rejoué sur terrain neutre, à Rennes. Inquiet pour les Aiglons, Jacques Médecin, maire de Nice, met alors la pression sur le président du Gym, Roger Loeulliet, pour que son club déclare forfait. Tant pis pour la qualif’. Il faut dire que des joueurs azuréens ont été menacés et qu’une explosion a frappé le magasin de mode du capitaine Jean-Noël Huck.

Bataille rangée en plein port de Nice

Toujours en 8e de finale de la Coupe de France, mais en 1992 : après que des centaines de supporters corses aient forcé le passage pour pénétrer dans le stade du Ray, avant d’être contraints d’en ressortir pour être fouillés, une bombe agricole explose sur la pelouse aux pieds du Niçois Jean-Philipe Mattio, légèrement blessé (0-1). En 2004, le bus niçois est accueilli à coups de jets de pierres. Et même quand les deux équipes ne s’affrontent pas sur le terrain, leurs supporters trouvent le moyen de « se mettre dessus ». Ce fut le cas en avril 2011. Des supporters de Bastia, alors en National, assistent au match contre Fréjus en viennent aux mains avec des fans du Gym en plein cœur du port de Nice. Publics parmi les plus chauds de France, Bastiais et Niçois ont donc ajouté samedi un nouvel épisode malheureux à leurs collections de dérapages. Pas sûr que ce soit le dernier.

Aurélien Brossier Rédacteur