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OM : 2 kinés licenciés, 25 postes menacés, intersaison tendue au centre RLD

Jacques-Henri Eyraud et Rudi Garcia

Jacques-Henri Eyraud et Rudi Garcia - AFP

INFO RMC Sport - En toute discrétion et au lendemain du dernier match, Rudi Garcia a annoncé à deux kinés historiques de l’OM et à un préparateur physique qu’il ne comptait plus sur eux. Dix jours plus tard, la direction de l’OM annonçait aux salariés un plan de départ volontaire pour moderniser l’OM. 25 postes sont menacés. L’ambiance est tendue au centre Robert Louis-Dreyfus. Révélations.

Dimanche 21 mai, midi, Commanderie. Au lendemain du dernier match de la saison face à Bastia, Rudi Garcia avait donné rendez-vous à tous les joueurs et au staff pour un barbecue géant. Le coach de l'OM l'avait décrit devant la presse comme "un dernier moment convivial et en famille" avant que chacun ne vaque à ses occupations respectives: matchs internationaux pour les uns, vacances pour les autres. Et bientôt... chômage, pour certains! Rudi Garcia, patron du secteur sportif, a en effet "profité" de ce brunch géant pour recevoir, un par un, et à la chaîne, chaque membre du vestiaire - joueur ou staff. 

Cellier, Jacobs et Palestri remerciés

Et, selon les informations de RMC Sport, le barbecue a eu un goût très amer pour certains membres historiques de l'OM: Jérôme Palestri, kiné, 20 ans de maison: remercié! Jean-Georges Cellier, kiné aussi, au club depuis 10 ans, viré! Tout comme Pieter Jacobs, préparateur physique qui, lui, ne sera donc resté que deux petites saisons à l'OM. 

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"Personne ne s'y attendait. On venait d'accrocher la 5e place, on pensait être là pour finir la saison dans la bonne humeur. Et entre deux bouts de viande, on annonce à certains que c'est fini. C'est dur, c'est sournois. Il y a eu des larmes", confie un membre du vestiaire.

"Il y a eu des larmes"

Le monde impitoyable du foot pro a frappé. Rudi Garcia veut opérer un remaniement dans le staff médical piloté par Franck Le Gall. Un staff qui verra, dans les prochains jours, la nomination de deux kinésithérapeutes et d'un autre préparateur physique, au minimum.

Palestri, Cellier et Jacobs sont donc en train de négocier leurs indemnités de départ.

Ces annonces, inattendues, ont été très mal vécues au sein du club olympien. Une première vague de licenciements avait eu lieu dès la prise de pouvoir de Franck McCourt et de Jacques-Henri Eyraud, à l'automne. Au-delà de l'éviction de Franck Passi, plusieurs cadres du bâtiment administratif avaient été remerciés: Cazadamont (sécurité), Dufoix (secrétaire général), Laboz (communication), Suchet-Jacob (finances), liste non exhaustive.

Un plan de départ proposé aux salariés

La deuxième vague, dans le secteur sportif cette fois, a donc eu lieu juste en fin de saison, au parfum du feu de bois et des saucisses grillées.

Jamais deux sans trois: une troisième vague de départs interviendra avant la fin de l’été.

Selon nos informations, une réunion a eu lieu, mardi dernier, dans le réfectoire du centre RLD. Jacques-Henri Eyraud et Jean-François Richard, le directeur général adjoint, ont convoqué salariés et délégués du personnel pour leur faire une annonce qui a glacé l'assistance: l'OM propose un plan de départ volontaire à ses salariés! Et souhaiterait supprimer "25 postes", soit près d'un quart de l'effectif global (110 employés à l'OM hors secteur professionnel). 25, le chiffre a été annoncé lors de cette réunion, sans que ne soit précisé combien d'embauches suivront - l’objectif n’étant pas de réduire les coûts mais de réorganiser le fonctionnement de l’OM - et quels postes étaient dans le viseur, "ce qui crée beaucoup de tension et de craintes chez les salariés, car tout le monde ou presque se sent menacé", raconte l'un d'entre eux, qui précise que "certains collègues ont même stoppé leurs vacances ou hésité à les prendre en juin par peur de ne pas pouvoir défendre leur poste!"

25 postes menacés, le pôle média dans le viseur 

Des discussions sont en cours avec les représentants du personnel. Les premiers départs volontaires pourraient intervenir dès cet été, au mois d’août. Si le nombre de volontaires n’est pas en adéquation avec la restructuration que Jacques-Henri Eyraud souhaite opérer, le Président de l’OM tranchera et décidera quels postes seront concernés. Le pôle marketing de l'OM, mais aussi et surtout celui des médias, seraient principalement visés.

La direction de l’OM a justifié ce plan de départ par la volonté de donner au club olympien une nouvelle orientation et de le doter de nouvelles compétences. Plus de compétence sur le numérique et le digital, plus d'expertise dans l'événementiel et les nouvelles technologies (animations au stade, etc.), plus de présence à l'international pour développer la marque OM.

"Eyraud a pris le pouls, maintenant il tranche!"

"Eyraud a pris le pouls pendant 8 mois et a jaugé l'état des troupes. Certaines tensions sont apparues notamment avec le pôle médias. Souvent, le Président n'hésitait pas à menacer d'externaliser la production s'il n'était pas satisfait des contenus. Maintenant, il tranche", confie un salarié présent lors de la réunion.

"Eyraud va vite, il veut des salariés efficaces et il n'est pas là pour plaire ni pour se faire des amis. C'est froid, c'est dur mais c'est comme ça, c'est son modèle: à l'américaine", ajoute un proche du club.

Pendant que les supporters attendant avec impatience de voir l'OM dépenser des dizaines de millions d'euros sur le marché des transfert, l'ambiance est donc tendue et crispée au sein du bâtiment administratif de l'OM. Aux dernières nouvelles, même si la crainte de parler et la discrétion sont de mise, chez les salariés, depuis cette annonce, les employés de l'OM ne se bousculent pas à l'entrée de la DRH pour accepter ce plan de départ qui secoue, en interne, l'institution olympienne. 

Florent Germain, à Marseille