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OM: Balotelli, ange ou démon?

Lors d’OM-Nantes (1-2), dimanche soir en Ligue 1, Mario Balotelli a encore montré le meilleur et le pire de son personnage, capable de marquer un vrai but d’attaquant, et de sortir complètement de son match sur une embrouille. Si bien qu’à quelques rencontres de la fin programmée de son aventure marseillaise, il est difficile de dire si l’OM doit, ou non, casser sa tirelire pour tenter de le conserver.

BALOTELLI CÔTÉ ANGE

Il a marqué des buts, et beaucoup

Si l’OM a fait venir l’Italien cet hiver, après s’être arraché les cheveux durant des mois face à l’inefficacité de Mitroglou et Germain, c’était pour accomplir une mission limpide: mettre des buts. Faire trembler les filets. Et pas une fois tous les 10 matchs. En ce sens, Super Mario a parfaitement fait le job. Muet durant la première partie de saison avec Nice, il s’est réveillé d’un seul coup. Depuis ses débuts marseillais lors de la 22e journée, fin janvier, Balotelli a inscrit 8 buts en 12 apparitions et 755 minutes sur la pelouse. Sur cette période, seul Kylian Mbappé a fait mieux, avec 11 réalisations au compteur. De plus, l’avant-centre a prouvé qu’il pouvait s’adapter à différents systèmes et partenaires, traitant les services d’un Thauvin ou d’un Ocampos de la même manière.

Et il a rapporté des points

Marquer, c’est bien, marquer des buts utiles, c’est encore mieux. Sur ce point aussi, l’international italien a incontestablement apporté à l’OM. Certes, sa réalisation contre Nantes, dimanche, n’a pas empêché Marseille de s’incliner contre les Canaris, mais avant cela, ses buts avaient fait gagner des points. Balotelli a ainsi permis de décrocher des victoires contre Dijon (2-1), Amiens (2-0), Saint-Etienne (2-0), Nice (1-0), et un nul contre Angers (2-2). Ce qui fait une petite quinzaine d’unités, que Marseille n’aurait peut-être pas grappillées sans lui. Non négligeable, donc. Seul bémol: son rendement à l’extérieur. Alors que l’OM souffre hors de ses bases depuis le début de la saison, Super Mario n’a guère aidé à régler ce problème, avec un seul but sur huit hors du Vélodrome.

BALOTELLI CÔTÉ DEMON

Il est toujours aussi irrégulier dans le jeu

Le débat existe depuis ses débuts professionnels, et n’a pas été éteint en quelques semaines à Marseille. Loin de là. Quand il ne marque pas, Balotelli donne parfois cette fâcheuse impression de ne rien apporter à l’équipe. Fidèle à lui-même, il se traîne, rouspète, rechigne dans le repli défensif. Ce n’est pourtant pas un problème d’envie ou de motivation, puisqu’il semble plutôt épanoui actuellement, et qu’on l’a même vu dimanche soir remobiliser les troupes après la défaite. Mais c’est plus fort que lui. En mars, dans une interview à La Provence, il était le premier à le reconnaître. "J’ai toujours joué comme ça. […] C’est vrai que parfois, je marche sur le terrain", glissait-il, en prenant Ocampos en contre-exemple. "Lui, il court! Mais quand tu as un joueur qui marche, tu as besoin de deux qui courent", s’amusait-il.

Et il est toujours proche de dégoupiller

Pour miser sur un joueur sur le long terme, mieux vaut être sûr de sa fiabilité. Malheureusement, Balotelli est régulièrement rattrapé par son caractère. En moins d’une demi-saison, l’Italien a déjà écopé de quatre cartons jaunes, et d’un match de suspension. C’est beaucoup, et trop pour un joueur qui ne défend pas. Surtout, il est passé plusieurs fois très près de la correctionnelle. A Bordeaux, début avril, il avait mis un coup au visage de Pablo, lui fracturant même le nez, sans être puni par la suite. Dimanche, il s’est encore rendu coupable d’un vilain geste sur Diego Carlos, sanctionné uniquement d’une biscotte, à la surprise générale. C’est un vrai problème, puisque tôt ou tard, l’Italien se fera attraper et plombera son équipe, et ensuite parce que Garcia le fait régulièrement sortir prématurément pour éviter un nouveau dérapage. Or, contre les Canaris, l’OM n’aurait pas dit non à un but salvateur en fin de rencontre.

Clément Chaillou