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OM : Batshuayi en salle d’attente… pour l’instant

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Dans l’ombre d’André-Pierre Gignac à Marseille, l’attaquant belge Michy Batshuayi séduit sur et en dehors du terrain depuis son arrivée dans la cité phocéenne cet été. Si la hiérarchie ne semble pas remise en cause à court terme, ‘Michy’ met de plus en plus de pression sur ‘Dédé’.

A Marseille, les 7 millions d’euros (estimés) mis sur Batshuayi (21 ans) pour l’arracher au Standard de Liège ne suscitent aucun débat. Sur le pré, ‘Michy’ tire son épingle du jeu malgré une maigre exposition (182 minutes disputées pour 8 apparitions en Ligue 1). Face à Bordeaux lors de la 14e journée, Batshuayi a conclu la belle prestation olympienne (3-1) en inscrivant son premier but en championnat. Contre Lorient mardi (1-1), son entrée remarquée a confirmé sa capacité à se créer des occasions, au point de soulever les compliments de son coach Marcelo Bielsa. « Son apport a été très important », avait ainsi commenté le technicien argentin. Puissant, véloce, performant des deux pieds, l’attaquant belge pèse dans l’axe quand Gignac part s’exiler côté droit. De quoi légitimement aspirer à gagner du temps de jeu.

Dans les travées du stade Vélodrome, Batshuayi a su aiguiser la curiosité des supporters. Beaucoup d'amoureux de l'OM confient d’ailleurs qu'ils aimeraient voir le jeune Belge plus souvent et plus longtemps. Le vestiaire olympien n’est pas insensible non plus au talent et la personnalité du bonhomme, à l’image de Florian Thauvin. « A chaque fois qu’il rentre sur le terrain, il se crée minimum une occasion. Il nous fait énormément de bien. Il a un très bon état d’esprit, c’est quelqu’un de respectueux, qui travaille, confie l’ailier. Vous savez, quand vous n’êtes pas titulaire, c’est compliqué de rester tranquille, de ne pas s’énerver. Je trouve qu’il est très cool. C’est vraiment quelque chose de fort dans sa personnalité. » Reste à convaincre Bielsa. On le sait, l’Argentin rechigne à aligner ensemble d’entrée Batshuayi et Gignac sur le front de l’attaque. Et dans l’esprit du charismatique patron, le statut d’APG, dont il a fait un leader, ne souffre d'aucune contestation. Même si l’homme aux 11 buts en Ligue 1 cette saison semble accuser le coup depuis la trêve internationale.

Relâchement interdit pour Gignac

A propos de Gignac, Bielsa déclare ainsi : « Mettre des buts c’est sa spécialité. Donc je travaille beaucoup avec lui pour qu’il puisse se placer en situation de tirer au but. Après, il les met au fond ou pas, comme tout le monde. Ce qui le différencie, c’est qu’il en met plus qu’il n’en loupe. » Le constat est clair, Gignac conserve la confiance du coach. Homme de conviction, l’Argentin n’est pas non plus de ceux que l’on qualifierait de « sujet à la pression populaire ». Dédé peut donc dormir tranquille. Même si…

En privé, Gignac confie souvent qu'il ne peut pas se relâcher. Il sait qu'il a derrière lui « un super joueur, pétri de talent ». Les deux hommes s'entendent bien, au point de vendre avec ferveur le scénario rêvé de la « saine concurrence ». Par ailleurs, ses déclarations remarquées dans la Gazzetta dello Sport (Gignac y annonçait son probable départ en fin de saison), ont braqué un peu plus les projecteurs sur ses performances. De quoi nourrir les débats qui font la spécificité olympienne et mettre un peu de pression dans la tête de Gignac. A Lorient mardi dernier, Batshuayi a remplacé Barrada à la 59e. Gagnera-t-il quelques minutes ce dimanche face à Metz (21h), et plus généralement dans les semaines à venir ? La réponse de Bielsa reste énigmatique : « Je ne peux pas l’affirmer même si cela dépend de moi. » Et un peu de ‘Michy’ et ‘Dédé’ aussi.

Sylvain Reignault et Florent Germain