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OM: des doutes et des questions à tous les étages

La défaite de l'OM contre Nantes en clôture dominicale de la 34e journée de Ligue 1 (2-1) a ravivé les doutes à Marseille, alors que Frank McCourt, le propriétaire du club, était en tribunes. Toutes les strates du club sont affectées.

McCourt avertit les joueurs

D’abord, Frank McCourt. Le propriétaire de l’OM était au Vélodrome dimanche soir. Il était arrivé en début d’après-midi à La Commanderie par hélicoptère (il a atterri sur l’un des terrains du centre RLD), avant de s’entretenir avec Jacques-Henri Eyraud puis avec les joueurs.

C’était avant le match, donc, au centre d’entrainement de l’OM. Aux côtés de "JHE", McCourt avait choisi de montrer les crocs, pour la première fois depuis son arrivée au club. Son discours: "Je suis très déçu de vos performances. Réagissez. Soyez vite à la hauteur de ce club, dignes de ce maillot avant de penser à votre avenir. Je peux aussi décider de ne pas vous laisser partir ailleurs, même en cas de belle proposition."

Après cet avertissement, McCourt a d’autant plus mal vécu cette soirée, ce revers face à Nantes (1-2) et le manque de caractère des joueurs. Défaite qui met fin à l’objectif podium et aux espoirs de Ligue des champions. Niveau de jeu et manque de spectacle qui le déçoivent. Ambiance encore tendue en tribunes, notamment virage sud: banderoles "direction démission" et chants anti-Eyraud et Garcia. McCourt avait déjà été froissé par l’ambiance hostile d’OM-Lille lors de la 22e journée (1-2).

Dans son entourage, on est peu loquace et on explique juste que McCourt "fera le bilan avec ses équipes en fin de saison et prendra des décisions s’il le juge nécessaire". McCourt s’interroge surtout sur les dépenses liées au recrutement. Les 25 millions d’euros et le salaire XXL déboursés pour un joueur comme Kevin Strootman, encore laissé sur le banc dimanche, interpellent par exemple le boss. Officiellement, McCourt a toujours confiance en "JHE". Et il répond que le dossier Rudi Garcia est d’abord du ressort de Jacques-Henri Eyraud.

Eyraud commence à douter de Garcia

Le président de l’OM commence, justement, à avoir quelques doutes et à s’interroger sur la pertinence ou non de poursuivre avec Rudi Garcia comme entraîneur. Ça ne date pas d’hier. D’autres défaites, notamment celles de Reims début février, avaient déjà agacé "JHE". Certaines attitudes ou humeurs des joueurs ont mis le président olympien devant l’évidence: le ressort est un peu rouillé entre Garcia et une partie du vestiaire.

Eyraud qualifiait de "mode détestable" cette faculté des supporters et journalistes à remettre en cause l’avenir d’un coach à la moindre contre-performance. Sa vision a évolué et le collier d’immunité accordé à Garcia n’est plus trop à la mode. "Eyraud ne soutient plus Garcia les yeux fermés. Le crédit de l’entraîneur est bel et bien entamé à ses yeux", reconnait un proche de "JHE". Fait plutôt rare, Eyraud n’est pas descendu dimanche dans le vestiaire pour saluer joueurs et staff, comme il le fait d’habitude, même en cas de défaite.

Garcia prépare la saison prochaine, les joueurs ne répondent plus

Rudi Garcia, de son côté, veut donner l’apparence, au moins en façade, d’un coach qui ne baisse pas les bras et qui reste costaud mentalement face à cette saison difficile, aux critiques, aux insultes de supporters. Il impressionne en interne par sa capacité à encaisser les coups. Mais le coach de l’OM est pourtant gagné par une certaine lassitude et sent que son vestiaire a moins de répondant. "On n’est pas mort, il reste douze points, il faudra gagner à Strasbourg !": ses mots dimanche dans le vestiaire sonnaient comme un discours de circonstances. Certains joueurs ont lâché, Garcia ne peut plus le nier.

Les attitudes après le match étaient symptomatiques: si certains joueurs comme Ocampos, Sakai ou Germain semblaient accuser le coup après la rencontre, d’autres n’ont pas semblé très perturbés par la défaite de dimanche et ont même quitté le Vélodrome en esquissant un petit sourire ironique. "Chez les joueurs, et plus largement au sein du club, beaucoup ont envie que ça pète, que ça change, et on se dit même que ce serait un mal pour un bien de ne pas être en coupe d’Europe", lâche un intime du vestiaire.

Rudi Garcia, pour le moment, fait comme si de rien n’était. Il prépare la saison prochaine, envisage certains stages de reprise, sonde parfois (et timidement) quelques joueurs sur leurs intentions pour la saison prochaine. Les joueurs savent rarement quoi répondre, tant l’avenir de leur coach apparaît aujourd’hui très incertain.

PL avec Florent Germain