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OM: la vente du stade Vélodrome, un enjeu qui divise les politiciens marseillais

Depuis un mois, le maire de Marseille, Benoît Payan, répète son envie de vendre le Stade Vélodrome. Objectif, faire des économies. L’opposition, elle, veut conserver à tout prix ce "bijou de famille".

"Le stade, je veux le vendre parce qu'il me coûte trop d'argent", les mots de Benoît Payan, lors d’un live sur Facebook début février, sont clairs. La municipalité souhaite trouver un acheteur pour reprendre le Stade Vélodrome. En début de semaine, le maire de la ville avait indiqué sur RMC son envie de vendre directement l’enceinte, inaugurée en 1937, au club phocéen. "J’ai indiqué à plusieurs reprises que je voulais vendre le stade mais que je ne le vendrai qu’à l’Olympique de Marseille et à partir du moment où je serai sûr du projet, a indiqué le maire socialiste. Le stade, il ne va pas s’envoler. Il est hors de question que ce soit le stade Qatar Airways ou Panzani demain. Moi, je suis né dans le stade."

Dans l’opposition, cette idée ne passe pas. Sylvain Souvestre, maire (LR) des 11e et 12e arrondissements de Marseille, conserve la ligne directrice dictée par Jean-Claude Gaudin pendant sa mandature : le patrimoine sportif de la ville doit rester à la mairie. "Notre position a toujours été la même. A savoir, on ne vend pas les bijoux de famille. Aujourd'hui, le stade appartient à la ville mais techniquement il appartient en grande partie à des banques, confie Sylvain Souvestre. Donc je ne sais même pas si la ville pourrait vendre l’enceinte d'un point de vue juridique. D’un point de vue historique, sportif et culturel, pour nous, la position est très claire, ne jamais vendre le stade et ça ne bougera pas."

L’OM possède la gestion commerciale de l’enceinte

Lors de sa rencontre, lundi, avec Frank McCourt, Benoît Payan n’a pas évoqué la vente du deuxième plus grand stade français. "On reviendra sur ce sujet, il va revenir assez rapidement, et on aura l’occasion de mettre cartes sur table à ce moment-là." Il faut dire que l’Olympique de Marseille n’est pas pressé d’acheter l’enceinte du boulevard Michelet. En 2018, les dirigeants de l’OM avaient trouvé un accord avec Arema, constructeur du nouveau Vélodrome dans le cadre d'un partenariat public-privé avec la mairie, pour récupérer la gestion commerciale de l’enceinte.

"Ils ont la pleine gestion du stade donc l’OM n’a aucun intérêt à acheter l'enceinte, affirme Sylvain Souvestre. Et si un jour, un nouveau repreneur arrive à Marseille, qui demain peut garantir que ce repreneur ne soit pas présent pour faire de l’immobilier à cet endroit ou un programme commercial ?" Le contrat d’exploitation signé avec Arema s’étend jusqu’au 30 juin 2045. A l’époque, l’OM avait versé un droit d’entrée de 2 millions d’euros et verse actuellement une redevance à la société de 1,8 millions d’euros par an. Pour la mairie de Marseille, 6 millions d'euros par an sont "dépensés maladroitement." Du côté des recettes, la chambre régionale des comptes a estimé dans un rapport, que le loyer versé à la ville par le club phocéen était trop faible (estimé à 5 millions d’euros par an, ndlr).

Un agrandissement de la Commanderie ?

Autre dossier, la Commanderie. Rudi Garcia, lors de sa prise de fonction en novembre 2016 à l’OM, avait pointé du doigt l’étroitesse du centre d’entraînement Robert Louis-Dreyfus. Sur ce domaine, la Commanderie regroupe le siège social du club, ses installations pour les joueurs professionnels et le centre de formation. Pour le maire du 12ème arrondissement de Marseille, secteur du centre d’entraînement, l’agrandissement des installations sportives de l’Olympique de Marseille devrait être une priorité.

"Je pense qu’il va surtout falloir continuer de développer la Commanderie, dévoile Sylvain Souvestre. Quand on voit les installations aujourd’hui, ce n’est pas digne d’un club qui vise les premières places européennes. La superficie du centre d’entraînement n’est pas du tout à la hauteur d’un club comme l’OM. Et ça, c’est une problématique qu’il faut régler au niveau local. Pour ne pas voir l’Olympique de Marseille sortir de la ville." En pleine construction d’un "nouveau chapitre", ce dossier n’est pour le moment pas une priorité pour l’OM.

Nicolas Pelletier