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OM-OL: pourquoi la rivalité est de plus en plus chaude

L'OM a l'occasion, ce dimanche (21h), de frapper un gros coup face à l'OL en Ligue 1. Pour fêter dignement les 120 ans du club, battre Rudi Garcia pour son retour au Vélodrome et repousser son rival sportif à six points.

La scène remonte au 20 septembre 2015 et symbolise à sa manière tous les excès de plus d'une décennie d’une rivalité nouvelle entre deux clubs. Mathieu Valbuena, révélé à l’OM et devenu un cadre lors de son passage entre 2006 et 2014, revient au Stade Vélodrome, devant ses anciens supporters, avec un autre maillot après un passage en Russie, au Dynamo Moscou. Celui de l’OL, nouvel ennemi honni.

Dans les tribunes, des groupes de supporters marseillais représentent leur ancien milieu offensif pendu à une potence, le tout associé à des banderoles et des flots d'insultes. Excédé par l'ambiance délétère dans les tribunes, Aulas se lâche alors après la rencontre. "J'ai dit à Vincent Labrune (le président de l'époque de l'OM, NDLR) que c'était un guignol et qu'il durerait moins longtemps qu'il ne l'imaginait dans le football parce qu'on ne peut pas se permettre de jouer avec la sécurité des gens et s'amuser à jouer au pitre. C'est irresponsable". 

Un épisode resté dans les mémoires collectives des deux clubs et qui apparaît comme un précèdent à ne pas reproduire alors que se profile un autre retour ce dimanche: celui de Rudi Garcia. "Je pense qu’il va avoir un accueil compliqué, très compliqué. Je ne pense pas qu’il aura la potence mais Garcia ne vient pas en terrain conquis, reconnaît Rudy, supporter du club marseillais. Il va chez l’ennemi très, trop, rapidement donc il n’aura pas un bon accueil." Voilà ce qui est reproché par beaucoup à Rudi Garcia, encore en poste il y a quelques mois en Provence.

Payet a bien allumé Garcia

Pour sa première devant les fans de son ancienne équipe, ce sera dans la peau de l'entraîneur de l'OL. "Est-ce que moi je pourrais passer de Marseille à Lyon en trois mois? Je ne pense pas", a taclé son ancien joueur Dimitri Payet ce vendredi en conférence de presse. Mais à Marseille, les supporters insistent surtout pour l'heure sur les festivités pour les 120 ans du club et ne veulent pas que l'histoire de Garcia, considéré par beaucoup comme un homme de passage, prenne le dessus sur la rencontre. 

Pourtant, la rivalité entre les deux clubs, Rudi Garcia la connaît bien. Il en a même largement usé pour motiver ses troupes au cours de son passage à l'OM entre octobre 2016 et l'été 2019. "Ça fait bizarre de le voir dans le camp d'en face. Il y a quelques mois, quand on recevait Lyon, il avait eu une causerie sur les joueurs lyonnais, les supporters lyonnais, le président lyonnais... Cela fait bizarre qu'il postule pour ce club trois mois après...", insiste encore Payet. 

Un ultime épisode qui enflamme un peu plus cette rivalité entre Lyon et Marseille, marquée par des clashs en série entre présidents ou encore une bagarre générale en 2018. Des titres disputés en 2007 ou 2009, aux multiples batailles pour les qualifications européennes, tout est bon pour prendre l'ascendant sur l'adversaire. L'OL et l'OM se sont surtout trouvés à partir de la décennie 2010. 

Le PSG trop loin, Saint-Etienne trop inconstant

Racheté par le fonds d'investissement Qatar Sports Investments à l'été 2011, le Paris Saint-Germain s'est imposé comme le mastodonte du championnat français. A la première décennie lyonnaise du XXIe siècle a succédé une domination sans partage ou presque du PSG. L'occasion de renforcer la rivalité entre les deux Olympiques. "On m'a dit qu'il y avait des matchs à ne pas rater: celui contre le PSG et celui contre Lyon", reconnaissait Valentin Rongier, dernière recrue en date de l'OM, au moment de sa présentation. 

Successeur de Rudi Garcia à la tête de Marseille, André Villas-Boas a lui admis ces dernières semaines une "différence abyssale" avec le PSG, avouant même que "ce n’est pas un match qui compte trop" pour lui. Un aveu impensable il y a encore quelques années. Du côté de l'OL, si le rival historique reste Saint-Etienne, le derby a perdu de son importance aux yeux des supporters, les deux clubs n'étant jamais réellement au même moment à un niveau sportif équivalent, avec des passages de l'ASSE en deuxième division au début du siècle. 

"Quand vous travaillez dans la région lyonnaise, vous êtes toujours avec des supporters de Lyon ou de Saint-Etienne. C’est quelque chose qui est ancré dès le plus jeune âge, qui est comme ça, qui est extraordinaire, recadre toutefois Stéphane Benas, directeur du musée de l'OL depuis son inauguration en décembre 2015. Marseille, la relation est différente puisque la 'rivalité' est plus sportive. C’est plutôt un contraste entre deux villes qui se disputent la plus grande ville intramuros et la plus grande métropole pour savoir qui est la deuxième plus grande ville de France. C’est incomparable avec un derby."

Incomparable mais ce dimanche, une victoire de l'OL permettrait de recoller au classement et de tourner la page peut-être après un début de saison compliqué. Dans ce contexte particulier, le nouvel épisode de cette saga entre les deux Olympiques sera forcément très attendu. Si le titre s'est déjà envolé cette année encore, ce match sonnera une fois de plus comme le vrai choc sportif de la Ligue 1. 

Guillaume Lepère