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OM-Rennes : ce qu'il s'est passé dans les vestiaires

DOCUMENT RMC SPORT. Après la déroute de l’OM face à Rennes ce vendredi (2-5), Michel a choisi de ne pas démissionner. Son discours devant les joueurs, l’attente des dirigeants marseillais… Plongée dans les coulisses du Vélodrome.

Une soirée marquante… Pour le pire. L’OM a sombré vendredi soir au Vélodrome, face à Rennes (2-5), dans une ambiance très tendue. Chose rare, Michel a passé la fin de match assis sur le banc, amorphe, sans réaction. Puis il a regagné les vestiaires au pas de course, laissant à peine le temps à Rolland Courbis de lui glisser quelques mots d'encouragement et de soutien. Dès le coup de sifflet final, et même avant, tant la débâcle marseillaise a rapidement semblé évidente, tout le monde se demandait - y compris au sein même du club olympien - si Michel allait donner sa démission après une telle déroute.

Cette hypothèse aurait grandement arrangé l'état-major olympien... pour éviter d'avoir à négocier des indemnités de licenciement. Michel reste alors dans le vestiaire de longues minutes avec ses joueurs. Presque 20 minutes. Des témoins racontent à RMC Sport un silence de mort. Seul Michel parle, parfois en français, en espagnol quand il ne trouve pas les mots, traduits alors par Franck Passi.

Michel : "Si le problème, c'est moi, dites-le moi"

Michel est ému. Ses yeux sont rougis. "Ce n'est plus une histoire de sport, ça devient une histoire d'hommes et c'est dans les têtes, les gars, lance alors l’Espagnol. Si le problème, c'est moi, dites-le moi !" Les joueurs ne bronchent pas, ou peu. Michel échangera alors avec quelques-uns, en tête à tête, avant de réunir son staff. Certains affirment au coach qu'il a leur soutien, mais les joueurs sont pour la plupart amorphes, comme sur le terrain.

Un membre du vestiaire olympien fait d’ailleurs cette confession à RMC Sport : « Même avant le match, il n’y avait aucune ambiance. C’est déroutant. On n’avait pas l’impression qu’on allait entrer pour combattre férocement contre une bonne équipe. » Un constat étonnant, vu le contexte sulfureux de la semaine (déclas présidentielles, remise en cause de l’autorité de Michel, grève annoncée des supporters) qui devait être annonciateur d’une révolte des joueurs…

Après ce discours, Michel s'isole alors pour parler en espagnol avec ses adjoints. A ce moment précis, certains membres du club se demandent encore si Michel va faire une annonce devant les micros. Il assurera pourtant en conférence de presse qu'il ne veut pas démissionner. « Mes joueurs sont tristes, très affectés et personnellement, je ne vais pas les laisser ni les abandonner. »

Labrune en réunion avec Laboz, "KLD" présent

Vincent Labrune est alors dans le salon du président, en réunion avec le directeur général adjoint Luc Laboz (qui a échangé quelques instants avec Michel avant sa conférence de presse) et d'autres collaborateurs... Kyril Louis-Dreyfus est également présent. Tous se promettent d'essayer de tenir le cap pendant cette crise. Les dirigeants marseillais s'en doutaient, mais ils reçoivent la confirmation que Michel ne veut pas quitter son poste. Le président de l'OM décidera pour sa part de parler de longues minutes au micro de Canal +.

« On est parti ensemble, on va finir ensemble, indique-t-il à propos de Michel. (…) De toute façon, je n’ai pas les moyens depuis quelques saisons de faire ce que je veux. » Aux dernières nouvelles, Labrune et Michel ne se sont pas rencontrés vendredi soir. Les dirigeants olympiens ont quitté le Vélodrome tard dans la nuit. Ce qui leur a évité la crainte d'être attendu par des supporters. Michel et le staff avaient dû, eux, être escortés et emprunter une sortie dérobée pour échapper à la grogne des fans de l'OM.

Florent Germain