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OM : Tapie aurait "fait sauter Bielsa au bout de deux mois"

Bernard Tapie

Bernard Tapie - AFP

Dans des entretiens accordés au Figaro et à la Provence, l’ex-président de l’OM, Benard Tapie, revient sur la démission de Marcelo Bielsa et évoque son bilan. Il charge aussi le président Vincent Labrune. Sans prendre de gants.

Tout le monde a un avis sur les raisons de la démission de Marcelo Bielsa. Bernard Tapie, fin connaisseur de l’OM pour en avoir été le président entre 1986 et 1994 a donc le sien. « Pour moi, il y a trois hypothèses : soit c’est un coup préparé avec l’idée de prendre le poste de sélectionneur du Mexique, soit le différend sur les «détails» de son contrat est plus grave que ce qui est dit, soit Bielsa est complètement fêlé », déclare-t-il ce lundi au Figaro.

« La défaite 0-1 a mis son plan de communication à l’eau »

Mais plus que les raisons qui ont poussé l’Argentin à quitter l’OM, c’est le bilan de l’ex-coach marseillais qui « inspire » Bernard Tapie. « C’est un fiasco sur toute la ligne. C’est pour ça que les supporters ne peuvent pas lui donner raison. Après le 2-0 contre la Juve en amical, Bielsa a pensé qu’il allait gagner 3-0 contre Caen samedi. La défaite 0-1 a mis son plan de communication à l’eau. Sportivement, la saison dernière, Bielsa avait largement l’effectif pour finir dans les trois premiers. Il ne l’a pas fait. Avec moi, il aurait sauté au bout de deux mois ! »

« Labrune semble n’avoir de bons rapports qu’avec lui-même, c’est ça le problème de fond »

Bernard Tapie aurait donc moins de patience que Vincent Labrune ? Une chose est sûre, l'actuel président olympien n'adopte pas la bonne attitude pour son prédécesseur : « Il doit se poser les vraies questions, estime Bernard Tapie dans les colonnes de la Provence. Vincent devrait avoir l’intelligence, l’humilité et le recul pour faire le constat que depuis son arrivée à la présidence, non seulement sportivement, les résultats sont mauvais, mais aussi financièrement, on ne peut pas dire que ce soit un parcours brillant. Mais, surtout, vous ne pouvez pas faire l’unanimité contre vous sans vous demander si vous n’y êtes pas un peu pour quelque chose... Il n’est pas en bons termes avec les supporters, il n’est pas en bons termes avec les institutions, il n’est pas en bons termes avec les journalistes de la presse locale, pas davantage avec la plupart de ses collègues. Il semble n’avoir de bons rapports qu’avec lui-même, c’est ça le problème de fond. Ses grandes qualités qui ont fait de lui l’homme de confiance de Robert Louis-Dreyfus, qui était un homme d’expérience, ne sont pas à remettre en cause, mais ne sont pas forcément les mêmes que celles qu’il faut pour diriger un club de football de haut niveau. Jusqu’à présent, il n’a pas montré qu’il les avait. »