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Pascal Dupraz: "J’aurais dû quitter Toulouse après l’exploit du maintien en 2016"

EXCLU RMC SPORT. Trois mois après son départ de Toulouse, Pascal Dupraz s’est confié sans langue de bois à notre micro sur son état de santé, son expérience dans la ville rose et sur ses ambitions.

Le 22 janvier, après une nouvelle défaite sur la pelouse de Montpellier (2-1) et une 19e place en Ligue 1, Pascal Dupraz quittait Toulouse. Plus précisément, il faisait ses bagages après un entretien avec son président Olivier Sadran, qui n’avait pourtant pas vocation à mettre un terme à sa collaboration avec le club. Au-delà des résultats médiocres de l’équipe, ce sont surtout les soucis de santé de l’entraîneur toulousain, victime de problèmes cardiaques, qui ont poussé les deux parties à prendre la sage décision de se séparer, comme l’explique le principal concerné dans un entretien à RMC Sport:

"J’ai lu dernièrement que le président Sadran s’était ouvert sur ce qui c’était passé. Or, le deal entre lui et moi, c’est de ne pas s’ouvrir. Ça appartient à deux personnes qui se sont rencontrées un lundi matin pour prendre un café, au départ. Et puis cette entrevue a débouché sur l’arrêt d’une collaboration. Je pense avoir été honnête, je sais qu’il a été honnête. Le TFC était engagé dans une opération maintien. Il fallait certainement changer quelque chose. Personnellement, honnêtement, je ne me sentais pas capable de coacher 16 matchs pour une équipe qui jouait le maintien parce que dans mon esprit, ma santé avait pris le dessus. Et pour moi, il était important de me reposer et de me soigner pour pouvoir à nouveau entraîner."

"Le recrutement est déficient au TFC"

Depuis, Pascal Dupraz, qui est toujours domicilié à Toulouse, a pu se reposer, prendre soin de sa santé et de son coeur pour être à nouveau opérationnel sur le plan professionnel. Et malgré la rupture de contrat, il garde un grand respect pour le TFC, dont il est le "premier supporter" et pour lequel il "espère" le maintien, selon ses mots.

Mais au-delà de cet attachement, le Haut-Savoyard nourrit quelques regrets quant à son expérience dans le club de la ville rose. Notamment de ne pas avoir plus structuré le TFC et ne pas avoir changé le fonctionnement de sa cellule de recrutement. Sans le nommer, il tacle le responsable de cette cellule, Dominique Arribagé.

"Le recrutement n’était pas celui que j’espérais tout le temps. Et nous n’avons recruté que des joueurs en faisant des paris. Max-Alain Gradel, qui est ô combien important pour le TFC, ne jouait pas depuis un an et demi. Yaya Sanogo avait des soucis à Arsenal et Giannelli Imbula ne jouait pas non plus, donc il a fallu mettre ces joueurs à niveau. Aujourd’hui, ils sont au niveau. Et ils seront certainement encore meilleurs la saison prochaine. Ce sont des paris que nous avons réussi. Et en cela, je pense que le recrutement est déficient au TFC, parce que je rappelle aussi que ces joueurs ont été recrutés sur le tard", déplore l’ancien entraîneur toulousain.

S’il reconnaît sa responsabilité dans les mauvais résultats du club avant son départ, Pascal Dupraz regrette toutefois que toute la faute ait été rejetée sur lui.

"Tous les joueurs sont responsables. Après tout, ce sont eux qui courent sur le terrain, même si ça ne doit pas ôter ma responsabilité. De toute façon, le TFC est un club qui peut finir 10e comme il peut finir 18e. J’ai envie de dire que le TFC fait partie de ces 15 clubs en Ligue 1 qui peuvent une fois, parce que la saison se présente bien, finir 6e, et l’année suivante finir 20e parce qu’il manque de potentiel”, analyse-t-il.

"J’aurais dû être plus ferme quant à certaines orientations sportives"

Tous ces éléments réunis, et en prenant du recul, Pascal Dupraz pense même qu’il aurait dû quitter le club bien avant. Il aurait préféré partir sur une bonne note, après la "remontada" de la fin de la saison 2015-2016, lorsque le club a arraché le maintien alors qu’il comptait 10 points de retard sur le premier non relégable à 10 journées de la fin du championnat.

"Alors que nous avions réalisé l’exploit du maintien en 2016, fort de cette réussite, j’aurais dû être plus ferme quant à certaines orientations sportives. Il y a eu quelques incongruités dans l’organigramme du club. Je pense qu’il était inconcevable pour certains d’être les patrons du recrutement, alors que j’étais l’entraîneur du TFC. Je n’aurais pas dû accepter de telles situations. Avec le recul, j’aurais dû partir au bout de ces 10 matchs-là. J’aurais dû réclamer, fort de mon succès, de partir", concède-t-il.

"Je me voyais mal entraîner une équipe à la lutte pour se maintenir avec le TFC"

Aujourd’hui, Pascal Dupraz a la tête tournée vers l’avenir. Contacté par un mal classé de Ligue 1 il y a quelques semaines (Troyes ?), il a décidé de décliner l’offre, ne voulant pas être en concurrence directe avec son ancien club.

"J’avais décidé par rapport au TFC de ne pas entraîner un club de Ligue 1 lors de cette fin de saison. Les entraîneurs qui changent à cette période de l’année sont des entraîneurs d’équipes qui ne tournent pas, donc je me voyais mal entraîner une équipe à la lutte pour se maintenir avec le TFC. Déontologiquement, c’est impossible. Et sentimentalement ce n’est pas non plus possible."

Pascal Dupraz espère malgré tout reprendre rapidement du service:

"J’ai envie d'entraîner, j’ai besoin d'entraîner aussi en terme d’accomplissement, ça me passionne, ça me plait. (...) J’étudierai toutes les propositions qui me seront faites. Et j’espère en avoir beaucoup pour pouvoir choisir, mais ça je ne peux pas le savoir à l’heure actuelle."

En attendant de trouver un nouveau club à entraîner, le Haut-Savoyard va être consultant pour le groupe TF1 pendant la Coupe du monde. Un contrat avec le média qui pourra néanmoins être rompu à tout moment, si Pascal Dupraz s’engage avec une nouvelle équipe d’ici là.

CP avec Wilfried Templier