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Pourquoi la greffe Girard n’a pas pris à Nantes

René Girard

René Girard - AFP

Le départ de René Girard du FC Nantes va être acté ce vendredi par la présidence du club deux jours après le lourd revers à la Beaujoire face à l’OL (0-6). Une annonce qui mettra fin à six mois tumultueux au cours desquels l’échec de l’ancien entraîneur de Montpellier semblait inéluctable.

-Les supporters n’ont jamais voulu de lui

Avant même son début officiel, l’histoire entre René Girard et le FC Nantes se présentait mal. Dès la rumeur de son arrivée sur les bords de l’Erdre, le Girard-bashing prend forme. Un hashtag #ToutSaufGirard est lancé sur Twitter en même temps qu’une pétition mise en ligne pour tenter d’empêcher la venue de l’ancien entraîneur lillois. Une protestation qui prendra rapidement de l’ampleur avec plus de mille signatures dès les premières heures de sa mise en ligne.

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Style de jeu trop défensif, personnalité clivante, ancien grand joueur de Bordeaux, les raisons de la défiance des supporters nantais étaient nombreuses. « Je n’ai aucun a priori sur les supporters. Je suis venu à Nantes pour faire ce que j’ai fait partout où je suis passé, défendre le maillot le plus chèrement possible. Peu me connaissent et je peux leur assurer que ce qu’ils ont entendu sur moi ne correspond pas forcément à la réalité », tentait de se défendre Girard à son arrivée au micro de RMC Sport. Sans jamais finalement gagner les cœurs nantais.

-Kita a fulminé après ses critiques publiques sur le recrutement

« Une journée de merde. » C’est par ces propos peu équivoques que René Girard avait commenté, sur 20 Minutes, l’ultime journée du marché estival qui venait clôturer un recrutement d’ensemble qui ne le satisfaisait pas. « C’est usant, pas rigolo, déroutant, mais c’est comme ça. Mon souhait était d’avoir deux joueurs supplémentaires, ils ne sont pas venus. J’aurais aimé que le mercato se termine différemment », poursuivait Girard qui avait obtenu comme seule mince victoire sur ce marché des transferts d’avoir empêché le départ de Yassine Bammou.

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Des propos qui ont lancé la première bataille publique avec Waldemar Kita, ce dernier lui répondant sèchement. « J’ai été directif jusqu’à l’an dernier car c’est mon caractère de patron. Mais cette année, j’ai pris beaucoup de recul en laissant les clés à un entraîneur de grande expérience, assurait le président nantais au Parisien. J’ai accepté toutes les demandes de recrutement. Qu’on ne me dise pas le contraire ! J’ai même proposé de prendre deux ou trois joueurs de plus mais on m’a dit : « Non, ce n’est pas la peine. » Même à la fin du mercato ? Non, mais là, il était trop tard pour bien recruter. Malheureusement, et nos mauvais résultats le prouvent, j’aurais dû être fidèle à mon style habituel. »

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-Il n’a pas réussi à unifier le vestiaire

Si les joueurs nantais n’ont jamais lâché publiquement leur entraîneur, les attitudes claniques du vestiaire jaune et vert n’ont pas aidé René Girard. Et ce dernier n’a pas réussi à unifier un vestiaire disparate issu d’un recrutement très internationalisé. Entre les Sud-Américains, les Scandinaves, les jeunes issus du centre de formation et les cadres qui peinent à faire entendre leurs voix, le groupe nantais ne marchait pas à l’unisson.

-Une rouste historique, la défaite de trop

La claque a été trop forte pour ne pas rester sans conséquence. Surtout pour un entraîneur déjà hautement fragilisé. Mercredi, le FC Nantes a subi la plus lourde défaite à domicile de son histoire, face à l’OL (0-6). Une déroute effaçant des tablettes le 5-0 encaissé en septembre 2000 face à Bordeaux et son tout nouvel attaquant de l’époque, Pauleta, auteur d’un triplé pour son premier match en France.

Un affront doublé d’une attitude extrêmement passive de René Girard durant la rencontre ainsi qu’à son terme, lui qui laissera le seul Waldemar Kita s’exprimer dans le vestiaire auprès des joueurs après la déroute.

Mathieu Idiart