RMC Sport

Procès des supporters de l'OM: la version de quatre prévenus sur les violences à la Commanderie

Les quatre prévenus, placés en détention depuis les violences commises à la Commanderie le 30 janvier dernier, ont livré leur version, ce mercredi lors du procès de 14 supporters interpellés après ces évènements.

Le procès des 14 supporters de l'OM interpellés après les violences au centre d'entraînement Robert Louis-Dreyfis le 30 janvier dernier s'est ouvert ce mercredi au tribunal correctionnel de Marseille. Les avocats respectifs des prévenus, âgés entre 19 et 37 ans, affirment pour la plupart que rien ne prouve sur les images l’implication de leur(s) client(s). Les quatre supporters en détention provisoire depuis trois semaines ont été entendus les premiers par la cour.

Des fumigènes distribués à la foule selon un prévenu

Mehdy C., 25 ans, qui veut monter une entreprise de livraison de repas à domicile, affirme être venu pour prendre des photos. Il avait entendu parler d’un rassemblement sur Twitter. On le voit sur les images, dans la Commanderie, en train de filmer. Il affirme avoir quitté les lieux dès que la situation a dégénéré face aux joueurs. Il répond au procureur que s’il était habillé en noir c’était par pur hasard, car son survêtement et son manteau de tous les jours sont noirs.

Il explique au juge qu’il souffre en prison, qu’il y a été racketté deux fois, qu’on l’appelle le serpent à lunettes, qu’il ne sort jamais ou presque en promenade, par peur. Il avait déjà été interpellé pour avoir pénétré sur la pelouse lors d’un Bordeaux-OM pour demander le maillot de son joueur préféré.



Faisal D., 23 ans, a lui été interpellé en possession de cannabis et d’un fumigène. Il reconnaît être venu à ce rassemblement mais affirme qu’il pensait y vivre un moment festif pour soutenir les joueurs. Il promet que les fumigènes ont été distribués à la foule et que lui en a juste gardé un en prévision d’un mariage, prochainement.

Il explique que ce passage en prison est très délicat moralement. Que c’est un choc d’être à côté de gens qui ont commis des crimes. Que sa mère lui manque. Il est connu des services de police pour un fait mineur, "de l’époque où ses parents divorçaient et où il avait de mauvaises fréquentations". Il aime l’OM mais n’en est pas un fan absolu. 

Un supporter voulait discuter avec Eyraud

Autre prévenu entendu, Axel G. , 23 ans, au chômage technique à cause de la crise covid dans la restauration. Il affirme qu’il est arrivé en retard au rassemblement et qu’il a juste croisé les supporters qui prenaient la fuite. Il promet qu’on lui a donné, après les incidents, des fumigènes et des pétards, qu’il a bêtement pris à ce moment-là, par le biais d'une personne qui voulait s'en débarrasser lors de l'intervention policière.

Il est interdit de stade car il avait été interpellé en possession d’un fumigène à Lyon avant la finale contre l’Atlético de Madrid. En prison, il dit qu’il ne dort pas, doit se forcer à manger. La partie civile lui demande s’il a conscience qu’un fumigène est dangereux et qu’il peut générer un incendie. Il acquiesce.

"Je suis amoureux de l'OM, c'est mon oxygène"

Enfin, Denis J. 37 ans, employé a aussi été entendu. Son patron a dit de lui qu’il est irréprochable. A été aperçu sur les images en haut de la passerelle d’accès au bâtiment sportif. Il dit être passé par le champ et que le grillage était déjà tombé, endommagé. Qu’il est juste un abonné en virages, pas un leader, qu’il a suivi la foule, habillé en noir avec sweat à capuche. Il voulait lancer un cri d’alarme et porter "la voix du peuple marseillais", contre la direction actuelle de l’OM. "Comment peut-on penser avoir accès à un dialogue pacifique sans en avoir été invité et en pénétrant de force?", l’interroge le juge. Il reconnaît avoir été naïf. Il pensait avoir l’occasion de parler avec le président. La partie civile s’étonne qu’il ait pensé voir Jacques-Henri Eyraud "pacifiquement", alors que des fumigènes et des pierres volaient de partout au centre RLD.

"J’ai une vie rangée, j’ai 37 ans, je suis un amoureux de l’OM, c’est mon oxygène. Je ne comprends pas les chefs d’accusation: si j’avais su que ce groupement avait pour but la destruction et dégradation de biens, je ne serais pas venu." Il avait été condamné à une amende en 2016 pour des dégradations. Oui, je m’étais excité sur un but de Rolando à la dernière minute, au vélodrome. Depuis, je me suis calmé." L’audience a été suspendue après ces témoignages.

NC avec Florent Germain