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PSG: absence de leader, clans et reproches... Les défaites font ressurgir les tensions

La mauvaise série de résultats du PSG, éliminé de la Ligue des champions et encore battu dimanche en championnat à Monaco, a fait remonter les tensions et les frustrations dans le vestiaire. Ou plusieurs "clans" se font face.

C’est l’histoire de la vie d’un vestiaire. Quand un club gagne, les soucis personnels des joueurs, les problèmes d’ego, les remplaçants frustrés, les tensions entre les hommes se font plus rares. Ces soucis existent, mais les succès apaisent tout individualisme. Au contraire, quand un groupe se retrouve en difficulté, tout ce qui était caché remonte à la surface et les paroles se libèrent. C’est un peu ce qu’est en train de vivre le Paris Saint-Germain.

Aucun cadre ne prend la parole dans le vestiaire après Monaco

L’élimination en 8es de finale de la Ligue des champions a laissé beaucoup de traces dans le vestiaire parisien. Depuis, les crispations sont beaucoup plus présentes au Camp des Loges et les langues se délient. "C’est un peu le retour des deux camps, explique un membre de la délégation parisienne. Avec les Sud-américains d’un côté et certains francophones de l’autres. Et la défaite à Monaco a un peu fait exploser tout ça. Heureusement qu’il y a la trêve pour que tout le monde puisse laisser passer un peu de temps."

L’après-match à Monaco (défaite 3-0) a frappé les esprits de certains joueurs. Dans les vestiaires du stade Louis-II, personne n’a pris la parole. Pas un mot sur le chemin du retour. Aucun cadre pour essayer de tenir un discours mobilisateur après cette nouvelle désillusion. "C’est un peu ce qui est pointé du doigt par certains, reprend notre source interne. Le manque de caractère dans le club… et le fait que personne n’ait eu la volonté ou la possibilité de parler après un tel match, c’est aussi révélateur de ce qu’il se passe dans le groupe."

Hakimi comme exemple pour comprendre les "clans"

Ce sont toujours les mêmes reproches qui sont faits d’un camp à l’autre. Les "passe-droits", le "manque de sévérité du club envers certains joueurs" et "l’implication de certains". Ces dernières semaines, ces clans se sont encore fait plus visibles sur le terrain. Quand un joueur comme Neymar se fait accrocher sur la pelouse, il y a automatiquement quatre ou cinq joueurs de l’effectif qui viennent autour de l’arbitre ou des adversaires. Pas les mêmes scènes quand une grosse faute est commise sur un joueur comme Achraf Hakimi.

Il faudra d’ailleurs suivre l’évolution des envies du latéral droit. Très proche de Kylian Mbappe, le Marocain pourrait être touché par un possible départ du Français. Car ses relations avec certains joueurs sud-américains sont très fraiches. Il n’est d’ailleurs pas rare de voir sur le terrain, le défenseur s’agacer du manque d’altruisme de certains joueurs à son égard. Il n’est pas rare non plus de voir ensuite cet agacement être verbalisé par l’ancien Madrilène auprès de ses proches. Le cas d’Hakimi peut servir d’exemple des équilibres d’un vestiaire fragilisé, touché et abattu après la déroule espagnole. Et qui n’a pas encore trouvé les armes pour repartir.

C’est aussi le sens du message délivré par Mauricio Pochettino en conférence de presse samedi. "Nous sommes dans une situation où nous devons nous poser avec le club et trouver la meilleure manière d’aider le PSG, a lancé le technicien. Cela implique de savoir quelle sera la vision à l'avenir, le projet pensé et la façon de l’appliquer. Plusieurs personnes sont impliquées dans un club comme le PSG, donc il faut trouver des idées et visions communes. Nous avons beaucoup de choses à nous dire avec le club." En attendant d’en connaître plus sur son avenir, Mauricio Pochettino va devoir gérer l’urgence et trouver des leviers pour remobiliser ses hommes. 

Loïc Tanzi