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PSG: la trajectoire inattendue de Bakker, qui vit un rêve à Paris

Un an et demi après son arrivée incognito, Mitchel Bakker est en train de se faire une place de choix au PSG. Profitant des absences répétées de ses concurrents, le latéral gauche de 20 ans enchaîne les sorties avec le club de la capitale. Une situation inespérée pour le défenseur néerlandais, placé au Camp des Loges par Mino Raiola il y a un an et demi. Alors qu’il évoluait avec la réserve de l’Ajax Amsterdam.

Il s’est approché de la ligne de touche pour se poster près du quatrième arbitre. Les mains sur les hanches, l’air préoccupé. Avec un regard transpirant d’espoir. Mais après quelques secondes d’attente, le VAR a finalement brisé son rêve. Et l’arbitre central a annulé le premier but de la carrière de Mitchel Bakker, mercredi, lors de la réception de Basaksehir en Ligue des champions (5-1). Le défenseur du PSG avait pourtant poussé le ballon au fond des filets à la 40e, en profitant d’un festival de Neymar dans la surface. Mais il se trouvait en position de hors-jeu.

Une action cruelle pour le Néerlandais, qui a ensuite touché le poteau en seconde période, dans ce match historique pour la lutte contre le racisme. La semaine passée, Bakker avait déjà été tout proche d’ouvrir son compteur sur la pelouse de Manchester United, mais son plat du pied avait été détourné de justesse par David De Gea. La délivrance arrivera peut-être bientôt. Et cette perspective représente déjà une petite victoire pour le latéral de 20 ans, qui enchaîne les matchs depuis l’été dernier. A un rythme que personne n’avait vraiment prévu…

Recruté au sein de la réserve de l’Ajax

Lorsqu’il débarque librement dans la capitale en juillet 2019, l’ancien du centre de formation de l’Ajax est un parfait inconnu en Europe. Il ne compte d’ailleurs que deux matchs professionnels, en Coupe des Pays-Bas (à l’automne 2018), face à des équipes de niveau inférieur. C’est avec le Jong Ajax, la réserve du club d’Amsterdam, qu’il a passé le plus clair de son temps. De quoi développer ses qualités avant tout basées sur la technique et la vitesse. Moins sur le duel et le repli défensif.

Rien d’étonnant à ce que ses deux modèles soient Marcelo (Real Madrid) et Jordi Alba (FC Barcelone). Même s’il affiche quelques lacunes criantes, le natif de Purmerend, une ville de la banlieue d’Amsterdam connue pour son marché aux vaches, est un habitué des sélections. Il a porté le maillot des Pays-Bas des U15 jusqu’aux Espoirs, avec une régularité qui en dit aussi beaucoup sur ses qualités.

Un recrutement impulsé par Raiola

Si Paris décide de miser sur lui, c’est en grande partie à cause de Mino Raiola. Le très influent agent, plutôt en froid avec l’Ajax, place son poulain sur les terrains du Camp des Loges au moment où les dirigeants parisiens négocient avec lui la possible venue de Matthijs De Ligt (qui signera finalement à la Juventus). L’idée de départ est de laisser Bakker, dont le père Edwin était également footballeur, parfaire ses gammes dans l’antichambre de l’équipe professionnelle.

Mais la réserve du PSG vient d’être supprimée et le défenseur aux cheveux blonds se retrouve avec les U19. Pas vraiment une progression pour celui qui évoluait en D2 néerlandaise avec Jong Ajax. Mais le n°25 des Rouge et Bleu ne s’en formalise pas et enchaîne les apparitions loin des lumières du Parc des Princes. Pour sa première saison en France, il dispute seulement cinq matchs avec les partenaires de Neymar et Kylian Mbappé. Un seul en Ligue 1. De quoi s’interroger sur la pertinence de son choix…

Les absences de Bernat et Kurzawa

Mais la donne change radicalement l’été dernier. Profitant des absences alternées de Juan Bernat et Layvin Kurzawa, ses concurrents à gauche, Bakker participe à la finale de la Coupe de France face à Saint-Etienne (1-0), puis à celle de Coupe de la Ligue contre l’OL (0-0, 6 tab à 5). Et ses prestations encourageantes font basculer son aventure parisienne. Face aux Verts, il se fait remarquer lors d’un regroupement viril, en prenant la défense de Kylian Mbappé, victime d’un tacle sévère de Loïc Perrin.

Une attitude qui l’installe un peu plus dans le vestiaire des champions de France. Depuis le Final 8 de la Ligue des champions, lors duquel il est resté sur le banc, Bakker (sous contrat jusqu’en 2023) est même devenu un élément important aux yeux de Thomas Tuchel. Face à la grave blessure au genou de Bernat (mi-septembre) et au manque de fiabilité de Kurzawa, le Néerlandais a déjà disputé dix-huit matchs cette saison, dont douze comme titulaire.

Une cote à seulement 3,5 millions d’euros

Avec deux passes décisives à la clé, contre Angers (6-1) et Dijon (4-0). Il a d’ailleurs participé à toutes les rencontres de Ligue des champions. Une montée en puissance qui devrait se prolonger dans les prochaines semaines, alors que Paris va multiplier les matchs jusqu’aux fêtes de fin d’année. Et sans doute faire grimper un peu sa cote, estimée à l’heure actuelle à 3,5 millions d’euros par le site spécialisé Transfermarkt.

https://twitter.com/AlexJaquin Alexandre Jaquin Rédacteur