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PSG-Lille, les tops et les flops: la tactique gagnante de Galtier, Kehrer et Neymar aux abois

Battu 1-0 par le LOSC ce samedi, lors de la 31e journée de Ligue 1, le PSG a montré de grandes carences dans tous les compartiments du jeu. Il n'a pas aidé par les prestations médiocres de Thilo Kehrer et de Neymar. En face, le plan de jeu de Christophe Galtier a parfaitement fonctionné.

Les tops

David, efficace à point nommé

Il n'a joué que 35 minutes, à cause d'un coup à la cheville droite infligé par Idrissa Gueye. Il a néanmoins eu le temps de faire la différence dès sa première véritable opportunité. L'attaquant canadien a su profiter de l'excellent rush de Jonathan Ikoné pour ouvrir le score sur son premier tir cadré. Certes, Thilo Kehrer l'a aidé avec déviation malencontreuse. Mais provoquer la chance et aller chercher des buts pas forcément tout faits, en particulier dans un match aussi important, c'est aussi ce qui est attendu du buteur d'un candidat au titre.

Les transitions offensives du Losc

Au bout de quelques minutes de jeu, la statistique indiquant moins de 20% de possession pour le Losc n'est pas passée inaperçue. Le rapport de force s'est quelque peu rééquilibré au fil de la rencontre, mais ces chiffres ont confirmé que le Losc était venu pour jouer en contre. Le plan de Christophe Galtier a fonctionné à merveille, d'autant que son équipe a toutes les ressources pour réussir des transitions offensives rapides. L'ensemble du 4-4-2 lillois a très bien appuyé sur tous les points faibles de la structure parisienne, avec toujours cette volonté de jouer vite pour ne pas se laisser aspirer, ni se faire avoir par le pressing adverse.

La solidité défensive lilloise, avec un excellent André

Les dix premières minutes ont d'abord laissé croire que les défenseurs lillois allaient vivre une soirée très longue. Surtout avec Tiago Djalo au poste de latéral droit, où ses limites se voient aisément. À l'image du défenseur portugais, il a en fait simplement fallu que l'arrière-garde nordiste prenne ses marques. Le Losc n'a pas seulement pu compter sur Mike Maignan, encore excellent, ou sur ses quatres défenseurs, mais aussi sur sa paire de milieux axiaux. Épaulé par Boubakary Soumaré, Benjamin André a tout particulièrement dominé l'entrejeu avec ses six tacles et ses quatre interceptions, le meilleur total sur le terrain parmi les deux équipes.

Les flops

Kehrer, symbole de la faillite défensive parisienne

Les jours passent et Thilo Kehrer déçoit toujours un peu plus. Outre son intervention manquée sur le but de Jonathan David, il a été catastrophique. Encore positionné en tant que latéral droit alors qu'il est formé dans l'axe, l'Allemand a échoué aussi bien dans son camp que dans la moitié de terrain adverse: les boulevards dans son dos ont été plusieurs fois utilisés par le Losc, et sa terrible qualité de centre a sauté aux yeux. Au-delà de l'ex-protégé de Thomas Tuchel, c'est la structure défensive de Mauricio Pochettino qui est (encore) à revoir. Avec les latéraux trop hauts et inefficaces, la paire Marquinhos-Kimpembe à hauteur de la ligne médiane, le duo Paredes-Gueye averti dans le premier tiers de la rencontre et un quatuor offensif trop peu actif, le 4-2-3-1 a trop souvent pris l'eau.

Le quatuor offensif d'attaque porté disparu

Après une entame intéressante, marquée notamment par un retourné de Neymar et une belle frappe croisée de Kylian Mbappé, le quatuor offensif parisien a sombré. Le club de la capitale a été incapable de servir ses atouts dans de bonnes conditions. Angel Di Maria, habituel pourvoyeur de balles de buts, est progressivement devenu invisible. Les maigres réajustements tactiques de Mauricio Pochettino à la pause n'ont pas vraiment porté leurs fruits. À la fin, le PSG a certes tiré 16 fois contre 3 pour le Losc. Mais il n'a cadré que trois de ces tentatives. Il a surtout semblé avoir un mal fou à se créer des occasions nettes.

Encore en dedans, Neymar est encore sorti de son match

Cela devient une constante dans l'aventure parisienne de Neymar. Lorsqu'il est muselé par ses adversaires et qu'il n'est pas en forme physiquement (il a seulement disputé la fin de match contre l'OL depuis son retour de blessure), le Brésilien a tendance à craquer. Il a commencé à dégoupiller peu après le retour des vestiaires, lorsqu'un tirage de maillot de Benjamin André n'a pas été sifflé. Puis dans les dernières secondes, au moment où le PSG poussait pour arracher le nul, le numéro 10 est bêtement sorti de ses gonds et a écopé d'un carton rouge. Pour ne rien arranger, son football a été globalement décevant. De quoi légitimemement susciter des inquiétudes pour sa prestation face au Bayern Munich.

https://twitter.com/julien_absalon Julien Absalon Journaliste RMC Sport