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PSG: un dilemme et quatre questions pour Tuchel

A un mois du huitième de finale de Ligue des champions, l'entraîneur du PSG a un caillou sans sa chaussure: son système de jeu.

Comment relancer un débat en 90 minutes: le PSG et Thomas Tuchel ont réussi une masterclass dans ce domaine dimanche soir. Depuis plusieurs semaines, les matchs du Paris-Saint-Germain avaient assis un 4-4-2 qui permettait la présence simultanée sur le terrain des "4 fantastiques" (Neymar, Mbappé, Icardi, Di Maria). Mais, en point d'orgue de la 19e journée de Ligue 1, le match face à Monaco, une équipe plus forte et plus joueuse, a exposé au grand jour les failles de ce système sans pour autant le condamner. 

Jouer en 4-4-2 juste une question d’état d’esprit pour Tuchel

"On peut jouer en 4-4-2 même en Ligue des champions tant que tout le monde fait les efforts. C’est le système que je préfère!" Les mots de Neymar dimanche soir en zone mixte montrent bien la volonté des joueurs et notamment des "4 fantastiques" d’évoluer dans ce système très offensif. Et le brésilien insiste bien sur le problème du PSG dans cette animation: l’état d’esprit. L’entraîneur allemand considère que son équipe pourrait évoluer avec quatre attaquants si tous les joueurs faisaient les mêmes efforts et surtout assuraient tous le repli défensif. "On en revient toujours aux mêmes problèmes. Certains joueurs ne sont pas dans le même état d’esprit que l’on a vu la saison dernière lors du dernier match face à Liverpool ou encore face à Naples. Les joueurs offensifs n’effectuent pas les mêmes efforts défensifs et ça crée des déséquilibres. Et en contre-attaque, on est tout le temps en danger face aux bons joueurs, glisse un membre du PSG.

Lors de plusieurs réunions du staff sur ce système, Thomas Tuchel et son équipe ont pointé que la plupart du temps ce système n’était pas un 4-4-2 mais un 4-2-4 assez aventureux. Pas un problème face aux équipes moyennes de Ligue 1, mais face au haut du panier français ou en Ligue des champions, ce système était très dangereux, particulièrement face aux joueurs qui se projettent vite vers l’avant comme Gelson Martins l’a prouvé dimanche soir.

Si une star rassure tout de même sur son état d'esprit, c'est bien Neymar. Déjà tacleur contre Saint-Etienne, ce qui lui avait valu le chambrage de Mbappé, la star brésilienne a montré dimanche soir beaucoup d'engagement et des replis défensifs appuyés (même si parfois un peu maladroits). En itnerne, on note que Neymar fait preuve du même état d'esprit très volontaire depuis déjà plusieurs semaines au Camp des Loges.

Le 4-3-3, un PSG plus solide mais moins dangereux

Alors qu’il y a encore quelques mois, Thomas Tuchel pensait que le PSG était plus fort avec les quatre attaquants, il semble avoir évolué dans sa réflexion. Après des échanges multiples avec son staff l’entraîneur allemand pense de plus en plus que le PSG n’est pas plus fort en 4-3-3 mais sans doute moins faillible. "On est moins en danger avec trois milieux de terrains car les deux milliers excentrés que sont Verratti et Gueye dans ce système peuvent couvrir le non repli des ailiers mais en revanche il y a moins de possibilité de se projeter", avance un membre du staff parisien. En clair Tuchel apprécie ce système pour ne pas prendre de risque mais il estime que le PSG n’a pas encore trouvé la clé pour être plus dangereux avec un 4-3-3 et surtout pour faire circuler le ballon plus vite. "Thomas aime voir le ballon vite arriver sur Neymar ou Di Maria. Il aime quand 'Ney' prend le ballon bas sur le terrain pour aller très vite, se projeter et chercher Mbappé et avec les trois milieux on voit que les défenseurs ont plus tendance à chercher Marquinhos, Gueye ou Verratti ce qui ralentit fortement les attaques parisiennes. Et sur la scène européenne comme le montre Liverpool ou City, la mode est à la projection rapide pas à la possession", confie un proche de l’allemand.

Di Maria, victime collatérale?

La question va vite se poser: Est-ce que Di Maria peut être la victime du retour du 4-3-3? Certes, l’Argentin a été mauvais dimanche soir face à Monaco, mais une contre-performance ne suffit pas à remettre en question tout ce qu'il a fait depuis le début de la saison, surtout quand Neymar et Mbappé étaient absents. Il a tout de même montré des signes d’agacement en cédant sa place. La raison est assez simple: si le PSG repasse dans son ancien système, Thomas Tuchel va devoir se priver d’un joueur offensif. Et ce ne sera ni Mbappé, indispensable et polyvalent, ni Neymar en plein regain de forme. Ce ne devrait pas être non plus Mauro Icardi considéré comme indispensable dans la surface de réparation. Même s’il est très apprécié par Thomas Tuchel au vu de son début de saison fracassant lors des absences de Mbappé et Neymar, Di Maria pourrait subir les conséquences du 4-3-3 en raison aussi de la faiblesse de ses efforts défensifs. 

Marquinhos plus indispensable au milieu de terrain ou en défense?

Il est l’un des leaders du vestiaire pour le directeur sportif parisien mais il est surtout un leader et un cadre sur le terrain selon Thomas Tuchel. L’entraîneur allemand considère que le Brésilien est indispensable au milieu de terrain car il estime que c’est le seul à faire tous les efforts pour récupérer le ballon. En début de saison, l’ancien joueur de la Roma, avait d’ailleurs impressionné tous les membres du staff car il avait les meilleurs résultats au tests physiques et au test fractionné permettant de montrer la capacité de répéter les efforts. L’ancien coach de Dortmund pense que Verratti est indispensable dans la façon de se projeter vers l’avant et car il est seul milieu de terrain technique capable de casser des lignes. Depuis quelques semaines et depuis son retour de blessure, Idrissa Gueye ne retrouve pas son niveau et c’est l’une des raisons qui explique que Tuchel aie besoin de Marquinhos au milieu de terrain.

Les latéraux en questions

"Avant d’attaquer, ils doivent surtout défendre et arrêter de se faire prendre dans le dos" confie agacé un membre du PSG. Les critiques sur les latéraux ne datent pas du match de dimanche soir, même si Bernat a réalisé un excellent début de saison, les doutes sur l’ancien du Bayern Munich et sur Thomas Meunier n’ont jamais été bien loin pour Thomas Tuchel. Dans ce 4-4-2, les deux latéraux, qui ne sont pas les seuls fautifs, se retrouvent souvent face à deux joueurs en raison du repli timide des quatre offensifs parisiens et ils sont souvent mis en défaut, d'autant que pour le staff du PSG, ils sont souvent trop haut sur le terrain, ce qui participe au fait de mettre en difficulté le bloc du PSG. Le Paris Saint-Germain a encore quelques semaines pour régler cet autre problème.

Mohamed Bouhafsi