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Quelle serait l’économie d’une reprise de la Ligue 1?

Le président de la République, Emmanuel Macron, l’a annoncé lundi, la fin progressive du confinement devrait débuter le lundi 11 mai prochain. Cette nouvelle a très certainement dû rassurer les membres de la LFP, qui souhaitent à tout prix terminer la saison sportive. Pour quelle économie réalisée?

A la LFP, les organisateurs ont toujours affiché leur ambition de terminer la saison. Contrairement aux championnats de volley ou de handball, qui ont officialisé la fin de leurs saisons, la Ligue de football n’a jamais envisagé un arrêt.

Finir pour le sport, finir pour les droits TV

Officiellement, il s’agit de respecter l’équité sportive et permettre à ce que toutes les équipes se rencontrent, obtenir un classement clair, un champion légitime, des européens propres et des relégations crédibles.

Officieusement, on peut néanmoins considérer que cette volonté est surtout contrainte par l’obtention de la dernière part des droits TV, estimée à plus de 200 millions d’euros et pas encore versée par les diffuseurs.

Ainsi, après l’annonce du président de la République, Emmanuel Macron, d’une fin de confinement dès le 11 mai prochain, la presse s’est empressée de dévoiler les plans de la LFP: reprendre l’entraînement dès le 17 mai, après avoir généralisé les tests auprès des joueurs, pour 1 mois de réathlétisation et ensuite débuter la 29e journée le 17 juin.

Ensuite, les matchs seraient joués au minimum tous les trois jours, avec un enchaînement de multiplex, et ce jusqu’au 25 juillet voire 2 août. Pas après. La loi sportive impose en effet qu’une saison sportive fasse au maximum un an et trop décaler la fin de saison reviendrait à reporter le juteux contrat télé qui lie la ligue avec Médiapro, à partir de 2020.

Alors si cela venait à être fait, sans aucune certitude, combien les clubs pourraient-il économiser? A l’heure actuelle, les clubs de Ligue 1 perdraient la bagatelle de 380 millions d’euros, au minimum, si la fin de saison n’était pas jouée. Et ce coût peut monter à 500 millions d’euros en fonction de la conjoncture.

On peut d’ores et déjà admettre qu’un plan de ce type sera nécessairement à huis clos. Emmanuel Macron ayant interdit les rassemblements jusqu’à la mi-juillet. Ainsi, les recettes billetteries des dix dernières journées seraient mécaniquement supprimées, soit de 40 à 50 millions d’euros.

Des droits TV versés mais des contrats commerciaux renégociés?

Ensuite, quand bien même la saison serait jouée en intégralité, les diffuseurs Canal+ et BeIN Sport pourraient tout à fait demander, voire exiger, une renégociation du contrat à la baisse, dans la mesure où le calendrier serait chamboulé. Normalement, les matchs s’étalent sur trois jours, souvent le week-end, avec trois affiches majeures, le vendredi soir, le samedi après-midi et le dimanche soir.

En misant sur des multiplex tous les trois jours, même la semaine, l’audience risquerait d’être fortement diluée et donc cela impacterait directement les recettes publicitaires potentielles.

Enfin, concernant les revenus commerciaux, les recettes marketing et merchandising devraient largement fondre, sans gains issus des matchs avec supporters. Et on peut aussi s’attendre à une réduction de la valeur des partenariats commerciaux, du fait de l’inquiétante conjoncture. L’épidémie de Covid-19 va en effet provoquer un récession de plus de 6% au sein de l’économie européenne, beaucoup d’entreprises seront touchées et pourraient faire une croix sur leur contrat de sponsoring avec les clubs.

425 millions d'euros d'économie en cas de reprise?

En Espagne, le président de la Ligue, Javier Tebas, estimait qu’une reprise de la saison coûterait 150 millions d’euros aux clubs de Liga, contre 1 milliard en cas d’annulation, soit une différence de 6,6. On peut aller sur ce chiffre pour la France: 500 millions d’euros en cas d’annulation, 75 millions d’euros environ en cas de reprise, soit une différence de 425 millions, ce qui ne serait pas négligeable …

Pierre Rondeau