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Qui sont les quatre fonds d'investissement en concurrence pour financer le foot français

La LFP travaille sur le projet de société commerciale depuis un an et demi. Le processus entre dans sa phase finale avec un choix à faire entre les quatre fonds d’investissements qui ont déposé sur la table 1,5 milliard d’euros. Explications.

Alors que les banquiers d’affaires, partenaires de la LFP sont en train d’éplucher en détail les offres des quatre fonds finalistes qui souhaitent investir dans la société commerciale, les présidents de clubs en sauront plus vendredi lors d’un CA destiné à leur présenter le projet des fonds. Une fois cette étape passée, une sélection de deux ou trois fonds sera opérée en compagnie d’un groupe de président de clubs qui accompagnera le choix final d’ici un mois.

RMC Sport s’est penché sur le profil des quatre fonds qui proposent 1,5 milliard d’euros pour prendre environ 10% de la société commerciale.

CVC Capital Partners

C’est l’un des dix plus gros fonds d’investissement au monde qui pèse près de 100 milliards d’euros. Basé au Luxembourg, il est l’un des pionniers des investissements dans le sport. Il a été parmi les premiers actionnaires de la Formule 1 où ses investissements lui ont rapporté près de 3,9 milliards en 10 ans. CVC a aussi investi dans la société commerciale du Tournoi des VI Nations. Il a fait de même dans celle qui gère le tennis pro avec les droits ATP et WTA. CVC a aussi investi dans le volley, et il est partenaire du foot espagnol après avoir déboursé 2 milliards d’euros pour détenir 10% de la Liga. C’est clairement celui des quatre fonds qui a le plus d’expérience dans le monde du sport. Toute interrogation sur un possible conflit d’intérêt avec l’investissement en Espagne devra être levée.

Hellman & Friedmann

Basé à San Francisco, ce fond a une grande expérience et expertise dans le digital et les médias. Il gère près de 80 millions d’euros euros d’actifs. En 2000, il investit dans la société commerciale de la F1 avec une jolie plus-value (630 millions de dollars) à la revente de ses parts. Il parait moins expérimenté sur le sport que CVC mais plus puissant sur l’aspect digital notamment à l’international, l’un des axes fort de développement de la LFP. Autre atout, son ADN se base sur des partenariats avec des participations minoritaires sans chercher à devenir dominant.

Silver Lake

Autre fond basé en Californie (Menlo Park), Silver Lake pèse près de 90 milliards d’euros. Il dispose d’une solide connaissances des droits sportifs pour être partenaires de plusieurs grandes agences de marketing sportif comme IMG. Son savoir-faire dans le digital est également très puissant. Dans le monde du foot, Silver Lake possède une participation minoritaire dans le City Group (10% contre un chèque de 500 millions de dollars signé en 2019) ainsi que dans la Ligue professionnelle de foot australien.

Oaktree

C’est du très lourd avec près de 124 milliards d’euros d’actifs en gestion. C’est peut-être le fond qui dénote le plus dans ce projet lui qui n’a pas l’habitude d’accompagner de grand projet de développement comme celui de la LFP. Habitué à des « special situation » comme on dit dans le monde de la finance c’est-à-dire d’opportunité à saisir là où les autres ne vont pas. Son patron Bruce Karsh est actionnaire minoritaire des Golden States Warriors (NBA). Oaktree a aussi de l’expérience dans le monde du foot. Il a notamment prêté l’année dernière 275 millions d’euros à l’Inter Milan. En 2020, Oaktree rachète 80% du Stade Malherbe de Caen sous l’impulsion du président Pierre-Antoine Capton, proche de Vincent Labrune et membre du CA de la Ligue. S’il était le fond retenu par la Ligue, il ne pourrait pas rester actionnaire majoritaire du SMC.

Par Loïc Briley