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Rennes - Silvestre : "Dembélé peut devenir un très grand"

Ousmane Dembélé

Ousmane Dembélé - AFP

Mikaël Silvestre, chargé de mission du Stade Rennais, vit l’explosion du prodige Ousmane Dembélé au plus près. L’ancien défenseur des Bleus, invité de Luis Attaque ce mardi, prédit un avenir doré à l’attaquant de 18 ans, à condition qu’il garde le même état d’esprit.

Comment vit-on l’explosion d’Ousmane Dembélé à l’intérieur du club ?

On le vit bien. C’est un joueur performant, qui nous apporte énormément offensivement. Il répond aux attentes du coach, du public et du staff technique. Il nous surprend agréablement et on en profite.

Quel rôle avez-vous eu dans son ascension ? Vous avez notamment eu pour mission de le faire rester l’été dernier, alors que les plus grands clubs le convoitaient…

Ce qu’il est en train de faire, il ne le doit qu’à lui-même. Moi, ce que j’essayais de faire pendant l’été, c’était d’effacer un petit peu la frustration et de ramener du dialogue entre les deux parties. C’était mon job, ça s’est bien passé. Maintenant, c’est le club qui en profite et Ousmane qui se régale sur le terrain. C’est un jeune joueur, il a encore beaucoup à apprendre. Mais il a une bonne mentalité. Il est prêt à travailler, à écouter. Malgré ses qualités individuelles fortes, il essaie de travailler beaucoup pour le collectif et de jouer avec ses partenaires. C’est pourquoi, à mes yeux, c’est un joueur très agréable à regarder.

Pensez-vous qu’il est trop tôt pour parler d’équipe de France à son sujet ?

Je me suis posé la question quand j’ai repensé à Franck Ribéry, quand il est venu en bleu pour la Coupe du monde 2006. C’était la surprise et on voit ce que cela a donné (Ribéry a pris une part prépondérante dans le bon parcours des Français dans la compétition). Ça pourrait être une éventualité, mais on peut également dire que c’est prématuré. Ça fait beaucoup de choses pour lui en 5-6 mois. Il est propulsé de joueur de CFA 2 à joueur titulaire en Ligue 1, éventuellement chez les Espoirs le mois prochain. Mais si on commence à parler des A… Ça va très vite dans le foot. Après, est-ce que c’est lui rendre service ? Le plus important, c’est que lui garde la tête sur les épaules.

«Devant, on peut se permettre d’avoir ce petit grain de folie»

Regrettez-vous de l’avoir comparé à certains grands joueurs comme Ronaldo ?

Il faut remettre dans le contexte. Je l’ai comparé à Cristiano Ronaldo au même âge, quand il a rejoint Manchester United. J’aurais pu prendre Anelka à Paris, Thierry Henry ou David Trezeguet. Des joueurs qui, à 20 ans, ont joué la Coupe du monde en France en 1998. Des joueurs très matures pour leur âge. Devant, on peut se permettre d’avoir ce petit grain de folie par rapport à des défenseurs. Je connais le joueur, je sais qu’il a la tête sur les épaules. Ce n’est pas ça qui va le décontenancer ou le faire s’enflammer. La preuve, il reste concentré sur le travail quotidiennement et en match. Ce n’est pas quelque chose qui m’affole. J’ai juste été honnête envers moi-même.

Quelle est sa valeur marchande ? Comparable à celle d’un Martial (vendu 80 millions d’euros par Monaco à Manchester United, bonus compris) ?

On n’est pas dans cette optique-là. On veut le garder, il vient juste de signer.

Voyez-vous pour lui un destin comparable à celui de Cristiano Ronaldo ?

Quand je le comparais à Cristiano c’était pour moi un moyen de lui mettre la pression en termes d’exigence. Pour atteindre ce niveau-là, il va falloir être bosseur. Il l’est déjà, il peut encore progresser. Est-ce qu’il a les capacités pour devenir un très grand ? Je dis oui, sans hésiter. Mais c’est le mental qui fera la différence.