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Riolo: "L’OL choisit le troisième homme…"

Retour sur le choix de l'Olympique lyonnais de prendre Rudi Garcia.

La révolution n’aura duré que quatre mois. Neuf matches de championnat avec une moyenne de relégable et deux en Ligue des champions avec un huitième de finale en vue. 

Sylvinho a voulu changer trop de choses, trop vite et trop mal. Ça n’a pas marché. Les joueurs n’ont pas adhéré, enfin pas tous, parce que beaucoup ont finalement manifesté un franc soutien au coach limogé. On pourrait évoquer le maintien du staff de Genesio derrière le brésilien, mais ce n’est pas, ce n'est plus le sujet. C’était une énorme erreur. Aucun club de dimension européenne ne fonctionne comme ça. Aucun coach ne peut, ni ne doit accepter une telle situation.

Mais à Lyon, tout est différent. La révolution a disparu et le régime présidentiel a été remis en place. Il y a juste un premier ministre fantoche. Il s’appelle Juninho.

Comment a-t-on pu aboutir au choix incroyable de Rudi Garcia?

D’abord, il faut savoir que le club voulait garder le staff en place. Encore, toujours la même erreur. Favori, Blanc aurait eu le droit à un adjoint. L’OL s’est alors embrouillé dans une histoire folle. En gros, Blanc a besoin d’un adjoint. Tout le monde sait dans le milieu que seul, c’est pas possible. Mais le seul qui tienne la route, c’est Gasset. Sauf que Gasset n’a pas forcément envie de venir et que comme c’est un ancien Stéphanois, ça froisse les susceptibilités locales. Et puis Blanc aurait demandé un salaire "parisien". Ceux qui pensaient qu’avec les 22 millions post-PSG, il serait moins gourmand doivent savoir que dans le foot, assez et oseille ça va pas ensemble.

Quel camouflet pour Blanc?

Requêtes indécentes, pas de Gasset, la candidature Blanc a finalement vite posé problème. Ça semblait évident puis plus du tout. Quel camouflet pour l’ex-coach du PSG quand même! Quelle honte! Pardonnez moi, mais le grand coach protégé par toute la famille du foot français, les médias amis qui n’a pas trouvé de club en trois ans et demi et qui termine refoulé par l’OL, ça peut faire doucement ricaner non?

Face à Blanc, la première candidature qui a pesé, c’est celle de Jocelyn Gourvennec! Etonnant non? En échec à Bordeaux puis à Guingamp, l’OL y a pensé! Et c’est là qu’on a pris la mesure du désarroi lyonnais! Pour décider de son coach, l’OL a commencé à être sous influence des réseaux sociaux. Il a fallu prendre la température de l’opinion. On touche le fond. La vérité, c’est qu’Aulas, Houllier et les décideurs lyonnais ne savaient pas quoi faire. Désemparés! Passons sur l’épisode ridicule du sms à Mourinho. L’ambulance est déjà criblée de balles.

Garcia a tout accepté

Image, notoriété, rien n’allait dans le sens du consultant Canal. Gourvennec n’avait pas les épaules. Alors qui? Le troisième homme pardi! Celui qu’Aulas avait voulu un temps, à la fin des années 2000 quand il était au Mans. Garcia le marseillais, le chouineur, l’homme au bilan abominable en Ligue des champions. Le coach qui a passé tout son temps à l’OM à baver sur l’OL! Epuisés après des jours de vaine réflexion, il fallait trouver la "moins pire" des solutions. L’opinion n’a pas du tout aimé l’idée Garcia. Mais Blanc hors service puis Gourvennec, de toute façon, rien ne collait. On va miser sur une communication efficace pour avaler la pilule! Garcia a été champion, finaliste d’Europa League, ça se vend ça quand même non? Et puis si les adversaires ne marquent pas de but, Lyon gagnera pas mal de matches. Pardon je m’entraîne à la com’ de Garcia…

Rudi Garcia vient sans son fidèle adjoint et juste avec un homme à lui. Il a tout accepté des conditions lyonnaises. Il voulait vite retrouver un banc. Rien n’a finalement changé à l’OL. Tout va redevenir comme avant. De Garcia on va attendre un nouveau discours. Un message qui passe bien au début. L’ex-Lillois commence, en effet, plutôt bien ses aventures. Ça tombe bien, il a le plus court contrat possible. Comme ça si à la fin de la saison, on veut le sortir, ça sera plus simple.

Rudi Garcia à l’OL. Le foot autorise vraiment tous les délires. Et qu’on ne vienne plus jamais me dire que l’OL est un club bien géré. On nous a vendu cette salade pendant des années. Une salade bien avariée depuis quasiment dix ans maintenant… 

Daniel Riolo