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Riolo : "L’OL tape l’OM et revient fort…"

Daniel Riolo

Daniel Riolo - -

Retour sur la onzième journée de Ligue 1.

Après Real-Barça, c’était le match que j’attendais le plus ce week-end. Le premier gros rendez-vous pour l’OM cette année était donc à Lyon. Et d’entrée, l’OL a envie de signifier à l’OM qu’il n’est pas là pour admirer la « Bielsa Touch ». Face à un gros pressing, un bloc haut, l’OM recule. C’est même la première fois qu’on voit Marseille autant perturbé. Le 3-3-3-1 de Bielsa fonctionne mal. Dans l’axe, presque au marquage, Dja Djédjé et Mendy souffrent. A quatre derrière, ils seraient bien mieux. Pourquoi imposer deux attitudes à ces joueurs-là ? Au milieu sans ballon, sur le côté en phase offensive. C’est bien compliqué pour de tels joueurs. Mais même dérangé, l’OM ne concède pas d’occasions nettes. Le match est équilibré. Finalement peu enlevé. On se contrôle et on fait beaucoup de fautes. C’est intéressant tactiquement, mais techniquement parfois approximatif.

Le début de seconde période montre un OM différent. Bien plus proche de celui qu’on voit d’habitude. L’OM prend le ballon et gagne plusieurs mètres sur le terrain. Marseille fait désormais le jeu, se crée les occasions. Dès la 59e, Hubert Fournier semble le comprendre. Fekir, étouffé au milieu, laisse sa place à Njie. L’OL sait qu’il va jouer en contre et met de la vitesse devant. C’est au moment où l’emprise de l’OM devient évidente, quand Gerland s’est éteint, que l’OL marque. Une affaire d’individualités. L’action du but est rapide. Au départ, Bedimo trouve la profondeur, Lacazette élimine. Il sert Gourcuff plein axe. La défense marseillaise est cassée, en retard. 1-0. Plus qu’un contre, c’est une offensive ultra rapide. Une belle séquence de jeu en tout cas. On sent toutefois que c’est en contre que l’OL est plus à l’aise.

Bielsa réagit en mettant Alessandrini à la place de Morel. Choix offensif logique. L’OM attaque, mais est dans un scenario qu’il connaît peu. Mené dans un gros match, devant attaquer et se méfier du contre. Mais plus le match avance, plus le jeu de l’OM devient confus. Les intentions sont là, mais pas le fil conducteur juste. Dans le combat des dernières minutes, l’OL dégage pas mal de sérénité. Marseille tombe donc. L’OL se replace.

Paris a certainement apprécié ce résultat. Le PSG qui a certainement livré sa meilleure prestation depuis le début de la saison en L1. A la 11e journée, il était temps. Paris a affiché une maîtrise constante et a globalement empêché Bordeaux d’exister. Reste à mes yeux un souci. En L1, avec cette maîtrise, ça va passer partout. Même si ça sera compliqué face à des équipes capables de beaucoup presser et de bien exploiter le ballon. Mais pour le haut niveau, ce que fait Paris, c’est insuffisant. Le jeu est lent, les passes pas assez rapides. C’est encore trop souvent un jeu de possession stéréotypé. Blanc devrait lire le livre sur Guardiola. Son modèle ne pense pas forcément ce qu’on a cru qu’il pensait au sujet de la possession…

Monaco continue sa belle série. Jardim a assemblé son puzzle. Sans Berbatov, sans Toulalan, ni Moutinho, on était loin du « projet oseille ». Avec beaucoup de jeunes à qui il demande de changer de postes, de tactiques, le coach portugais est en train de montrer toute son intelligence. A ce train-là, l’ASM va vite revenir jouer les premiers rôles dans le haut du classement.

Et puis il y avait aussi Real-Barça ce week-end. Comme prévu, ça a été un grand match. Enorme même au début. Un début qui a vu le Barça mener 1-0. Un ballon parfaitement exploité par Neymar. Derrière Messi a raté une grosse occasion de 2-0. Mais pour le reste, on a surtout vu le Real. La pression mise par les Madrilènes suite au 0-1 a été époustouflante. Et dans l’ensemble la gestion du match du Real fut parfaite. Cette équipe sait tout faire. Jouer haut, bas, en construction, en contre (ce qu’elle fait de mieux). Elle est forte sur coup de pieds arrêtés.

Ancelotti a construit une machine de guerre incroyable. En 4-3-3, en 4-4-2 (le plus souvent dans ce match), le Real est mouvant. Excellent, techniquement et tactiquement. Son milieu de terrain travaille et crée. Devant, Benzema a trouvé un rôle parfait. Il est le Scottie Pippen de Cristiano. Parfois l’adjoint est meilleur que le boss. C’était le cas dans ce Clasico. Ça restera d’ailleurs toujours son problème pour les Bleus. Passer de Pippen à Jordan. En attendant, il est devenu essentiel au jeu d’un Real qui a tout, pour tout gagner cette saison…

Par Daniel Riolo