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Saint-Etienne: "Herbin, le plus grand de nos entraîneurs", salue Romeyer

Les présidents de Saint-Etienne, Bernard Caïazzo et Roland Romeyer, ont rendu hommage à Robert Herbin, disparu lundi. Claude Puel, entraîneur, salue cette source d'inspiration.

Saint-Etienne pleure sa légende. Bernard Caïazzo et Roland Romeyer ont réagi au décès de Robert Herbin, mythique joueur et entraîneur impliqué dans le gain de 15 des 17 titres des Verts. Roland Romeyer, président du directoire, a fait part de son "immense peine".

"Il nous a persuadés que l’impossible en football n’existait pas"

"Je ne cesse de penser à tout ce qu’il nous a apporté, à nous les Stéphanois, poursuit-il. Il nous a persuadés que l’impossible en football n’existait pas. C’est comme cela que l’ASSE a renversé les plus grands clubs d’Europe dans les années 70. Son plus bel exploit a été de fédérer une ville et tout un pays derrière une équipe. En 1976, l’année de la fabuleuse épopée, la France était Verte. Il dégageait un charisme et une force incroyables. On avait l’impression que rien ne pouvait le déstabiliser."

"Il était aussi un formidable manager qui, avec Roger Rocher et Pierre Garonnaire, a permis à l’ASSE d’être pionnière dans de nombreux domaines: supervision des adversaires, analyse vidéo, déplacements en avion, ajoute Romeyer. Il s’est constitué le plus beau palmarès du football français. Robert Herbin est le plus grand de nos entraîneurs de club. En 2013, lorsque nous avons fêté les 80 ans de l’ASSE, nous l’avons nommé ambassadeur à vie mais ce titre symbolique n’était encore pas assez fort pour dire son immense contribution à l’histoire des Verts." 

"La France a pu conquérir une place de grande nation du football grâce à des hommes comme Robert Herbin"

Bernard Caïazzo, président du conseil de surveillance, témoigne, lui, de son "immense tristesse". "Le Peuple Vert est en deuil mais ce sont tous ceux qui aiment le football français qui doivent ressentir une immense peine aujourd'hui, écrit-il. Nous garderons à jamais le souvenir d'un grand joueur international mais encore plus d'un coach d'exception qui a su redonner sa fierté à notre football à un moment où nous étions au creux de la vague. Si la France a pu conquérir une place de grande nation du football, c'est grâce à des hommes comme Robert Herbin qui ont été les pionniers d'un renouveau inespéré à l'époque. (...) Paix à ton âme, Robby. À jamais le Vert est une couleur qui t'appartient." 

Entraîneur de l'ASSE, Claude Puel a aussi rendu hommage à la légende verte en l'immortalisant comme une source d'inspiration. "Robert Herbin faisait partie du patrimoine de l'AS Saint-Étienne, il est aujourd'hui entré dans la légende, écrit-il. Il est l'entraîneur, un des éléments majeurs de l'histoire des Verts et de sa renommée. Je n'ai pas eu le privilège de le rencontrer, d'échanger avec lui et de lui témoigner tout mon respect. Je le regrette profondément. Robert Herbin est une mémoire vivante, présente dans le cœur des Verts, partout en France. Il m'a ouvert au football, moi né au Pays de l'Ovalie, gamin suivant l'épopée verte et vibrant comme tout un chacun aux exploits de ses acteurs. Hier soir, le Peuple Vert a perdu un membre emblématique de sa famille. Je lui présente mes plus sincères condoléances."

Christophe Galtier, l'un de ses prédécesseurs sur le banc (2009-2017), a aussi réagi. "Monsieur Herbin, merci pour toutes ces soirées magiques que vous nous avez fait vivre devant nos téléviseurs, a-t-il écrit. Je n'oublierai pas nos échanges autour d'un café durant ces neuf années passées à l'ASSE? Qui c'est le plus fort? Evidemment, c'était vous! Toutes mes condoléances à votre famille. Reposez en paix." 

Gaël Perdriau, maire de Saint-Etienne et président de Saint-Etienne Métropole, a aussi rendu hommage au "Sphinx". "C'est avec tristesse que j'ai appris le décès de l'entraîneur mythique de l'ASSE, Robert Herbin, écrit-il. Il a fait connaître à l'ASSE et à Saint-Etienne, avec le président Roger Rocher, les plus belles heures de l'histoire de notre club. Robert Herbin, surnommé le sphinx pour son côté impassible, notamment sur son banc de touche à Geoffroy-Guichard, n'en était pas moins un homme passionné, au caractère bien affirmé car il savait ce qu'il voulait, sûr de ses convictions, incroyable bâtisseur, vrai meneur d'hommes, ne cherchant pas l'esbroufe, mais l'efficacité. Il était tout simplement à l'image de Saint-Etienne."

Il énumère son fabuleux palmarès et cette épopée européenne en 1976 achevé cruellement par une défaite face au Bayern Munich (1-0) à l'Hampden Park de Glasgow et ses fameux poteaux carrés. "On en parle encore, souligne-t-il. On en parlera encore très longtemps avec cette pointe à la fois d'envie, de nostalgie et de fierté qui fait que Saint-Etienne et l'ASSE seront toujours à part dans le monde du football et dans le cœur des amoureux du ballon rond. Je le mesure lors de mes déplacements en tant que maire de Saint-Etienne."

NC