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Une soirée qui vaut très cher dans la lutte pour le maintien : qui va s'en sortir ?

Niane-Amadou (Metz-Lille)

Niane-Amadou (Metz-Lille) - AFP

A quatre étapes de la fin de saison, le sprint final est maintenant bien lancé. Alors que les situations d’Amiens, Angers et Caen semblent assez confortables, d’autres équipes doivent rapidement changer de braquet pour espérer rester dans l’élite. Et ça commence dès ce samedi (20h) avec notamment un match Lille-Metz capital pour les deux formations. Mais Troyes joue également très gros à domicile face à Caen.

La situation

Avec 42 points, Dijon (12e) a déjà mathématiquement assuré son maintien avec treize points d’avance sur le barragiste troyen (29 pts) à quatre journées de la fin (12 pts à distribuer). Derrière, Amiens (40 pts), Angers (37 pts) et Caen (37 pts) sont également en ballottage très favorable. Pour Toulouse et Strasbourg (34 pts), la situation reste tendue même si leur matelas de cinq points d’avance sur l’ESTAC leur offre une certaine sérénité. Pour les Troyens, comme pour Lille (29 pts) et Metz (26 pts), c’est l’alerte rouge. Un constat d’autant plus vrai après étude des stats des précédentes saisons: sur les quinze dernières années, aucune équipe ayant eu plus de 3 points de retard sur le 17e à quatre journées de la fin n’est parvenue à s’en sortir…

Le match à ne pas rater: Lille-Metz

L’ambiance promet d’être "particulière"’ samedi soir au stade Pierre-Mauroy. Entre une équipe de Lille en pleine déconfiture, qui reste sur une lourde défaite à Marseille (5-1) et onze matches sans victoire (dernier succès: 2-1 le 28 janvier face à Strasbourg), et une lanterne rouge messine revenue à trois points et qui y croit toujours, les débats s’annoncent très tendus. C’est peut-être encore plus vrai pour des Lillois qui ne pourront pas compter sur le soutien de leur public, particulièrement vindicatif ces dernières semaines au lieu de revêtir le bleu de chauffe pour pousser son équipe. Le collectif lillois, que beaucoup voient partir à vau-l’eau, pourrait rapidement s’écrouler si les événements tournent mal contre des Messins qui respirent un peu mieux.

"Si j’étais confiant, ce serait prendre les gens pour des imbéciles, a prévenu Christophe Galtier, l’entraîneur du bateau à la dérive lillois. Ce n’est pas mon style. Inquiet, je suis obligé de l’être car le parcours de l’équipe vous donne une certaine inquiétude. Par contre, je suis déterminé, nous sommes déterminés." Aux joueurs du LOSC de le prouver par un succès qui condamnerait quasiment les Lorrains. En face, les Messins croient toujours en leurs chances. "Quel que soit notre goal-average, quel que soit notre nombre de points, personne ne peut nier que l’on peut encore se sauver. Se sauver directement ce sera difficile, mais mathématiquement c’est encore possible, d’accrocher les barrages ça l’est aussi."

L’autre match de la peur: Troyes-Caen

Avant cette 35e journée, Troyes est barragiste (18e), à égalité de points avec Lille (19e). Si Caen, avec huit points d’avance sur l’ESTAC, semble à l’abri d’une mauvaise surprise, le SMC serait bien inspiré de ne pas rentrer bredouille de son voyage dans l’Aube. Un succès troyen ramènerait en effet alors la menace à cinq points des Normands avant une fin de championnat très difficile pour le SMC (réception de Monaco et du PSG, déplacement à Nice, qui jouer l’Europe).

De son côté, Troyes, qui reste sur quatre défaites et qui n’a plus gagné depuis la 26e journée (1-0 face à Metz), doit absolument s'imposer pour mettre la pression sur Strasbourg et Toulouse. "C’est encore possible de finir 17e, se persuade Jérémy Cordoval. Il reste encore quatre matchs. C’est vrai que c’est contre de bons adversaires. Mais il y a encore des points à prendre. Déjà, dès samedi, il faut en prendre trois. Peu importe si c’est au bout d’un mauvais match. Seul le résultat compte." Comme Caen, Troyes aura ensuite un calendrier bien chargé (déplacements à Lyon et Montpellier, réception de Monaco), pas idéal pour l’opération survie.

Les matchs qui peuvent aussi compter: Strasbourg-Nice et Rennes-Toulouse

Même si Strasbourg et Toulouse possèdent cinq longueurs de marge sur Troyes et le barrage, là encore les deux formations seraient bien inspirées de chiper un ou plusieurs points samedi pour s’éviter des maux de tête trop importants en cas de succès lillois ou troyen. Mais la tâche s’annonce ardue. Incapables de gagner depuis neuf matchs (seulement 4 points pris), les Strasbourgeois tenteront de stopper leur glissade face à des Niçois qui visent le Top 6 et la Ligue Europa. "Aujourd'hui, nous n'avons même pas à espérer que les autres équipes perdent mais juste à prendre des points. Le moindre faux pas coûte cher", a prévenu le coach alsacien Thierry Laurey cette semaine.

Pour Toulouse, le défi est quasiment le même que Strasbourg. Le TFC, qui n’a pris que 8 points sur les dix dernières rencontres, se rend en effet sur le terrain de Rennes dimanche (15h), obligé de s’imposer pour continuer de rêver à l’Europe. "Nous connaissons le classement, explique le milieu de terrain toulousain Ibrahim Sangaré sur le site de son club. Notre match est dimanche, pas samedi. Nous allons regarder les résultats des équipes derrière nous au classement, mais cela ne changera en rien notre volonté de bien faire. Jusqu'ici, nous avons fait le boulot pour toujours rester maîtres de notre destin. On ne va pas s'arrêter en si bon chemin."

Jean-Moïse Dubourg