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"Votre argent de merde, ça ne suffit pas", lance Hoeness contre le PSG

Uli Hoeness, président d'honneur du Bayern Munich, s'est emporté contre le PSG, son président Nasser-Al Khelaïfi - dont il questionne l'amour du foot et fustige ses dépenses sans limite - et Manchester City.

"Votre argent de merde, ça ne suffit pas": le président d'honneur du Bayern Uli Hoeness se lâche contre le Paris SG, son président Al-Khelaïfi, et contre Manchester City, les nouveaux riches de l'Europe, dans un podcast consacré à sa vie diffusé à partir de vendredi.

"J'ai travaillé dur pour gagner mon argent, lui l'a reçu en cadeau"

Nasser Al Khelaïfi est-il le nouvel Uli Hoeness? lui demande l'interviewer: "non, je ne crois pas, je ne sais pas s'il aime le football", rétorque l'Allemand. "La différence entre lui et moi? J'ai travaillé dur pour gagner mon argent, et lui l'a reçu en cadeau, insiste-t-il. On le met à sa disposition et il n'a pas besoin de travailler pour ça. Quand il veut un joueur, il va trouver son émir." Malgré leurs budgets exorbitants, "jusqu'à maintenant ces deux clubs n'ont rien gagné du tout. Rien du tout! Rien du tout!" jubile le champion du monde 1974.

Le Paris SG et Manchester City ont remporté des titres nationaux, mais "ni l'un ni l'autre n'ont le moindre titre de Ligue des champions", poursuit l'homme qui fit du Bayern Munich, en quatre décennies, un géant du foot européen (six Ligues des champions) sans recourir ni à la dette ni à un investisseur multimillionnaire. En 2020, le Bayern a battu le Paris SG en finale de la Ligue des champions (1-0), puis le PSG a pris sa revanche la saison dernière en quart de finale (3-2/0-1).

"Ils perdront encore contre nous, poursuit-il. Pas toujours, mais de temps en temps. Et ça doit être notre but. Et lorsque nous gagnons contre eux, ça me réjouit fortement (...) C'est ça qui me stimule, leur montrer: 'Votre argent de merde, ça ne suffit pas'."

Il détruit le modèle économique du PSG

Il poursuit en critiquant vertement le modèle économique du Paris SG, comparé à celui du Bayern. "Ce qui se passe actuellement à Paris, c'est de la planification à un an, peste-t-il. Ce n'est pas mon univers. Moi, je vois les choses d'un point de vue économique. Je ne place pas toute ma mise d'un seul coup, juste pour qu'on vienne me féliciter pendant un an ou deux ans et après moi le déluge."

"Quand on prend des décisions, il faut faire en sorte d'avoir de la sécurité encore dans trois, quatre ans, que tout ne s'effondre pas d'un coup", poursuit le dirigeant de 69 ans, qui siège toujours au conseil de surveillance du Bayern, dont il a quitté la présidence en 2019.

"Pour y arriver, je suis aussi prêt à risquer tel ou tel titre, affirme-t-il. Quand on a, comme moi, gagné 60 titres, ce n'est plus aussi important que si tu n'en a gagné qu'un ou deux (...) Franz (Beckenbauer), Karl-Heinz (Rummenigge) et moi sommes tellement bardés de titres que nous pouvons nous permettre de faire passer l'avenir du club avant les affaires quotidiennes lors de la prise de décision." A titre privé, Hoeness a fait fortune dans la charcuterie, mais a également purgé 21 mois de prison pour fraude fiscale entre 2014 et 2016.

NC avec AFP