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Ligue 2: un retour à Ajaccio sous tension pour Le Havre, cinq mois après le chaotique play-off

La rencontre se déroulera au stade François-Coty d'Ajaccio, à partir de 20h

La rencontre se déroulera au stade François-Coty d'Ajaccio, à partir de 20h - PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP

Le HAC se déplace sur la pelouse de l'AC Ajaccio ce vendredi soir (20h), pour le compte de la 11e journée de Ligue 2. C'est la première fois que les Normands reviennent au stade François-Coty depuis le match houleux de play-off du mois de mai, marqué par de nombreux incidents sur et en dehors du terrain.

C'est un match qui semble peu affriolant sur le papier. D'un côté, le HAC pointe à la 7e place de Ligue 2, après avoir encaissé une défaite à domicile contre le promu Béziers (2-3) lors de la précédente journée. De l'autre, l'AC Ajaccio peine à s'éloigner de la zone rouge, occupant une 17e place bien morne. 

Pourtant, cet AC Ajaccio-Le Havre, qui ouvre la 11e journée de Ligue 2 ce vendredi à 20h, revêt un caractère bien particulier pour les deux clubs. Et pour cause: en fin de saison dernière, les deux camps, respectivement 3e et 4e du classement final, s'affrontaient dans un match de play-off sous pression, pour espérer accéder à la Ligue 1.

Un contexte tumultueux

Un petit rappel des faits s'impose. Après s'être imposés le mardi face au Stade Brestois en match de play-off (2-0), les Havrais se rendent le vendredi 18 mai à Ajaccio, dernière marche avant d'affronter le 18e de Ligue 1 pour tenter de rejoindre l'élite. Mais leur arrivée au stade François-Coty ne se passe pas comme prévu. Le bus des Normands est caillassé par les supporters de l'ACA, il serait même la cible de projectiles. Des fumigènes sont allumés, la route est bloquée et le bus ne peut plus avancer à 50 mètres du stade. La délégation havraise rapporte également des insultes racistes à son égard.

Une situation houleuse qui ne permet pas la bonne tenue du match et pousse la LFP à annoncer son report au dimanche. Deux jours plus tard, les joueurs havrais parviennent cette fois-ci à intégrer l'enceinte du stade ajaccien, mais la tension est toujours bien présente. Depuis les tribunes, le groupe havrais dénonce avoir subi "différentes insultes racistes, homophobes, et menaces de mort". Sur le terrain, l'ambiance n'est guère plus réjouissante. 

Une bagarre générale éclate à la 108e minute, après la célébration de but de l'attaquant havrais Jean-Philippe Mateta, qui vient de convertir un penalty obtenu grâce à une faute de Mathieu Coutadeur, expulsé. Trois nouveaux cartons rouges sont distribués par l'arbitre. C'est finalement l'ACA qui s'impose aux tirs au but (2-2, 5 tab à 3). Mais pour leurs actes sur et en dehors du terrain, les Corses écopent entre autres de deux matchs à huis clos, dont un délocalisé - dont le match aller de barrage contre Toulouse, disputé à Montpellier. 

Des rancoeurs persistantes à Ajaccio

Et ces sanctions, les Ajacciens ont toujours du mal à les digérer, même cinq mois plus tard. Interrogé sur le contexte particulier autour de cette nouvelle rencontre entre les deux clubs lors de sa conférence de veille de match jeudi, l'entraîneur de l'ACA, Olivier Pantaloni, n'a pas hésité à en rajouter une couche.

"Ça peut être un match différent dans la mesure où évidemment les événements de mai sont encore dans les têtes. Face à cet adversaire du Havre qui avait usé, à l’époque, de tous les artifices pour faire en sorte qu’on ne monte pas en Ligue 1. Qui a mis des pressions un peu de partout pour faire en sorte que l’on soit sanctionné au maximum, à l’issue d’une saison exceptionnelle pendant laquelle les joueurs avaient donné beaucoup", grince-t-il. "Moi je l’ai encore en tête et ça me donne une source de motivation très importante".

Mercredi, c'est le capitaine d'Ajaccio, Johann Cavalli, qui est revenu sur le match de la saison passée. "Le Havre reste quand même l’équipe qui a tout fait pour nous évincer de cette montée", a-t-il lancé dans les colonnes de Corse Matin. Avant de calmer le jeu, et de lancer un appel à ses supporters:

"Si ce sera bien évidemment un match particulier, il ne faudra pas faire n’importe quoi non plus. D’ailleurs, j’en profite pour faire passer un message à nos supporters: ne donnons pas le bâton pour nous faire battre. Il n’y a ni revanche, ni haine", précise-t-il.

Un appel au calme havrais

Même son de cloche du côté du Havre, qui espère disputer un match dans des conditions sereines ce vendredi. 

"Il y a forcément des choses qui remontent à la surface en préparant ce match, ça a dépassé les limites", explique Oswald Tanchot, l'entraîneur du HAC, au micro de France Bleu Normandie. "Ça risque d’être hostile mais je pense que les gens là-bas ont aussi, j’espère, à coeur de nous accueillir normalement. Je ne veux pas penser qu’il puisse y avoir le même accueil."

Pour Alexandre Bonnet, capitaine du Havre, lui aussi interrogé par France Bleu, les joueurs devront adopter la bonne attitude sur le terrain, pour éviter d'enflammer le public. "Il ne faut pas partir en vrille au premier contact, ce serait une grosse erreur, c’est certainement ce qu’ils attendraient, donc il faut faire preuve de maturité", juge-t-il. 

Un dispositif de sécurité renforcé

Dans le but d'éviter de nouveaux débordements, les deux parties ont pris les devants. Comme le rapporte France Bleu Normandie, Léon Luciani, le président de l'ACA, et Pierre Wantiez, le directeur général du HAC, ont tenu une réunion avec le procureur de la République d'Ajaccio mardi. 

Au terme de cet échange, les Havrais ont été assurés qu'ils bénéficieraient d'une sécurité renforcée vendredi. Ainsi, la délégation normande sera prise en charge sur le tarmac, un car l'attendra dès sa sortie de l'avion. Les joueurs et le staff seront escortés par des policiers de l'aéroport à leur hôtel, puis jusqu'au stade. Le dispositif sera le même pour leur retour, à l'issue du match.

Une dizaine d'agents de sécurité privés est en plus mobilisée pour contrôler tout potentiel débordement. A noter que le déplacement des supporters havrais a été interdit. Il ne reste plus qu'aux acteurs et aux spectateurs, désormais, d'assurer la bonne tenue de cette rencontre. 

Céline Penicaud