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Toulouse très touché par le Covid-19: "Si on gagne nos matchs, on monte", tempère Comolli

Dans le haut du tableau de Ligue 2, le Toulouse FC a été frappé de plein fouet par la pandémie depuis deux semaines. Une multitude de cas qui ont entraîné le report des deux prochains matchs de championnat et par conséquent, un embouteillage en fin de calendrier avec cinq rencontres en deux semaines. Pourtant, malgré la situation, le président Damien Comolli ne s’affole pas. Pour RMC, il explique qu’il faut s’adapter et continue de viser l’objectif de début de saison : la montée en Ligue 1.

Depuis plusieurs jours maintenant, le Toulouse Football Club déplore des cas de Covid-19 au sein de son équipe première. Pouvez-vous nous faire le bilan?

Nous étions hier à treize cas parmi les joueurs et quatre membres du staff technique, ou médical, ou de l’encadrement de l’équipe professionnelle. Mais sur les deux dernières semaines, nous devons être à près de vingt cas en tout.

Aurait-il fallu prendre des dispositions plus fortes avant?

D’abord, on a tout fait depuis le début de la saison. On respecte les distanciations sociales, on est en contact avec l’ARS (Agence Régionale de Santé). Dès qu’on a un cas, on l’isole, on fait toutes les démarches administratives. Donc je ne sais pas si on aurait pu faire mieux. Peut-être ? On peut toujours faire mieux, dans tous les domaines, mais on n’a pas du tout pris ça en dilettante, ni été amateur dans notre approche. Ce qu’il faut savoir, c’est que par rapport aux autres clubs de Ligue 2, on joue plus de matchs, parce qu’on a été jusqu’en quart de finale de Coupe de France. Et donc on se déplace plus, on a plus de promiscuité. Vous êtes enfermés dans un avion, dans des hôtels, etc. Donc le fait qu’on soit tout le temps les uns sur les autres, je pense que ça n’a pas aidé.

Vous estimez ne pas avoir eu de chance?

Je vais vous parler d’un exemple : sur les cas qui ont été déclarés hier, sur des cas qui sont positifs et symptomatiques, on a une personne qui a eu les deux doses de vaccins. Il n’y a que 1% des gens vaccinés qui ont développé un Covid en suivant ! Et c’est ce qui nous est arrivé ! Et une autre personne est devenue positive et symptomatique alors qu’elle avait des anticorps. Donc vous comprenez bien qu’en prenant toutes les précautions possibles, il y a des trucs que vous ne pouvez pas contrôler ! Après, je pense qu’avec le règlement de la LFP du report de match au 11e cas, nous aurions pu demander de reporter notre quart de finale de Coupe de France. Mais on ne peut pas reporter les matchs de Coupe de France, sinon, c’est forfait. Et il en était hors de question. Donc on a fait comme on a pu mais avec ce déplacement, il s’est créé de la promiscuité et d’autres cas.

"On a quatre joueurs de l’effectif qui n’ont pas eu le Covid"

Depuis la révélation des premiers cas, vous avez vécu un nul à Guingamp (1-1), une victoire difficile face à Châteauroux (1-0) et une élimination en Coupe de France à Rumilly-Vallières (2-0). Pensez-vous que vos résultats sont déjà impactés?

Non. Je pense que les résultats en championnat ne sont pas impactés par le Covid. L’élimination en Coupe bien évidemment. Car pour le groupe et les entraîneurs, c’était les plus mauvaises conditions possibles pour préparer un match. Car ce qu’il faut savoir, c’est que pour des joueurs qui sont limites en retour de Covid, on doit demander l’autorisation à la FFF. La veille du match, on était persuadés que des joueurs pourraient être alignés, donc le coach avait organisé son équipe et travaillé en fonction de ça. Finalement, les joueurs n’ont pas été autorisés, et je ne le conteste pas d’ailleurs, mais tous les plans que le coach avait mis en place sont tombés à l’eau. On part, on arrive à l’hôtel et il y a un joueur qui « déclenche » les symptômes, alors qu’il était testé et négatif la veille. On a été obligé de le renvoyer à Toulouse pour l’isoler alors qu’il devait démarrer le match. Donc oui, le match de Coupe de France a été extrêmement impacté par le Covid, c’est certain. Pour les matchs de championnat, non on ne cherche pas d’excuse.

Vous bénéficiez du report du match de Pau samedi (35e journée) et de celui au Havre mardi (34e journée en retard). Est-ce un soulagement?

Je ne sais pas si soulagement c’est le mot. C’est juste. C’est une décision juste de la LFP, parce qu’ils savaient qu’on était en difficulté.

Comment votre équipe fonctionne-t-elle actuellement, entre isolement et entraînement?

Alors on a plusieurs cas de figures : on a des joueurs qui sont « Covid » asymptomatiques, qui s’entraînent à part, chez eux et qui sont isolés. On a des joueurs qui sont "Covid" symptomatiques et hier, cinq d’entre eux n’ont pas pu courir. Ils n’ont pas pu faire leur programme individuel chez eux. Ensuite, on a des joueurs qui sont en fin de Covid et qui sont non-contaminants et qu’on entraîne sur le terrain. Et puis après, on a quatre joueurs de l’effectif qui n’ont pas eu le Covid et qu’on entraîne de manière normale. Il n’y en a plus que quatre ! Et avec eux s’entraînent aussi des joueurs qui ont déjà eu le Covid et qui ont des anticorps.

C’est un vaste chantier…

Oui. Mais on fait avec ! Et on ne cherche pas d’excuses.

"On n’a peut être pas la meilleure équipe, mais on a le meilleur effectif"

Mais au regard de ce bilan et quand on s’aperçoit que vous allez avoir cinq matchs sur les deux dernières semaines de compétition, entre le 1er et le 15 mai, n’êtes-vous pas quelque peu inquiet?

Inquiet non. On est déterminé à atteindre notre objectif, qu’on a fixé avant le premier match de la saison et qui est la montée. Et on n’est pas loin. On s’organise et la qualité principale d’un sportif de haut niveau c’est l’adaptabilité. Il faut se souvenir qu’en début de saison, avant le premier match de championnat, le coach a eu le Covid et son adjoint également. Donc on a préparé le premier match sans entraîneur et sans entraîneur adjoint. Et quand on a su ça, c’était un dimanche, j’ai parlé aux joueurs. Je leur ai dit que cette saison, c’est l’équipe qui aura la plus grande capacité d’adaptation qui va s’en sortir et qui va monter. C’est ça notre état d’esprit. Et il y a un truc qui est clair : même si on joue cinq fois en quatorze jours, si on gagne nos matchs, on monte. Samedi dernier, après les matchs et lorsqu’on a battu Châteauroux, on avait deux points d’avance sur Clermont. Il reste quinze points en jeu, si on marque un point de plus que Clermont, on monte en première division. C’est très simple et on se concentre que sur ça. On a notre destin entre nos mains.

Mais on peut imaginer, avec tous les cas positifs que vous avez connu, que vous n’aurez pas 100% de votre potentiel…

Ce n’est pas grave. Mais je le répète depuis le début de la saison : peut-être qu’on n’a pas la meilleure équipe. Peut-être. Si on est 2e d’ailleurs, par définition, c’est qu’on n’a pas la meilleure équipe. Par contre on a le meilleur effectif. Ça j’en suis persuadé. Quand une équipe de Ligue 2 peut se permettre de mettre soit Manu Koné, soit Van Den Boomen, soit Spierings sur le banc, ça veut dire que vous avez une sacrée équipe. Quand vous avez Bayo sur le banc, ou Antiste ou Healey, ça veut dire que vous avez un drôle d’effectif. Quand vous avez Rouault sur le banc, ou Petterson, notre gardien remplaçant qui est international A suédois, on pense que si on n’a pas la meilleure équipe, on a le meilleur effectif. Ce qui veut dire que le coach a plein de solutions pour pouvoir s’adapter à la situation. S’il nous manque un, deux, trois ou quatre titulaires, il y aura des joueurs qui vont rentrer et qui auront le même niveau. C’est notre force.     

Wilfried Templier