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Atalanta: 1988, une demie européenne comme un miracle

Opposé au PSG ce mercredi soir à Lisbonne pour le début du "Final 8", l’Atalanta Bergame cherchera l’exploit d’une qualification en demi-finale de la Ligue des champions pour sa première participation à la compétition. Le club lombard a connu une fois le dernier carré d’une Coupe d’Europe: c’était en 1987-88, dans la défunte Coupe des Coupes, alors qu’il évoluait en… Serie B (D2 italienne). Récit en longueur d’une épopée pas comme les autres.

Sous ses messages sur les réseaux sociaux, on tombe presque toujours sur des fans de la Dea. Avec en boucle des hashtags comme #legend. A soixante ans, Glenn Strömberg est un ancien international suédois vainqueur de la Coupe de l’UEFA en 1982 avec l’IKF Göteborg, double champion du Portugal 1983 et 1984 avec Benfica et Ballon d’Or suédois en 1985. Pour les supporters de l’Atalanta Bergame, dont il a porté les couleurs à 219 reprises entre 1984 et 1992 et dont il a un temps été le capitaine, le grand blond est surtout un totem, sujet d’un livre d’un journaliste local. Et le symbole d’une équipe inoubliable. 

Strömberg – qui poste parfois des photos avec son ancien maillot floqué de son numéro 7 et vit toujours à Bergame, d’où il a lancé une marque de produits d’alimentation et de mode qu’il exporte en Suède – était le seul étranger et l’un des milieux titulaires du club lombard lors de son historique épopée européenne de 1987-88. Cette saison-là, pour sa deuxième participation à une campagne continentale, l’Atalanta atteint les demi-finales de la défunte Coupe des vainqueurs de Coupe, remportée par le PSG en 1996. Particularité? Bergame évolue alors en… Serie B, la deuxième division italienne!

Merci Naples et Diego

Dans la longue histoire des Coupes d’Europe, seul Cardiff City a réussi le même exploit en 1967-68. Mais le club gallois, qui évoluait alors en Division 2 anglaise depuis six ans, avait un avantage: se qualifier pour la C2 en remportant la peu disputée Coupe du pays de Galles, ce qui lui a permis de prendre part à la compétition à quatorze reprises, un record. L’Alatanta, qui avait bouclé la Serie A à la quinzième place sur seize direction l’étage intérieur, avait dû un peu plus s’employer et bénéficier des circonstances. "Le Naples de Diego Maradona gagne le Scudetto et la Coupe d’Italie et se retrouve en Coupes d’Europe des clubs champions, nous explique Dino Nikpalj, journaliste pour L’Eco di Bergamo qui suit le club. Le finaliste de la Coupe d’Italie, l’Atalanta, accède donc à la Coupe des Coupes alors que le club vient d’être relégué."

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L'équipe de l'Atalanta Bergame version 1987-88
L'équipe de l'Atalanta Bergame version 1987-88 © DR

Six ans après être tombé en Serie C1 (troisième division), le club fondé en 1907 est loin du statut de cador du football italien. "L’Atalanta était la classique équipe de province qui se battait pour ne pas descendre en Serie B, contextualise Dino Nikpalj. Elle était remontée en Serie A en 1984. Ce n’était pas une grande équipe de renommée européenne. L’équipe jouait en plus un football assez défensif donc peu spectaculaire." L’Atalanta, qui doit son nom à une héroïne (très sportive) de la mythologie grecque, n’a alors jamais fait mieux que sa cinquième place de Serie A en 1948, situation qui durera jusqu’en 2017 (quatrième). Son seul titre majeur, ce qui reste le cas, est la Coupe d’Italie en 1963, trophée qui lui offrira sa première aventure européenne la saison suivante avec une élimination au premier tour de la Coupe des Coupes face au Sporting Portugal (cela aura son importance), futur vainqueur de l’épreuve.

Bref, rien qui n’annonce une grande épopée continentale des Nerazzurri. D’autant que l’objectif est clair: la remontée dans l’élite. Qu’il faut aller chercher dans une Serie B à vingt clubs contre seize en Serie A, soit huit matches de plus en championnat. "C’est ce qui nous tenait le plus à cœur et nous ne devions pas l’oublier, racontera plus tard l’attaquant Aldo Cantarutti. Ce n’était pas facile d’être à 100% le mercredi en Coupe d’Europe et le dimanche en championnat. A l’époque, il n’y avait pas de turnover, mais nous ne nous sommes pas défilés." Emiliano Mondonico, intronisé nouvel entraîneur du club à la place de Nedo Sonetti après avoir sauvé Côme de la relégation en Serie B, ne veut rien lâcher sur les deux tableaux avec un effectif qui a enregistré trois arrivées (les milieux Daniele Fortunato et Eligio Nicolini et l'attaquant Oliviero Garlini, trois cadres de la saison à venir) et autant de départs.

"Une honte d’être représentés en Europe par une équipe aussi faible"

Mais pour la presse locale, aucun doute, Bergame ne va pas faire trembler l’Europe. "Tout le monde en Italie pense que ce sera un exploit si l’Atalanta réussit à passer un tour", précise Dino Nikpalj. Le hasard tourne pourtant en faveur de l’équipe où évolue un certain Cesare Prandelli, futur sélectionneur italien sur la fin de sa carrière de joueur. "Au premier tour, coup de chance, le tirage offre les Gallois de Merthyr Tydfil, raconte le journaliste de L’Eco di Bergamo. Ce sont des amateurs." Le 16 septembre 1987, le champêtre stade de Penydarren Park et ses deux tribunes principales en bois accueille le seizième de finale aller. Sortie de la Coupe d’Italie dès le premier tour (une phase de poules!), l’Atalanta a mal débuté sa mission remontée avec un nul à domicile cotre Trieste lors de la première journée de Serie B. Bergame compte lancer la machine face aux Gallois. Raté.

Les locaux débutent sur un rythme d’enfer et marquent à la demi-heure de jeu sur un coup franc de Kevin Rogers dévié dans son but par Andrea Icardi. Quelques minutes plus tard, suite à un déboulé de Strömberg sur la gauche et une "Madjer" (quelques mois après la première) signée Garlini – arrivé de l’Inter Milan – repoussée dans ses pieds par le gardien, Domenico Progna égalise. Mais dans les dix dernières minutes, le même Progna dévie dans ses filets un coup franc de Ceri Williams. Défaite 2-1. "L’Atalanta se fait démolir le lendemain dans la presse italienne, qui explique que c’est une honte d’être représentés en Europe par une équipe aussi faible", se souvient Dino Nikpalj. La veille du match retour, programmé le 30 septembre, les Gallois préfèrent faire du shopping et visiter Bergame plutôt que de s’entraîner. La Dea va punir cette nonchalance. 

Solides, les Italiens plient l’affaire en vingt minutes avec une déviation à bout portant de Garlini et une jolie tête de Cantarutti pour une victoire 2-0 et la qualification pour les huitièmes. Un déclic, aussi, pour une équipe qui n’avait alors toujours pas remporté la moindre victoire dans son championnat. Elle arrive à la cinquième journée, contre Sambenedettese, dix jours avant le huitième aller de C2 du 21 octobre. Le tirage a encore été clément: l’OFI Crète, un club grec. Un but de Takis Persias offre la victoire 1-0 aux locaux en Grèce. L’Atalanta se retrouve une nouvelle fois dans le viseur de la presse italienne qui évoque un "renoncement". Mais les Lombards font le boulot au retour, le 3 novembre, avec une frappe parfaitement placée de Nicolini en première période puis une belle tête de Garlini en seconde pour un succès 2-0 synonyme de billet pour les quarts.

A une époque où passer un ou deux tours de Coupe d’Europe n’est pas toujours facile, la mission du club de Serie B est plus que remplie. Mais pour continuer à rêver, il va falloir un exploit. L’adversaire en quarts? Le Sporting Portugal, seul souvenir européen (et pas bon) un quart de siècle plus tôt. Entre-temps, en hiver, l’Atalanta a retrouvé le chemin de la victoire et de la confiance en championnat. Mais l’obstacle, cette fois, est de taille. Le match aller, le 2 mars 1988 en Italie, va rester à jamais gravé pour les fans de la Dea, club où le numéro 12 a été retiré en hommage aux supporters. Si le Sporting du Brésilien Paulinho Cascavel (meilleur buteur de la compétition avec six réalisations) s’avance ultra favori, l’Atalanta n’a rien à perdre et se déchaîne. 

Nicolini ouvre le score en fin de première période sur un penalty. Les Portugais mettent la pression mais Bergame résiste avec son jeu défensif. Et Cantarutti délivre les siens à dix minutes de la fin d’un superbe extérieur pied gauche face au but suite à un relais de Strömberg. Victoire 2-0, la troisième sur le même score en autant de matches à domicile dans cette Coupe des Coupes. Le stade explose, conscient d’assister au plus grand exploit de l’histoire du club lombard. "Les gens s’attendaient à autre chose mais on a montré beaucoup d’envie", sourit le coach de l’Atalanta. Mais il faut encore se déplacer au Portugal. Le retour, le 16 mars, a de quoi faire peur. Le Sporting a remporté ses deux premiers matches à domicile de cette campagne 4-0 et 5-0 (contre les Autrichiens du FC Tirol et les Suédois du Kalmar FF) et Mondonico est privé de cinq titulaires, dont les pièces maîtresses Strömberg et Garlini.

Les Portugais poussent et poussent mais le gardien Ottorini Piotti multiplie les arrêts. Il finit par craquer peu après l’heure de jeu sur une superbe tête décroisée du Néerlandais Peter Houtman. Les vannes s’ouvrent et Mario Jorge double la mise une minute plus tard… but refusé pour une charge (qui fera rager les supporters portugais) sur le portier. La Dea continue de résister – merci Piotti! – et va être récompensée à neuf minutes de la fin. Nicolini récupère le cuir au milieu et lance Cantarutti qui déborde le gardien portugais Vitor Damas et conclut dans le but vide. Les 500 fans italiens présents à Lisbonne exultent, les 5.000 devant un écran géant sur une place de Bergame aussi. "Cette contre-attaque semblait ne jamais se terminer, racontera plus tard l'attaquant, pas toujours constant cette saison-là mais héros de ce quart retour avec le gardien. J’étais tellement heureux…"

Le Sporting est éliminé, 3-1 sur l’ensemble des deux matches. La revanche de 1963 est prise. A Bergame, les rues sont noires de monde et les klaxons retentissent jusqu’à deux heures du matin dans des scènes qui rappellent le sacre italien lors de la Coupe du monde 1982. Les monuments sont recouverts de drapeaux aux couleurs du club, les supporters plongent dans la fontaine du théâtre Donizetti. Dans le vestiaire, Mondonico lance à ses joueurs: "On parlera de vous comme de l’Atalanta du miracle". Les experts ont encore eu tout faux avec cette Dea. La presse parle de "moment historique". "Les critiques après les défaites lors des deux premiers tours nous ont peut-être aidé à battre le Sporting", analyse le coach italien qu’on retrouvera plus tard (entre autres) sur les bancs du Torino, de Naples et de la Fiorentina, décédé en mars 2018. Au retour des joueurs le lendemain matin, à l’aéroport Orio al Serio, c’est l’effervescence et on ne trouve plus une place pour se garer.

La Une de L'Eco di Bergamo au lendemain de l'exploit contre le Sporting et de la qualification de l'Atalanta pour les demi-finales de la Coupe des Coupes 1987-88
La Une de L'Eco di Bergamo au lendemain de l'exploit contre le Sporting et de la qualification de l'Atalanta pour les demi-finales de la Coupe des Coupes 1987-88 © DR

Cerise sur le gâteau: le reste de l’Italie a disparu des autres Coupes d’Europe, laissant l’Atalanta seule représentante du pays dans les demi-finales. Lors des matches suivants, la Curva Nord s’en régale d’un chant: "Nous sommes seuls! Nous sommes seuls! En Europe, nous sommes seuls!" Avec ce statut, l’Atalanta attire "beaucoup de curiosité, un peu de sympathie et de l’intérêt médiatique" (Dino Nikpalj). "Mais sincèrement, c’était surtout un truc vécu par les habitants de Bergame, reprend le journaliste. Il y avait des queues de trois heures pour arracher un billet pour la demie." La montée en Serie A reste l’objectif mais l’Europe enflamme la ville: le maire Giorgio Zaccarelli promet 40.000 personnes au stade (qui en accueille d’habitude 25.000 au maximum) alors que le président du club Cesare Bortolotti en espérait 110.000 pour réunir toute la ville. 

Ce sera face aux Belges de Malines, a priori meilleur tirage possible avec l’Ajax Amsterdam et l’Olympique de Marseille dans l’autre demie. En route pour la finale prévue à Strasbourg? Toute la ville se met à y croire. Mais la phrase répétée toute l’année par Mondonico à ses joueurs va revenir hanter l’Atalanta: "Malheur à être emporté par des illusions faciles, le football punit les présomptueux". "Malines était une équipe agressive qui avait un super gardien, Michel Preud’homme, mais aussi le père de Kim Clijsters (ancienne numéro 1 mondiale du tennis, ndlr), Lei Clijsters, comme capitaine", se souvient Dino Nikpalj. L’aller, le 6 avril, est en Belgique, où 6.000 supporters lombards ont fait le déplacement. Les premières minutes sont difficiles pour l’Atalanta. 

"Pas un balcon, pas une fenêtre sans une écharpe"

L’attaquant israélien Eli Ohana est en feu et ouvre vite le score suite à un coup franc. Mais Strömberg remet les deux équipes à égalité dans la minute qui suit, encore suite à un coup franc. Le seul but dans la compétition du milieu suédois à l’influence énorme. "C’était le joueur le plus fort de l’équipe, se remémore Dino Nikpalj. Son arrivée avait été une surprise car c’était un joueur expérimenté, titulaire de la sélection suédoise. En plus, il a fait le choix de rester à Bergame en 1987 malgré la relégation et alors qu’il était contesté par une partie des tifosi. Le but était de remonter en Serie A aussitôt et le fait qu’il soit resté a été très apprécié. Encore aujourd’hui, il est l’un des joueurs les plus appréciés de l’histoire du club et il est devenu un symbole." Qui ne peut empêcher Malines de s’imposer chez lui sur un but du Néerlandais Piet den Boer dans les dix dernières minutes, une nouvelle fois suite à un coup franc.

L’Atalanta est battue à l’extérieur pour la troisième fois en quatre tours. Mais il y a la place pour passer à la maison. Le 20 avril, c’est le jour J. Inoubliable. "Depuis l’hôtel à Sarnico jusqu’au stade, il n’y avait pas un balcon, pas une fenêtre sans une écharpe ou quelque chose de noir et bleu", racontera le défenseur Costanzio Barcella. "La ville de Bergame était entièrement à nos couleurs, confirme le milieu Ivano Bonetti. On aurait dit une ville féerique. C’était un spectacle incroyable, ça donnait la chair de poule." Tout un peuple va porter les siens, jusqu’aux cintres du stade. "Les 40.000 personnes faisaient la queue pour entrer au stade dès 16h, le stade était bouillant", se rappelle Dino Nikpalj. "Il y avait beaucoup d’espoir après l’aller et le stade était plein des heures avant le début du match", appuie Piotti. "C’était très spécial, enfonce le milieu Walter Bonacina. Ceux qui ont eu la chance de vivre ce match auront ce grand souvenir en eux pour toujours." 

"Avec ce penalty, nous serions allés en finale"

Costauds à domicile toute la campagne, les Italiens débutent bien le retour malgré des Belges qui ferment le jeu: Garlini ouvre le score en fin de première période sur penalty, son troisième but de l’épopée (meilleur total du club avec Cantarutti). Avec ce 1-0, la qualification virtuelle est en poche à la pause. Cela ne va pas durer. L’Atalanta est à deux doigts de doubler la mise avec une tête détournée par Preud’homme sur son poteau et une faute oubliée sur Strömberg dans la surface. "Je n’ai revu ce match qu’une fois, avouera il y a quelques années le Suédois. Je voulais savoir si la faute commise sur moi était dans la surface ou non. J’étais au moins un mètre et demi dedans! Avec ce penalty, nous serions allés en finale." 

Mais une superbe volée du gauche de Nathan Rutjes peu avant l’heure de jeu ramène à 1-1 un Malines plus actif car obligé de marquer. A portée de gants? "Ma plus grande douleur, c’est qu’on m’a accusé sur le but de l’égalisation, confessera plus tard Piotti, le gardien nerazzurri. On me le dit encore aujourd’hui. Mais plus je le revois, plus je suis convaincu que je ne pouvais rien faire de plus. Nous avons fait un match merveilleux." Ébréché, l’espoir va être anéanti une vingtaine de minutes plus tard. Bergame pousse pour égaliser sur l’ensemble des deux matches mais Marc Emmers élimine deux joueurs à l’entrée de la surface lombarde et décoche une frappe avec rebond sur laquelle Piotti est piégé. Le silence remplit le stade. Défaite 2-1 et adieu la finale, touchée du doigt dix-sept minutes. "Mais personne n’était déçu, explique Dino Nikpalj. On était tous heureux de cet exploit." "Nous étions à une marche d’un rêve mais ça n’arrive pas tous les jours qu’une équipe de notre niveau se qualifie en demi-finale européenne", savoure Cantarutti.

Au coup de sifflet final, les applaudissements tombent et un chant descend de tribunes qui n’en veulent pas à leurs héros: "Nous reviendrons en Serie A!" La prophétie se réalise dès la fin de saison avec une Atalanta quatrième de Serie B, sans défaite de mi-janvier à fin mai, et qui remonte dans l’élite à la faveur d’une saison à quatre montées pour le passage de la Serie A de seize à dix-huit clubs en 1988-89. De son côté, Malines bat l’Ajax (qui a sorti l’OM) en finale (1-0) et triomphe pour… la première participation européenne de son histoire, troisième et dernière Coupe d’Europe pour la Belgique après les deux C2 pour Anderlecht en 1976 et 1978. Voilà peut-être ce qui a empêché le souvenir de l’exploit lombard de rester dans les mémoires en dehors de l’Italie: le vainqueur final, qui a sorti l’Atalanta sur sa route comme le Sporting en 1963 (idem pour l’Inter Milan en Coupe de l’UEFA en 1991), rentre aussi dans la catégorie énormes surprises.

"Cette équipe est restée dans le cœur des gens"

Mais à Bergame, rien n’est effacé, à l’image d’un récent retweet de Strömberg d’une photo de la version Subbuteo de cette Atalanta 1987-88. "C’était une saison inoubliable, je suis heureux et fier d’avoir fait partie de cette Atalanta et d’avoir vécu ces moments", confirme Bonetti. "Cette équipe est restée dans le cœur des gens car ce qui s’est passée cette saison-là était un miracle", conclut Dino Nikpalj. Après 1988, le club lombard ne joue que deux Coupes de l’UEFA (élimination au premier tour par le Spartak Moscou en 1989-90 et en quart par le voisin Inter la saison suivante) avant une absence des compétitions européennes entre 1991 et 2017 (l’Atalanta avait refusé de prendre part à la Coupe Intertoto en 2001, remplacée par Brescia qui avait ensuite perdu en finale contre… le PSG). 

Pour d’autres grands souvenirs, il a fallu attendre ces dernières années. Le journaliste de L’Eco di Bergamo évoque en images fortes "le seizième contre Dortmund en Ligue Europa en 2019, avec deux superbes matches" ou "le huitième aller à San Siro contre Valence cette saison, même si la perception de cette double confrontation a un peu changé en raison de ce qui s’est passé après avec le Covid-19". Il cite "la victoire à Kharkiv contre le Chakhtior en phase de groupes cette saison", la "plus belle" selon lui car "celle de l’exploit de la qualification en huitièmes pour la première participation du club en Ligue des champions": "C’est toute la campagne cette saison qui est le plus bel exploit européen du club". Si l’Atalanta sort le PSG, il sera gigantesque.

Alexandre HERBINET (@LexaB) avec Johann CROCHET (@johanncrochet)