RMC Sport

Barça-PSG: le Top 10 des plus grandes humiliations du foot français

Humiliation, le mot n’est pas trop fort pour qualifier le cauchemar vécu par les Parisiens, mercredi, à Barcelone en Ligue des champions (6-1). Mais comme on aime se faire mal, on a décidé de classer les plus grandes humiliations du foot français. Alors, dans quelle position se trouve ce Barça-PSG dans ce classement totalement subjectif?

Humiliation, débâcle, déroute… tous les qualificatifs ont été employés pour qualifier l’élimination du PSG à Barcelone (6-1), en 8e de finale retour de la Ligue des champions, après le récital du match aller au Parc des Princes (4-0). Et comme parfois, ça fait du bien de se faire mal, on a établi (de façon totalement subjective) le classement des plus grandes humiliations du foot français. Pour qui les fesses les plus rouges ?

>> L'entourage de Sarkozy dément les incidents en tribune lors de Barça-PSG

1 - Barça-PSG 6-1 (2017, Huitième de finale retour de Ligue des champions)

Le souvenir est certes frais, mais cette première place s’explique surtout par des faits. Trois semaines à parader sur les réseaux sociaux, à se projeter sur les quarts, à vanter le chef d’œuvre collectif du match aller… l’effet boomerang n’en a été que plus violent. Echapper un avantage de quatre buts, c’est fort. Le faire avec la manière, c’est encore plus douloureux. Face à un Barça qui n’avait rien de génial, le PSG a multiplié les offrandes ridicules. Jusqu’au point culminant: trois buts encaissés en huit minutes par une équipe paralysée. Les chambrages répétés et appuyés de Neymar et sa bande après la rencontre ajoutent au caractère humiliant de la défaite. "On s’est laissé victimiser", reconnaîtra Thomas Meunier. Pas mieux.

>> Dugarry: "Garder Emery est capital pour le PSG"

2 - France-Bulgarie 1-2 (1993, éliminatoires de la Coupe du monde 1994)

"Kostadinoooooov!" D’un long râle, Thierry Rolland commente le but de la Bulgarie, après un contre de 100 mètres, à la dernière seconde qui prive les Bleus de la Coupe du monde 1994. Là aussi, le scénario était particulièrement bien écrit: un "exocet" (on a au moins appris un mot), selon Gérard Houllier, de David Ginola, une frappe chirurgicale de Kostadinov… Le tout venant après une défaite à domicile face à Israël (2-3) alors qu’un nul envoyait là aussi les Bleus aux Etats-Unis. Plus dur encore à encaisser: la même Bulgarie atteindra les demies du Mondial 94. La génération Cantona-JPP a laissé filer son grand moment en équipe de France.

>> On sait (presque) tout de la nuit de Neymar, le héros de Barça-PSG

3 - Knysna (Coupe du monde 2010)

Etre humiliés sans avoir joué. C’est le sentiment ressenti par les supporters français quand ils ne voient pas les Bleus descendre de leur bus pour la séance d’entraînement publique prévue à Knysna. En pleine Coupe du monde, les Bleus font grève! Ils protestent contre l’exclusion de Nicolas Anelka qui aurait insulté Raymond Domenech à la mi-temps du match perdu face au Mexique (2-0). La suite ressemble à un très mauvais vaudeville. Le préparateur physique balance son sifflet de rage, le sélectionneur accepte de lire le communiqué des joueurs, le directeur délégué des Bleus démissionne en direct. La suite? Pas mieux. Patrice Evra se livre à une chasse à la taupe en conférence de presse et les Bleus s’inclinent face à l’Afrique du Sud (3-1) en dernier match de poules puis quittent le Mondial avec un sentiment de honte qui mettra de longs mois à s’effacer chez leurs supporters.

4 - France-Sénégal 0-1 (Coupe du monde 2002)

Championne du monde 1998, championne d’Europe 2000, l’équipe de France doit tout écraser au Mondial 2002. Les Bleus se présentent avec le meilleur buteur de la Premier League (Thierry Henry), le meilleur buteur de Serie A (David Trezeguet) et le meilleur buteur de D1 (Djibril Cissé). Le match d’ouverture face au Sénégal doit servir de rampe de lancement. Il tourne au cauchemar après un but de Bouba Diop. La fin de règne de cette génération devient assez moche. En Corée du Sud, les Bleus n’ont plus faim et quittent la compétition sans avoir inscrit le moindre but. 

5 - Chypre-France 1-1 (1988, éliminatoires de la Coupe du monde 1990)

Fin des années 80, Chypre ne compte pas encore que des professionnels dans ses rangs. Le piège suffira tout de même à faire tomber les Bleus, et surtout leur sélectionneur, Henri Michel. En coulisses, le climat est tendu. Eric Cantona est suspendu pour sa citation du grand auteur, Mickey Rourke (les Oscars, le sac à merde, tout ça, tout ça…) et la candidature de Michel Platini est poussée pour prendre la succession. Tout s’écroule pour Michel quand Chypre arrache le nul en fin de match. Henri Michel sera débarqué après cette contre-performance, laissant sa place à Michel Platini.

6 - PSG-Juventus 1-6 (1997, Supercoupe d’Europe)

Quelques mois plus tôt, le PSG remporte la Coupe des Coupes en 1996. Il doit défier la Juve en Supercoupe d’Europe. La rencontre aller doit se dérouler en janvier 1997. Avant cette échéance, Paris effectue un stage à la Réunion et à l’île Maurice. Le retour dans le froid parisien est terrible. Au Parc, le PSG encaisse un 6-1 face aux coéquipiers de Didier Deschamps. "Honnêtement, on a pris ce match comme une rencontre amicale, pas assez sérieux", reconnaîtra Patrice Loko dans So Foot. Le retour ne sera guère plus heureux avec une défaite 3-1 à Turin.

7 - Sparta Prague-OM 2-1 (1992, Huitième de finale retour de C1)

"A jamais les premiers", ça part de 1993. Mais ce qui avait précédé la victoire de l’OM en Ligue des champions était moins glorieux. Finaliste de la C1 en 1991, Marseille voit ses ambitions réduites à néant en 1992 dès les 8es de finale avec une défaite au Sparta Prague (2-1) malgré le but de d’Abedi Pelé. La victoire en 1993 n’en aura que plus de saveur.

>> Barça-PSG: Mathieu assume son doigt d'honneur et dénonce "le manque d'humilité" de Kurzawa et Rabiot

8 - APOEL Nicosie-OL 1-0 (2012, Huitième de finale retour de Ligue des champions)

Affronter un club chypriote en 8e de finale de Ligue des champions est normalement un cadeau pour l’OL. Mais le court avantage pris à l’aller (1-0) ne suffira pas à résister à la furie de l’APOEL porté par 20 000 supporters bruyants. Le but de Manduca (9e) envoie les deux équipes en prolongation puis aux tirs au but. Et les penalties, ça ne réussit pas aux Lyonnais en Ligue des champions. Après le quart perdu en 2005 face au PSV Eindhoven dans cet exercice, cette séance tourne également mal pour l’OL.

9 - La Corogne-PSG 4-3 (2001, Phase de groupe)

Le PSG encore du mauvais côté de la remontada. En phase de poule de la Ligue des champions, le PSG pense tenir un succès probant à La Corogne en menant 3-0 avec des buts d’Okocha (29e) et un doublé de Laurent Leroy (43e, 55e). La menace d’un retour apparaît avec les buts de Pandiani (57e) et Tristan (60e). Luis Fernandez choisit alors de jouer la défense (ça ne vous rappelle rien?) en sortant Benarbia pour Rabesandratana (62e) puis Okocha pour Yanovski (74e). Tactique perdante, le Depor l’emportant avec un triplé de Walter Pandiani (76e, 84e).

10 - Parme-Bordeaux 6-0 (1999, Quart de finale de la Coupe UEFA)

A la lutte pour le titre de champion de France avec l’OM, Bordeaux poursuit en parallèle un parcours européen ambitieux. En quarts de la Coupe UEFA, les Girondins se déplacent à Parme (un grand club italien à l’époque pour les plus jeunes d’entre vous) pour le quart retour après une victoire à l’aller (2-1, buts de Micoud et Wiltord). Le retour tourne au cauchemar avec un 6-0 infligé par les Crespo et Chiesa. Bordeaux perd la tête à l’image de Saveljic s’emparant de la balle à pleine mains dans la surface, pensant avoir entendu un sifflet, sur le dernier but parmesan (Balbo sur penalty). Quelques semaines plus tard, les coéquipiers de Lilian Thuram et Alain Boghossian remporteront la C3 en dominant l’OM (3-0) en finale.

Mathieu Idiart