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Bayern-PSG: à Munich, le FC Hollywood refait des siennes

Si tout roule pour le Bayern Munich sur le terrain depuis plus d'un an et demi, un conflit oppose depuis plusieurs mois Hansi Flick et Hasan Salihamidzic. Entre l'entraîneur et le directeur sportif, les dissensions sont importantes. Le premier n'a pas hésité dernièrement à affirmer son autorité sur l'aspect sportif.

Le Bayern Munich est un club habitué aux conflits internes. Les histoires de stars qui en viennent aux mains aux entraînements ne manquent pas. De la bagarre entre Kingsley Coman et Robert Lewandowski en 2019 à celle entre Jérôme Boateng et Leon Goretzka en 2020, en passant par l'affrontement Franck Ribéry-Arjen Robben en 2012, rien de bien inhabituel au Bayern.

Un statut qui vaut au club de Munich le surnom de "FC Hollywood" depuis le milieu des années 1990. Mais à l'époque, le Bayern ne dominait pas outrageusement le football allemand. Octuple tenant du titre en Bundesliga aujourd'hui, le club bavarois enchaîne depuis un an et demi les performances exceptionnelles, avec une victoire en Ligue des champions en août dernier.

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Le Flick de Beverly Hills

Si tout va bien à Munich quand il s'agit de rectangle vert et de ballon rond, rien d'étonnant cependant de constater que des conflits couvent en interne. Les acteurs de ce nouveau blockbuster du FC Hollywood? Hansi Flick, l'entraîneur à succès du Bayern depuis novembre 2019, et Hasan Salihamidzic, directeur sportif du club depuis plusieurs années maintenant.

Entre les deux hommes, le torchon brûle. À tel point que mi-mars, Flick n'a pas su retenir une saillie lancée à Salihamidzic dans le bus du club, devant tous les joueurs de l'effectif. "Maintenant, tu vas fermer ta gueule", a lancé l'entraîneur au directeur sportif, selon des propos relayés par Bild.

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Le recrutement au centre des tensions

Depuis, Flick s'est bien excusé. "La situation au club est tranquille. (...) Je ne cherche pas d'excuses, une phrase m'a échappé, je n'en suis pas fier, je n'aurais pas dû. J'en suis désolé. Nous en avons parlé, c'est oublié", a affirmé l'entraîneur du Bayern en conférence de presse le 19 mars dernier. Mais en réalité, les luttes d'influence entre les deux hommes se poursuivent en coulisses. Avec pour sujet de conflit principal la politique de recrutement du club. Marc Roca et Bouna Sarr font les frais de ces dissensions. Les deux joueurs, arrivés au Bayern l'été dernier sous l'impulsion de Salihamidzic, ne sont que très rarement alignés par Flick.

Alexander Nübel, le prometteur gardien allemand de 24 ans, illustre ces désaccords. Arrivé en provenance de Schalke 04, voulu par Salihamidzic, le portier avait obtenu du directeur sportif bosnien l'assurance de participer à une dizaine de matchs cette saison. Finalement, Nübel n'en a joué que trois depuis septembre. "Je ne sais pas ce qui a été convenu avec Alex et ça m'est égal. Au niveau du onze de départ, c'est toujours moi qui aurait le dernier mot", a assuré Flick, comme pour réaffirmer sa mainmise sur l'aspect sportif du club.

L'avenir de Jerome Boateng est également au centre des tensions. Lundi, Kicker a annoncé le départ en fin de saison du Bayern du défenseur central à l'issue de son contrat, selon le souhait de Salihamidzic. Et contre celui de Flick. "Je ne sais pas comment les médias savent ça. Il a fait une très bonne saison. (...) Je ne veux plus commenter cette question", a commenté, agacé, Flick en conférence de presse d'avant-match mardi.

La C1 comme calumet de la paix?

Si tout bouge en coulisses, le Bayern ne ressent pas de secousses sur la pelouse. Le club bavarois semble bien parti pour remporter un neuvième titre consécutif en Bundesliga après sa victoire face à Leipzig le week-end dernier. Et Karl-Heinz Rummenigge a tenu à désamorcer ces conflits dans un entretien accordé au Welt am Sonntag mi-mars, en faisant un léger parallèle avec ce qu'il s'est passé en Grande-Bretagne: "Nous ne souhaitons pas que cette affaire de famille s'envenime. Nous devons veiller à ce que la situation ne devienne pas pire que celle qui concerne la famille royale d'Angleterre."

Dans ce type de conflits, les victoires sur le terrain ont cela de beau qu'elles permettent d'apaiser tout le monde. À Lisbonne, l'été dernier, Flick et Salihamidzic avaient fêté la victoire en C1 en se jetant dans les bras l'un de l'autre. La route vers une réconciliation semble encore longue et passera par une qualification contre le PSG en quarts de finale. À moins que les désaccords ne soient trop importants, ce qui pourrait provoquer un départ de Flick à l'issue de la saison. L'entraîneur du Bayern, sous contrat jusqu'en 2023, a été plusieurs fois cités parmi les prétendants à la succession de Joachim Löw à la tête de la sélection allemande.

DM