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Coronavirus: un dirigeant italien redoute "une bombe biologique" après Rennes-Krasnodar

Walter Ricciardi, conseiller du ministre de la Santé italien, a fait part de ses inquiétudes au sujet du match de Ligue des champions entre Rennes et Krasnodar (1-1) qui s'est joué devant 5.000 personnes en tribunes, en pleine épidémie de coronavirus.

Même s'il était loin d'être plein, le Roazhon Park était bouillant mardi soir. Pour ses grands débuts en Ligue des champions, le Stade Rennais a été poussé à domicile par 5.000 spectateurs face aux Russes de Krasnodar (1-1), sur les 29.000 places que compte le stade.

Une situation permise par la préfecture d'Ille-et-Vilaine, qui a fait passer la jauge de 1.000 à 5.000 personnes pour tous les rassemblements assis du département, avec un siège de distanciation entre groupes de six personnes maximum pour limiter toute propagation du coronavirus.

Si les joueurs de Julien Stéphan ont apprécié de renouer avec la ferveur de leurs fans, cette ambiance n'a pas plu à tout le monde. En Italie, Walter Ricciardi, conseiller du ministre de la Santé, Roberto Speranza, a fait part de ses inquiétudes après la tenue de cette rencontre dans ce contexte.

"Les autorités sportives doivent s'adapter: Rennes a joué avec un stade ouvert (aux spectateurs), cela pourrait être une bombe biologique pour la ville, on espère que ce ne sera pas aussi létal qu'Atalanta-Valence", a-t-il déclaré auprès de la radio Punto Nuovo, dans des propos rapportés par le Corriere dello Sport. Pour rappel, le match de Ligue des champions entre l'Atalanta Bergame et Valence, disputé le 19 février à Milan devant plus de 45.000 spectateurs, avait été considéré par des spécialistes comme un possible accélérateur du nombre de cas de coronavirus en Lombardie.

Holveck ne craint pas un "cluster"

Pour des responsables sanitaires et les autorités locales, ce match avait pu contribuer à la gravité de la situation dans le nord de l'Italie. "Je pense que le match du 19 février a joué un rôle important. Un tiers de la population de Bergame s'est concentrée dans un stade et a fait la fête. Ce n'est pas un hasard si Bergame est la zone la plus touchée et ça n'est pas un hasard si les Valenciens qui sont passés de l'Italie à l'Espagne ont fait office de transmetteurs dans leur pays", avait commenté Walter Ricciardi, également représentant de l'Italie à l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Avant le match de Rennes contre Krasnodar, le président du club breton Nicolas Holveck avait de son côté voulu rassurer dans les colonnes de Ouest-France: "Personne mieux qu’un club de foot ne peut tracer les gens qui viennent au stade. On sait exactement qui est assis à quelle place, et qui est assis autour de lui. (…) Les gens vont à leur place, ils ne touchent rien puisque c’est nous qui pulvérisons le gel hydroalcoolique. Le port du masque est obligatoire, on est à ciel ouvert. À la fin du match, on les fait sortir par bloc. Il y a un seul flux sortant, pas de croisement. Je reste convaincu qu’un stade n’est pas du tout propice à un cluster." 

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RR