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Dortmund-PSG: pourquoi les clubs allemands sont aussi fans des jeunes Français

MISSION DORTMUND. Le 8e de finale de Ligue des champions entre le PSG et le Borussia Dortmund (en direct et en exclusivité sur RMC Sport) donnera lieu à une belle opposition entre les protégés de Thomas Tuchel et Lucien Favre. En Allemagne, les jeunes Français suscitent beaucoup d'intérêt.

Le PSG défiera le Borussia Dortmund dans son antre le 18 février, lors du match aller des huitièmes de finale de Ligue des champions (en direct dès 21h sur RMC Sport 1). Et le club allemand pourrait bien s’appuyer sur un ancien Titi parisien, Dan-Axel Zagadou, pour mettre en difficulté les protégés de Thomas Tuchel. 

A l’image du défenseur du BVB, de nombreux jeunes joueurs français séduisent les équipes de Bundesliga et franchissent le Rhin pour éclore au haut-niveau.

Et cela pourrait encore se poursuivre à l'avenir, comme pour Tanguy Kouassi. L'espoir de 17 ans songerait à signer son premier contrat pro à Leipzig plutôt qu’avec son club formateur… le PSG. Selon les rumeurs parues dans la presse française, l’OL devrait également gérer une situation similaire avec Yaya Soumaré, libre en juin prochain et courtisé par le Bayern Munich. La fuite des jeunes talents tricolores outre-Rhin s’est généralisée depuis plusieurs années.

>> Dortmund-PSG c'est à suivre sur RMC Sport

Des joueurs qui s’adaptent bien

Lors de la saison 2012-13, seuls trois joueurs français évoluaient en Bundesliga. Franck Ribéry, Jonathan Schmid et Matthieu Delpierre constituaient l’intégralité du contingent tricolore en première division allemande.

Depuis, de nombreux espoirs leur ont emboîté le pas comme Kingsley Coman, Dan-Axel Zagadou, Dayot Upamecano, Ibrahima Konaté, Nordi Mukiele ou encore Michaël Cuisance et Mamadou Doucouré. Au total, 28 Français évoluent en Allemagne.

Le niveau global de la Ligue 1 a poussé les clubs d’outre-Rhin à s’y intéresser puis à se pencher en masse sur le recrutement des jeunes français.

Si le championnat d’Allemagne possède un avantage au niveau tactique, les joueurs venus de France semblent apporter un vrai plus dans la densité physique. "Les joueurs français de Ligue 1 mais aussi de Ligue 2 sont très robustes et très bien entraînés, expliquait en début de saison Rouven Schröder, directeur sportif de Mayence, pour le site internet de la Bundesliga. Ils ont une bonne mentalité et un certain dynamisme. Ils s’adaptent bien au football allemand."

Un grand nombre de joueurs disponibles

Avec vingt clubs professionnels en Ligue 1 et autant en Ligue 2, le football français regorge de jeunes joueurs prometteurs. Et faute de réussir à percer en équipe première, ces espoirs se mettent à rêver d’une éclosion à l’étranger. Faute de convaincre la Premier League ou la Liga de miser sur eux, les jeunes pépites tricolores se laissent convaincre par la Bundesliga.

Jordi Mukiele et Christopher Nkunku
Jordi Mukiele et Christopher Nkunku © Icon Sport

Pays de formation par excellence, la France exporte bien ses talents en Europe selon le CIES, avec par exemple 30 joueurs passés par l’OL, 23 au PSG et 22 à Monaco évoluant dans l’un des cinq grands championnats. Avec un tel volume de joueurs formés, difficile de voir la Bundesliga échapper à l’afflux de joueurs tricolores. Les clubs allemands ont décidé de tirer profit de cette situation en ciblant des joueurs à gros potentiel et repérés dans les équipes de jeunes des clubs de L1.

"En Allemagne, on est vraiment très impressionnés par les jeunes joueurs français, racontait début 2019 Max Bielefield, journaliste à Sky Allemagne, auprès de RMC Sport. Il y a tellement de talents, et ça c’est vraiment très rare. Le nombre de joueurs qu’il y a en France, c’est incroyable, on est vraiment impressionné par ça."

Des jolis coups sur le mercato

Pour convaincre les jeunes tricolores de rejoindre la Bundesliga, les clubs allemands n’hésitent pas à leur offrir des conditions salariales supérieures à celles promises en Ligue 1. Selon les chiffres évoqués par la presse, Tanguy Kouassi aurait ainsi reçu une offre de Leipzig accompagnée d’une prime à la signature estimée à quatre millions d’euros. Fort d’une belle santé et stabilité financière, les équipes allemandes possèdent des arguments de poids lors des négociations. Mais le recrutement des espoirs tricolores traduit aussi la réalité du mercato. 

Souvent obligés de vendre pour équilibrer leurs comptes, les clubs de Ligue 1 acceptent de céder leurs joueurs prometteurs en cas de belles offres. Dernier exemple en date, l’OL a accepté de céder Lucas Tousart au Hertha Berlin, 14e de Bundesliga, pour 25,75 millions d'euros. Et si la mode des joueurs français séduit tant en Allemagne, c’est aussi parce que cela représente une solution pour faire baisser la masse salariale. Un jeune français prometteur coûte moins cher qu’un joueur confirmé du championnat allemand. Surtout avec une belle plus-value potentielle à la clé.

Dayot Upamecano, le prochain gros coup du mercato anglais ?
Dayot Upamecano, le prochain gros coup du mercato anglais ? © Icon Sport

Depuis Ousmane Dembélé, acheté 15 M€ puis revendu pour 125 M€, les clubs allemands espèrent réaliser de jolis coups sur le marché des transferts grâce aux Français, comme cela a déjà été le cas pour Abdou Diallo (bénéfice de 23 M€ pour Mayence), Benjamin Pavard (bénéfice de 35 M€ pour Stuttgart). Dayot Upamecano, Marcus Thuram ou encore Alassane Pléa pourraient bientôt suivre.

Lancer des jeunes, une question de mentalité

Un dernier élément vient également expliquer l’intérêt des clubs allemands pour les jeunes français depuis quelques années. Contrairement à la Ligue 1, la Bundesliga n’hésite pas à leur donner leur chance très rapidement. Salarié de la société SBE, la quatrième plus grosse agence dans le football de l’autre côté de la frontière, Sékou Kaba y voit une volonté de mettre en lumière les joueurs de talent, quel que soit leur âge.

"Beaucoup de clubs français ont peur de lancer des jeunes, ils misent plus sur la gagne et l’expérience. Ce n’est pas la politique du football allemand, analysait Sékou Kaba pour RMC Sport courant 2019. En France, on a un problème de confiance qui ralentit la croissance du joueur."

Marcus Thuram se plaît en Bundesliga
Marcus Thuram se plaît en Bundesliga © Icon Sport

Avec un championnat allemand plus spectaculaire que la Ligue 1, la vitrine potentielle pour ces jeunes Français est également plus grande. En apportant du professionnalisme, de la rigueur et du temps de jeu à des espoirs tricolores prometteurs, les clubs allemands espèrent en faire les futurs talents de demain. Et pour le moment, cela fonctionne plutôt bien pour les équipes de Bundesliga ainsi que pour les joueurs exilés.

>> L'intégralité de la Ligue des champions c'est sur RMC Sport

Jean-Guy Lebreton