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"En Ligue des champions, on ne défend pas en marchant", Moutier taille l'état d'esprit au PSG

Ancien directeur sportif du PSG (1991-1998), Jean-Michel Moutier livre son analyse pour RMC Sport sur la défaite parisienne mardi face au Borussia Dortmund (2-1) en huitième de finale aller de la Ligue des champions. Il pointe du doigt un état d'esprit défaillant et un manque d'unité au sein du club de la capitale.

Un état d’esprit défaillant et un changement de système "surprenant"

"Le PSG a déçu, mais le résultat est assez intéressant. Ce qui m’a surtout surpris, c’est l’état d’esprit des joueurs. En Ligue des champions, on ne défend pas en marchant, on ne recule pas, on ne laisse pas autant d’opportunités à l’adversaire. On parle des choix de Thomas Tuchel, mais avant tout, on n’a pas senti une équipe qui avait envie de franchir un cap. On doit normalement faire l’union sacrée pour un tel match. On avait le sentiment que même s’il y avait les meilleurs musiciens, la moitié jouait La Madelon et l’autre moitié La Marseillaise. Ça ne pouvait pas marcher dans ces conditions. Le schéma tactique aurait pu être bon, même s’il est étonnant de voir qu'il y a des essais pour un match de Ligue des champions. L’équipe joue d’une certaine façon depuis deux ans et il change de système pour le premier match le plus important de la saison. C’est plus que surprenant."

Les joueurs pas les seuls fautifs

"Quand je vois Thomas Meunier dire qu’il ne savait pas qu’il était sous le coup d’une suspension, je crois que les dirigeants ont aussi leur part de responsabilités. Ce n’est pas le tout d’aller fanfaronner et dire que c’est la faute de la presse si on ne met pas tous les éléments de son côté."

Les critiques de Neymar sur la gestion de sa blessure

"C’est facile de parler après. Quand on passe au travers, on trouve toujours de bonnes excuses. Si Neymar avait vraiment dit à ses dirigeants qu’il voulait jouer au moins une mi-temps pour garder le rythme, l’entraîneur aurait compris. Ce sont des joueurs de cette trempe qui apportent le plus, donc on les écoute peut-être un peu plus que les autres. On ne fait plus rien si on a peur de tout. Si ça vient de Leonardo ou des Qataris, c’est de l’ingérence. Il faut que les postes soient bien déterminés. Dans son intervention contre la presse, Leonardo n’a d’ailleurs pas eu un mot pour Tuchel. Ça m’a surpris. C’est la preuve qu’il n’y a peut-être pas une entente si parfaite que ça."

"On ne sent pas une unité parfaite"

"On sent par moments une équipe, mais on ne sent pas un club, ni une unité parfaite. Quand on voit le frère de Presnel Kimpembe ramener sa fraise sur les réseaux sociaux… Il faut que les leaders prennent le taureau par les cornes, qu’ils se disent les choses ensemble. Je me souviens d’Artur Jorge, qui arrivait dans son management à se mettre tout le groupe contre lui pour que le groupe réagisse en même temps contre lui. Il n’y a pas assez de joueurs issus de l’institution aujourd'hui. C’est dommage de ne pas faire plus confiance aux jeunes formés au club. Je pense que Kingsley Coman et Adrien Rabiot avaient l’amour du maillot. On aurait dû leur faire plus confiance pour qu’ils soient les garants du maillot au sein du club."

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Comment aborder le match retour

"Je n’arrive pas à comprendre s’ils ont peur. Ils sont peut-être aussi trop sûrs d’eux. Ils pensaient peut-être qu’ils allaient passer contre Dortmund sans faire les efforts qu’il fallait faire. Le résultat est pourtant bon. Il vaut mieux perdre 2-1 que 1-0 à l’extérieur. Il faudra bien préparer ce match retour, avec une concentration extrême, mais sans mettre une pression sur les joueurs. Ce genre de match se joue sur des détails. Il faut une unité sacrée."

RR avec Anthony Rech