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Lacazette-Beauvue: et si on arrêtait de se mentir ?

Beauvue et Lacazette

Beauvue et Lacazette - AFP

Hier soir dans les travées de Gerland, la presse en a pris pour son grade, accusée d’avoir déformé les propos et donc les entretiens parus le jour même de Lacazette et Beauvue. Une tactique de diversion pas très classe quand les résultats laissent à désirer. La parole est à la défense.

Ah ! ces méchants journalistes… Ces types pas fiables qui croient tout savoir et qui déforment vos propos. Ces footeux frustrés qui bidonnent la vérité pour « faire un coup » ou « se payer une star ». Depuis que le football a été aspiré par le tourbillon médiatique, on connait la rengaine. Ne pas assumer ses paroles, faire porter le chapeau et se retrancher derrière la supposée malhonnêteté des médias est devenu un sport national pour certains clients prêts à tout pour sauver leur peau, quand la langue fourche ou les dires dépassent la pensée.

Si comme dans n’importe quelle corporation, de vilains petits canards n’honorent pas leur noble métier et ne font pas toujours le job avec intégrité et méthode, la ficelle est devenue tellement grosse qu’elle a fini par en étrangler l’effet escompté.

Au bal des hypocrites

Hier ainsi, après Lyon-Valence, on a donc eu droit au bal des hypocrites dignes de l’Actor’s Studio dans les travées de Gerland. C’est d’abord Jean-Michel Aulas qui a tenu à « démonter » l’entretien à charge pour les dirigeants lyonnais, paru le matin même dans les colonnes de L’Equipe, d’Alexandre Lacazette par Vincent Duluc, journaliste dont l’excellente réputation et la probité ne sont plus à démontrer.

« Ce qui m’a troublé, c’est le fait qu’Alexandre et son agent démentent avoir tenu dans cet ordre-là de tels propos, lâchait le président des Gones. Je trouve assez scandaleux qu’on fasse la une, de dire Aulas m’a blessé. Alexandre n’a jamais dit ça. Quand je reçois un démenti formel de la part de l’agent qui engage un certain nombre de poursuites sur l’auteur, je me dis qu’il ne faut effectivement pas non plus en faire un plat. » Certes, mais le mal est fait et la manipulation des masses est en marche.

Beauvue botte en touche

Quelques instants plus tard, c’est Claudio Beauvue qui tenait à son tour à nuancer ses propos également « cash » parus le matin même, mais cette fois-ci dans les colonnes d’Ouest-France. Ouest-France, le premier quotidien régional de France pas franchement réputé pour ses contre-vérités ou son sens du sensationnalisme.

Et de balancer : « Je pense qu’avec ce confrère, il y a vraiment eu une incompréhension. C’est le rôle des médias de reprendre ce que disent les joueurs, ou peut-être parfois, surtout, de nous titiller ou de chercher la petite bête. Après voilà, je sais comment je suis, les collègues de Lyon savent comment je suis. Je n’ai rien à prouver, rien à dire de plus là-dessus. J’ai dit ce qui était à préciser. » Quitte à faire passer son vis-à-vis pour une crapule sans foi ni loi…

Faire face et assumer

Surfer sur la médiatisation, profiter des spotlights et des plateaux de télé, encaisser un salaire revu à la hausse parfois par la bonne grâce des retombées des droits télé et de l’exposition médiatique, c’est bien beau. Mais arrêter de slalomer en zone mixte et de botter en touche, cesser de faire passer des vessies pour des lanternes, faire face et assumer surtout ce que l’on dit, sont d’autres qualités que le monde du foot serait bien inspiré de définitivement adopter. Auquel cas ce sport restera toujours un jeu d'enfants.

G.Mathieu