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Ligue des champions: on a revu le match aller entre l'OL et la Juve

Cinq mois après sa victoire aller au Groupama Stadium (1-0), l’OL ira défier la Juventus vendredi soir en huitième de finale retour de Ligue des champions (21h, sur RMC Sport). Si l’on se souvient du but de Lucas Tousart et de la combativité lyonnaise, il s’était passé bien d’autres choses le 26 février dernier. Piqûre de rappel.

LE MATCH

L’OL aurait pu doubler la mise en première période

On ne peut pas dire que Lyon ait attaqué le match aller tambour battant. Pendant un quart d’heure, les hommes de Rudi Garcia ont vu la Juventus confisquer le ballon, et s’en débarrassaient de manière assez stéréotypée – des longues passes vers Dembélé et Toko Ekambi – quand ils le récupéraient. Mais l’OL a ensuite su beaucoup mieux l’exploiter. Sans franchement s’installer dans le camp de la Juventus, c’est bien lui qui s’est procuré les premières vraies occasions, comme lorsque Toko Ekambi a propulsé une belle tête décroisée sur la barre transversale de Szczesny (21e).

L’ouverture du score de Tousart quelques minutes plus tard (1-0, 31e), après un super travail d’Aouar sur le côté gauche, a logiquement récompensé ce réveil rhodanien. Même si, sur l’action en question, la Juve évoluait à dix puisque son défenseur Matthijs de Ligt était en train de se faire soigner sur la touche.

Les Turinois douchés, l’OL aurait ensuite pu doubler la mise avant la pause par l’intermédiaire de "KTE", mais le Camerounais a conclu deux actions dangereuses pas deux frappes non cadrées (41e, 44e). Si la Juventus affichait 56% de possession à la pause, on enregistrait dix tirs à quatre pour l’OL.

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Une fin de match asphyxiante

Jusqu’à la 55e minute de jeu environ, Lyon a continué à faire jeu égal avec la formation de Maurizio Sarri, se procurant même un corner intéressant au retour des vestiaires. Mais les jambes ont commencé à devenir lourdes, les pertes de balle de plus en plus nombreuses (et rapides), et l’OL s’est mis à subir. De manière mesurée dans un premier temps, jusqu’à ce que l’entrée d’Higuain (70e) et surtout les sorties coup sur coup des latéraux Dubois et Cornet (78e, 80e) ne marquent le début du calvaire rhodanien.

Acculé, l’OL a vu en l’espace de quelques minutes le VAR examiner une poussette de Denayer sur Ronaldo dans la surface (84e), Higuain manquer le cadre de quelques centimètres sur un centre de Dybala (85e), et ce même Dybala se voir refuser un but pour un hors-jeu, réel mais léger (87e).

La fin des problèmes? Pas encore. Deux minutes plus tard, la Juventus a de nouveau réclamé un penalty lorsque la "Joya" s’est écroulée sur la ligne des six mètres après un accrochage avec Guimaraes (89e). Si l’Argentin s’est clairement laissé tomber, le Brésilien lui avait tout de même empoigné le maillot à pleine main au niveau du torse… un geste, heureusement pour les Lyonnais, que l’arbitre n’a pas voulu sanctionner.

L’OL, sans avoir usurpé son succès, a donc vu certains faits de jeu tourner en sa faveur. Il a aussi profité d’une inhabituelle maladresse de la Juventus, incapable de cadrer le moindre tir (sur 14 tentatives) en 90 minutes. Pour le reste, les statistiques sont plutôt turinoises, comme les 64% de possession finale, les 34 centres à 17, ou les 543 passes réussies contre 275. Mais le football n’est pas qu’une affaire de chiffres…

>>> Le direct du match aller

CE QU’IL FAUT RETENIR DE L’OL

Un trio de milieux étincelant (pendant une heure)

Rudi Garcia avait opté pour un système en 3-5-2 à l’aller (ou 5-3-2, c’est selon), qui a globalement bien fonctionné. Parce que Maxwel Cornet dans le couloir gauche, et Léo Dubois dans le couloir droit, ont abattu un gros travail, en bloquant les montées des latéraux adverses tout en soulageant la défense axiale Marçal-Marcelo-Denayer quand il le fallait, parce que Marcelo, justement, a su apporter une certaine sérénité (oui oui) à ce trio, mais surtout parce que les trois milieux Lucas Tousart, Bruno Guimaraes et Houssem Aouar ont remporté la bataille de l’entrejeu. Du moins pendant une heure.

La performance de Guimaraes avait été unanimement saluée à chaud, d’autant que le Brésilien ne disputait que son deuxième match sous le maillot des Gones, et découvrait la C1. Il est vrai que sa prestation, en pointe basse du trio, a été très satisfaisante. Présent dans les duels, auteur de quelques interceptions importantes (quatre, exactement), il avait également été adroit dans la relance (96,4% de passes réussies dans le camp de la Juve). Mais ses deux compères ont été tout aussi précieux.

Tousart, positionné un cran plus haut, plutôt sur la droite, n’a cessé de harceler le porteur de balle adverse pour peu qu’il se trouve dans son secteur, pour gêner les transmissions. Si Cristiano Ronaldo n’a eu que peu de ballons à se mettre sous la dent, c’est en grande partie à cause (grâce) de lui. Accessoirement, le nouveau joueur du Hertha Berlin a aussi marqué le but de la victoire, reprenant du plat du pied un centre… d’Aouar.

En l’absence de Depay, l’international Espoirs a été la caution technique de l’OL. A chaque fois ou presque, le danger est venu de lui, après une projection dans le bon tempo, un duel gagné (il a enrhumé Bentancur sur le but), ou sur un coup de pied arrêté. Comme ses camarades, il a toutefois été moins en vue quand la Juve s’est réveillée dans la dernière demi-heure.

>>> Les notes du match aller

Un physique un peu juste

Quand la Juve s’est réveillée, ou plutôt… quand l’OL s’est affaissé, puisque l’ascendant pris par les Turinois en fin de partie correspond au déclin physique des Lyonnais. Dès le début de la seconde période, certains joueurs ont commencé à montrer des signes de fatigue. Toko-Ekambi (sorti carbonisé à la 66e) et Dembélé ont soudainement eu plus de mal à multiplier les courses et à revenir quand il le fallait. Et Dubois, qui revenait juste de blessure, a lui aussi peiné à conserver son rythme du début de match.

Cela s’explique évidemment par le gros pressing effectué durant le premier acte (l’OL a parcouru au total 118 km, contre 112 pour la Juve), mais il y avait tout de même cette impression de réservoir plus grand chez les Turinois. L’absence de Memphis Depay a également pesé sur ce point. Ce n’est pas que le Néerlandais soit le plus gros coureur de l’OL, mais il sait tenir le ballon, et offrir aux siens des respirations. Ce que n’est plus parvenu à faire Lyon après la 60e.

Marçal en maillon faible

Si jamais Maurizio Sarri a demandé à ses hommes d’insister sur un Lyonnais avant le retour, il se pourrait bien que celui-ci se nomme Fernando Marçal. Coupable d’un ballon perdu dès le début de match, puis d’une faute aussi dangereuse qu’évitable sur Ronaldo, le défenseur brésilien a paru bien moins serein que ses partenaires. Cela n’a fait qu’empirer en fin de match, lorsqu’il a dû remplacer Cornet à gauche, Andersen prenant lui position dans l’axe.

Il a laissé Danilo délivrer un centre dangereux, s’est facilement fait enrhumer par Dybala sur la grosse occasion d’Higuain, et c’est encore lui qui avait oublié Dybala sur le but refusé. Et non, il ne jouait pas le hors-jeu sur l’action en question… Sans être catastrophique, l’ancien Guingampais n’a pas été au niveau de ses partenaires, ni à la hauteur du rendez-vous.

CE QU’IL FAUT RETENIR DE LA JUVE

Rabiot, Pjanic et Bentancur en mode fantômes

Si le milieu de l’OL a brillé, il est évident que celui de la Juventus, dans un 4-3-3, a souffert. Et c’est un euphémisme. Miralem Pjanic, qui devait organiser le jeu turinois (bien que dans une position assez basse), a touché beaucoup moins de ballons que d’ordinaire, notamment parce que Toko et Dembélé ont empêché les défenseurs de lui transmettre la gonfle. A peine remis d’une blessure à un adducteur, il avait aussi peiné sur le plan physique, et a d’ailleurs été remplacé à l’heure de jeu par Ramsey.

Adrien Rabiot (en forme ces dernières semaines) était lui dans un soir où il n’avait pas spécialement envie de courir, et Rodrigo Bentancur, sans s’illustrer à la récupération, s’est en plus retrouvé dans tous les mauvais coups, à savoir la tête sur la barre de Toko (il était au marquage) et l’ouverture du score, où il a perdu son duel face à Aouar.

Un étonnant déchet technique

Sur un plan purement technique, la Juve a vécu le 26 février un jour sans. Un vrai de vrai. Outre cette statistique de 0 frappe cadrée sur 14 tentatives, elle a mal exploité ses coups de pied arrêtés (Ronaldo comme Pjanic), et a manqué… une centaine de passes. Même la fin de match, alors qu’elle dominait les débats, a offert de sacrés ratés, à l’image d’une passe aucunement dosée d’Alex Sandro ou d’un décalage imprécis de Dybala pour Higuain.

La bonne nouvelle pour Lyon, c’est que même une équipe de ce calibre peut multiplier les erreurs grossières dans un même match. La mauvaise, c’est qu’il est assez peu probable que cela se produise deux fois de suite lors d’une seule confrontation.

Un Ronaldo pas si invisible

L’inconvénient à s’appeler Cristiano Ronaldo, c’est qu’un match sans marquer de but peut vite être considéré comme manqué. Mais le quintuple Ballon d’or a prouvé au Groupama Stadium qu’il pouvait être dangereux sur chacun de ses rares ballons. Dès le début de match, il a failli lober Lopes d’un petit ballon piqué du gauche après avoir éliminé Tousart, et a de nouveau provoqué un frisson dans le dos du gardien portugais vingt minutes plus tard après avoir gagné son duel face à Denayer. Un Denayer, logiquement méfiant, qui a d’abord défendu en reculant face à CR7, avant de rectifier le tir.

Auteur d’une frappe enroulée non cadrée en fin de première période, Ronaldo a en outre obtenu trois coups francs intéressants, en provoquant les Lyonnais balle au pied. Jusqu’aux multiples occasions de Dybala en toute fin de rencontre, il a été le Turinois le plus dangereux, et de loin. Et l’inconvénient à jouer contre Cristiano Ronaldo, c’est qu’après un match aller sans marquer, le Portugais est généralement très déterminé…

Clément Chaillou