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Man City-PSG: le fiasco parisien en questions

Battu ce mardi soir à Manchester City (1-0) en quarts de finale retour de la Ligue des champions, le PSG n’a pas su renverser le score du match aller (2-2) et échoue pour la quatrième fois de suite à une marche du dernier carré. Une énorme déception qui pourrait avoir des conséquences.

Laurent Blanc a-t-il réussi son pari tactique ?

NON. Habitué à son traditionnel 4-3-3 avec le PSG, Laurent Blanc avait opté pour un choix tactique différent à l’aune des absences de Marco Verratti, Blaise Matuidi et David Luiz : un 3-5-2 avec un trio Marquinhos- Silva- Aurier derrière, un trident Rabiot-Motta-Di Maria au milieu et Maxwell et Van der Wiel sur les côtés pour aller provoquer la défense mancunienne et chercher les centres. Devant, le duo Ibrahimovic-Cavani était aligné. Problème… Si les joueurs du club de la capitale ont bien respecté les places attribuées, l’impression qu’ils ne savaient pas quoi en faire était palpable. Perdus, les Parisiens n’ont presque rien montré sur les 45 premières minutes, sans intensité, sans idée, sans rythme, battus dans les duels comme dans la volonté. Pas à la hauteur de l'événement, tout simplement, à l’image d’un Di Maria très attendu dans ce genre de match mais fantomatique. Bref, un choix non payant. La conséquence, aussi, d’un coach qui n’a pas su utiliser les points d’avance en championnat pour tenter des essais tactiques et habituer ses hommes à autre chose. Blanc a préféré sortir cet as de sa manche le soir du match le plus important de la saison. Trop tard.

Le PSG a-t-il joué tout le match en 3-5-2 ?

NON. Blessure de Motta et entrée de Lucas en fin de première période obligent, Laurent Blanc est revenu à son 4-3-3 juste avant la pause et pour les 45 dernières minutes. Une organisation avec Marquinhos en sentinelle, pas forcément le poste où le Brésilien est le plus à l’aise. Sur le plan global, le jeu du PSG en a ressenti du positif. Mais pas assez pour faire la différence. Devant le match horrible de Serge Aurier et dans l’obligation de marquer pour se qualifier, l’entraîneur parisien a ensuite joué sa dernière carte en remplaçant l’Ivoirien par Javier Pastore. Cela n’aura rien changé. Mais cela a permis à Marquinhos, redescendu en charnière centrale avec Thiago Silva, d’occuper un troisième poste différent dans la soirée. On avait beau critiquer le fait qu’il ne soit pas aligné à l’aller, ce n’est pas une raison pour le faire jouer partout au retour (même s'il aura été une des rares satisfactions parisiennes)…

Le PSG avait-il les moyens de se qualifier ?

OUI. Avec des « si », on mettrait Paris en bouteille. Ou en demie, pour le coup. Si Manchester City n’a pas volé son ticket pour le dernier carré, difficile de ne pas constater que le PSG n’a pas affiché le niveau dont on le sait capable. Trop timorés et en manque de réussite au Parc des Princes, les Parisiens n’ont pas su se sublimer à l’Etihad Stadium. Le coup tactique de Laurent Blanc ne les a pas aidés, certes, mais certains ont paru bien trop « en dedans » pour un match d’une telle importance. On pense à Di Maria, l’homme qui devait faire passer un cap en C1. On pense à Cavani, aux abonnés absents. On pense à Aurier, catastrophique. On pense aussi à Ibrahimovic, trop maladroit à l’aller et qui n’aura pas assez pesé au retour malgré deux coups francs dangereux et un but refusé pour hors jeu en fin de match.

Reste à savoir si l’absence de matches à enjeu ces dernières semaines en Ligue 1, où Paris est déjà champion depuis le 13 mars (et même bien avant si on ne s’arrête pas sur le « mathématiquement possible »), a joué sur cette incapacité à afficher son meilleur niveau. On a tendance à le penser. Sur ses pures capacités et la qualité de ses joueurs, le PSG a le profil d’un demi-finaliste de la Ligue des champions. Mais dans cette compétition où le droit à l’erreur est minime, rien ne sera offert au club de la capitale. La quatrième élimination consécutive en quarts – où le PSG aura finalement raté ses deux matches cette saison, collectivement comme individuellement – le confirme. S’installer dans le top 8 européen, c’est fait. Mais pour mettre Paris au sommet, il faudra un jour enlever les « si ».

Cette élimination doit-elle être une fin de cycle pour le PSG ?

OUI. Et Si Thiago Motta avait disputé son dernier match sous les couleurs du PSG ? Avec encore quelques semaines de compétition entre la Ligue 1 et les Coupes, le milieu parisien devrait revenir gambader sur la pelouse avant l’été. Mais la question en ouvre une autre, celle d’une fin de cycle à Paris. Zlatan ? En fin de contrat, l’homme qui s’amuse avec les défenses de notre championnat a laissé planer le doute sur son avenir. Avec cette élimination, on conseillerait au PSG de laisser partir celui qui disparaît si souvent dans les gros rendez-vous européens. Pour passer un nouveau cap en C1, il est temps de passer à un autre grand nom.

Neymar, Lewandowski, Cristiano Ronaldo, les envies et/ou possibilités parisiennes sont nombreuses. Et quelque chose nous dit que cela devrait bouger. D'autant que le Suédois n'est pas seul sur le départ. Entre Maxwell, Van der Wiel, Sirigu et Motta, c'est tout un chapitre qui va se refermer. Les envies ou frustrations de certains (on pense à Cavani, Marquinhos ou encore Pastore) pourraient également entrer en ligne de compte à l'heure du grand chambardement. Même Laurent Blanc, qui a pourtant prolongé son contrat jusqu’en 2018 avant le huitième de finale contre Chelsea (un choix tout de même étrange des dirigeants avec le recul), voit désormais son avenir se conjuguer au flou. Avec son pari tactique raté à Manchester, le choix d’aligner Aurier à l’aller, mais aussi son manque d’audace et de solutions de façon globale, le coach parisien sort de ce quart de finale avec un dossier chargé qui poussera certains à demander son départ. Pour le bien du PSG et de son avenir européen, et après un cycle de trois ans, c’est peut-être bien la meilleure chose à faire.

La ville de Manchester a-t-elle de la chance ?

OUI. Après Londres (Arsenal et Chelsea), Madrid (Real et Atlético) et Milan (AC et Inter), Manchester est la quatrième ville à avoir qualifié deux clubs pour les demi-finales de la C1 depuis l’instauration de la Ligue des champions en 1992. United était déjà un habitué de la chose avec sept participations au dernier carré – 1997, 1999, 2002, 2007, 2008, 2009 et 2011 – pour deux titres (1999 et 2008) et deux défaites en finale (2009 et 2011). City, lui, a transformé le premier quart de finale de son histoire en Ligue des champions en ticket pour une première demie. Et s’ils vont au bout, les joueurs de Manuel Pellegrini permettront à Manchester de devenir la deuxième ville accueillant deux vainqueurs de la Ligue des champions après Milan.

Alexandre Herbinet