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Mourinho, les philosophes et les « stupides »

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Estampillé « bétonneur », José Mourinho, manager de Chelsea, qui affronte ce mercredi soir l’Atlético de Madrid en demi-finale retour de C1, défend son système de jeu. Et fustige, les esthètes, philosophes, bref, ses détracteurs.

L’élimination du Paris Saint-Germain avait été jugée comme un chef d’œuvre tactique. Perdu pour la Ligue des champions, José Mourinho revenait des enfers et accomplissait l’impossible en battant l’armada offensive de Laurent Blanc. Tout allait pour le mieux dans le petit monde du Special One. Puis vint la demi-finale aller de Ligue des champions (0-0) face à l’Atlético Madrid la semaine dernière. Peu désireux de se faire prendre en contre à l’extérieur et souhaitant jouer sa place en finale au retour à domicile, le technicien portugais avait blindé ses lignes arrières, en leur assurant les services d’un milieu de terrain peu créatif, composé de John Obi Mikel, David Luiz, Frank Lampard et Ramires. Suffisant pour s’attirer les foudres de tout ce que le football compte d’esthètes et de puristes du beau jeu (c’est-à-dire beaucoup). Un match nul et soporifique plus tard, le « Mou » remettait le couvert en Premier League face à Liverpool, garant même « pas un, mais deux bus » devant sa défense comme le déplorait Brendan Rodgers, victime dominicale des Blues (2-0).

Auto proclamé « happy one » en début de saison, José Mourinho réendossait sa doudoune sans manche préférée, celle du méchant du film. Et comme un méchant ne s’excuse jamais (manquerait plus que ça), le voilà qui justifie ses choix défensifs. « En ce moment, le football est plein de philosophes. Des gens qui comprennent bien plus de choses que moi. Des gens qui ont de fantastiques théories et philosophies, ironise Mourinho. C’est incroyable. Mais la réalité restera toujours la réalité. Une équipe qui ne défend pas bien n’a pas beaucoup de chances de gagner. Une équipe qui ne marque pas beaucoup de buts, si elle en concède beaucoup, a un problème. Une équipe sans équilibre, n’est pas une équipe. »

« Vous êtes stupide ? »

En gros, si Mourinho a beaucoup changé d’équipe, il n’a jamais changé de méthode. On n’impose pas un football léché, on joue sur ses forces et sur les faiblesses adverses. « Je me souviens de mon premier passage ici (à Chelsea, ndlr). Si vous avez un gardien comme Petr Cech, qui peut envoyer le ballon dans la surface de réparation adverse, et un attaquant comme Didier Drogba, qui remporte tous les duels aériens, pourquoi jouer court ? Parce que vous êtes stupide ? » La question n’est pas posée aux journalistes en conférence de presse. Ils se chargeront simplement d’imprimer le message dans les esprits des collègues et néanmoins critiques du coach de Chelsea. « Si vos adversaires sont très rapides en contre-attaque et qu’ils veulent trouver des espaces derrière votre ligne défensive et que vous leur donnez cet espace, vous êtes stupide. » Conclusion, Mourinho n’attaque pas beaucoup sur le terrain. En conf’, c’est une autre histoire.

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Raphaël Cosimano