RMC Sport

OL-Juventus épinglé par un médecin: "deux semaines plus tard, une explosion des cas de coronavirus"

Un médecin lyonnais estime que le huitième de finale aller de Ligue des champions remporté par l'OL contre la Juventus, devant son public rhodanien, a constitué un accélérateur de la propagation du Covid-19 dans la région. L'Agence régionale de santé réfute toutefois ce constat, assurant n'avoir établi aucun lien entre les cas de contamination recensés et la tenue du match.

La venue des supporters turinois au Groupama Stadium a-t-elle été un "accélérateur" de la pandémie de coronavirus dans la région rhodanienne? C'est l'avis du Dr Marcel Garrigou-Grandchamp. Dans une publication réalisée mardi sur le site de la Fédération des médecins de France (FMF) cet ancien généraliste du troisième arrondissement de Lyon pointe du doigt la tenue du huitième de finale aller de Ligue des champions entre l'Olympique Lyonnais et la Juventus.

Remporté 1-0 par l'OL, ce match a eu lieu le 26 février, avec près de 58.000 personnes. Le Covid-19 faisait déjà de nombreuses victimes en Italie, plus particulièrement dans le nord du pays. Malgré des appels à un report, l'exécutif français avait autorisé la rencontre et la venue de supporters du club turinois. Un message de prévention avait été diffusé sur les écrans géants et quelques spectateurs avaient pris soin de porter un masque de protection.

>> Abonnez-vous aux offres exclusives de RMC Sport pour suivre la suite de la Ligue des champions

"Une explosion de cas dans le Rhône"

"Ceux qui défendaient le maintien du match, avec la venue de 3.000 tifosi à Lyon, argumentaient en précisant que «Turin n’est pas la Lombardie». Ce qui est une ânerie pour ceux qui s’intéressent au foot, le club de Turin drainant des supporters dans toute l’Italie voire même au delà!", s'insurge le Dr Marcel Garrigou-Grandchamp. "Exactement deux semaines plus tard on assistait à une «explosion» des cas de Covid-19 sur le Rhône", poursuit-il. Un propos que le médecin appuie avec un graphique montrant que les contaminations recensées dans le Rhône est plus de trois fois supérieur à ce qui est constaté dans l'Isère et la Haute-Savoie.

Le docteur fait également un parallèle avec un autre huitième de finale de Ligue des champions, opposant l'Atalanta Bergame au Valence CF (4-1) le 19 février. Le match s'était déroulé à Milan, dans la région aujourd'hui durement touchée par la pandémie. Des médecins locaux et le représentant de l'Italie pour l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) ont récemment estimé que cet événement, rassemblant environ 46.000 spectateurs, avait été une "bombe biologique" en Lombardie. "Une semaine plus tard, la France n’a pas su tirer les leçons de l’exemple Italien", déplore le Dr Marcel Garrigou-Grandchamp.

L'ARS n'établit pas de lien

L'Agence régionale de santé (ARS) écarte pourtant l'hypothèse d'une corrélation entre la rencontre OL-Juventus et l'évolution de la pandémie de la zone. "Après vérification avec les personnes chargées des investigations autour des cas confirmés biologiquement Covid-19 (...), les investigations menées individuellement pour chaque cas n’ont pas mis en évidence de cas en lien avec le match", selon une communication de l'autorité sanitaire rapportée par Le Progrès.

Le huitième de finale retour, qui était prévu à huis clos le 17 mars à Turin, a finalement été reporté par l'UEFA à une date encore inconnue. 

Julien Absalon