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Real: l'impact offensif de Benzema a doublé depuis le départ de Ronaldo

C'est une évidence de le dire mais était-ce forcément écrit d'avance ? Pas sûr. L'impact offensif de Karim Benzema au Real Madrid a quasiment doublé depuis le départ de Cristiano Ronaldo en 2018. Le Français impliqué sur un peu plus de 20% des buts madrilènes pendant l'ère CR7 tourne désormais autour de 40%. Une importance qui s'est encore accrue cette saison.

Longtemps Karim Benzema a été le bon soldat, l'homme qui se mettait volontairement dans l'ombre pour aider un extraterrestre nommé Cristiano Ronaldo à affoler les compteurs. Le parfait complément pour faire briller la star du Real des années 2010, lui qui empilait a minima 50 buts par saison dans un mano a mano frénétique avec Lionel Messi. Un rôle qu'il a parfaitement épousé. "Au fil des années, j’ai changé mon jeu, parce qu’il était là. À Lyon, c’est moi qui marquais... Mais maintenant, je touche plus le ballon car à côté de moi, il y avait un garçon capable de marquer trois buts à chaque match. Il fallait s’adapter." À raison. Ronaldo a souvent été un acteur primordial - mais pas le seul - des succès madrilènes notamment continentaux (quatre Ligues des champions entre 2014 et 2018). Même si les deux situations ne sont pas strictement identiques, Michael Jordan aurait-il été Jordan sans Scottie Pippen chez les Bulls? Pas sûr ou pas complétement. Ce rôle "secondaire" ne l'a pas empêché d'avoir des statistiques très honorables (191 buts et 112 passes en 411 matches). KB9 impliqué sur 22% des buts merengue durant le passage de Ronaldo. Très loin des chiffres indécents de CR7 (450 buts et 120 passes décisives en 438 rencontres). Mais loin aussi de son rendement actuel en nette hausse.

Benzema a assumé la succession

Le départ de CR7 a forcé Benzema à prendre les rênes offensives d'un Real en fin de cycle. Un club qui va devoir sans doute bientôt tourner la page de sa génération dorée (Ramos, Modric, Marcelo...). Zinédine Zidane saluait déjà en décembre 2019 ce travail d'adaptation express : "C'est quelqu'un qui est en train de changer dans le bon sens, il prend beaucoup de maturité, et je pense que c'est ce qui fait la différence. On a tous des petits défauts, des choses à améliorer. Mais lui, dernièrement, il n'y a pas grand-chose à redire." L'ancien Lyonnais a donc montré qu'il avait les épaules pour assumer la succession. Bien sûr, l'ex-international français ne présentera pas les stats de mammouth de la machine portugaise. Mais son impact est incontestable. Depuis le départ de CR7, il est impliqué sur 104 buts en 131 matches. 77 buts et 27 passes décisives.

Soit une implication de 39% sur les 265 réalisations du Real sur cette période. Une importance qui a eu tendance à s'accroître au fil des mois. Cette saison, KB9 compte 20 buts et 5 passes décisives. 25 buts sur les 60 des Merengue, on atteint désormais une implication de 42%. Dire que Benzema - auteur d'un tiers des réalisations du Real cette saison - est l'option numéro 1 serait presque réducteur, on peut même dire que c'est quasiment la seule dans ce Real 2020/21. Une formation où le deuxième meilleur buteur se nomme... Casemiro avec 6 buts. Derrière on retrouve Vinicius (4), Modric (4), Valverde et Ramos (3). Pas beaucoup d'attaquants dans ce top 6.

Une prolongation pour récompenser le soldat devenu leader?

En fin de contrat en 2022, Karim Benzema (33 ans) bouclera-t-il sa carrière au Real Madrid? Malgré la persistance de la rumeur OL, l'attaquant semble ouvert à rester dans un club où il a tout connu : des débuts compliqués, une relation parfois conflictuelle mais décisive avec José Mourinho, l'épanouissement avec Ancelotti puis Zidane. "Je vis au jour le jour à Madrid. J’apprécie chaque séance d’entraînement, chaque match. J’ai un contrat jusqu’en 2022 mais comme je le dis toujours : la porte est ouverte et si le président veut me prolonger, je suis là. J’ai la chance de jouer dans le meilleur club du monde. Je fais attention à chaque entraînement pour rester au niveau. Je suis là et j’attends." Et quand on lui parle d'une possible arrivée d'Erling Haaland, le Français fidèle à son caractère ne se démonte pas. "C'est un buteur exceptionnel et il y a toujours une place pour ce type de joueurs au Real. Si Haaland peut venir et que le club le souhaite, qu'il vienne". Peut-être que le transfert du cyborg norvégien l'obligerait de nouveau à endosser un rôle de soldat de luxe. Qui s'en plaindrait ? Sûrement pas le principal intéressé dont la capacité d'adaptation n'est plus à prouver.

Christopher Lecoq