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Riolo : "Messi met le Barça en finale !"

Daniel Riolo

Daniel Riolo - -

Retour sur la victoire du Barça devant le Bayern ce mercredi en demi-finale aller de la Ligue des champions (3-0).

« Les visages m’ont d’abord marqué. La pression est immense, mais il se dégage beaucoup de tranquillité. L’habitude de ce type d’évènements est tellement grande.

La première période a évidemment tenu ses promesses. Pas de but et alors ? On peut s’enthousiasmer aussi pour le super arrêt de Neuer devant Suarez. La plus grosse occasion de cette période.

Une première période d’une extraordinaire intensité, technique, physique, tactique.

Le positionnement, les déplacements, tout est parfait, huilé. Les espaces sont bien occupés, tout le monde est à sa place.

La prise de risque est partout. Dans les passes (celles de Xabi Alonso sont sidérantes). Risque aussi quand on voit le placement défensif du Bayern qui n’hésite pas parfois à rester en 1/1 derrière.

Globalement, le Barça domine et joue son jeu habituel. C’est le Bayern qui donne la réplique. En débutant à 3 en défense puis en passant à 4. En usant parfois du marquage individuel. Un truc que Guardiola a du piquer à son maître. L’adaptabilité des joueurs est dingue. Niveau QI foot, ce match pète tous les records.

Le Bayern livre un gros match tactique. Neuer libero est aussi fort que dans les buts. Sur les possibilités offensives, c’est en revanche beaucoup moins précis. Thiago Alcantara n’est pas assez présent. Quant à Lewandowski, je me demande dans quelle mesure il n’est pas gêné par son masque.

Au Barça, on récite la leçon classique. Il manque toutefois Neymar, pas dans un bon soir.

Remarques sur la première période :

- Le moins fort des 22 a été formé à l’INF, puis est passé à l’OM. Ça se voit.

- Le PSG est encore loin du très haut niveau. Et un vrai coach, c’est utile.

Il paraît qu’un jour, on a dit que M’Vila pouvait jouer au Barça. Comment j’ai pu penser à ça en regardant un tel match ?

La seconde période est différente. Le Bayern est plus haut. Le rythme est moins soutenu. Le Barça n’arrive pas à développer son jeu, les passes, la conservation.

Plus le temps passe, plus ça se ferme. Le Bayern semble même en mesure de marquer. Dans ces cas-là, et même dans des équipes méga-collectives, c’est l’individualité qui fait la différence. Messi, qu’on voyait moins, met une frappe sublime. 1-0. Sur ce coup-là, j’aurais bien aimé ne pas voir la défense de Benatia, mais ça s’est vu je crois. Bon allez, devant Messi, il ne faut pas être sévère. En 5 minutes, Messi explose tout. Il laisse Boateng le cul par terre pour le 2-0. Un poids lourd qui tombe KO, l’image restera.

On est passé d’un 0-0 qui aurait été bon pour le Bayern à un 2-0 en 5 minutes. Un score idéal. Ce qu’a fait Messi est une justification à l’existence du Ballon d’Or. C’est l’argument à ceux qui répugnent aux récompenses individuelles dans un sport co. Le foot n’est pas un sport communiste. Le collectif est primordial, mais une fois mis en place, l’individualité se démarque. Il n’y a pas d’égalité. Dans un match aussi serré, il faut un joueur à part. Même si c’est moins fort, Robben manque au Bayern. Messi, lui, est immense. Il a probablement envoyé une nouvelle fois le Barça en finale de la Ligue des champions. Une finale que Neymar rend évidente à la 94e. Qui pourra arrêter ce Barça ? » 

Daniel Riolo