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OL-OM: Les sanctions vont tomber

Le sort du match OL-OM interrompu au bout de 5 minutes après un jet de bouteille sur Dimitri Payet va être tranché par la commission de discipline ce mercredi.

Le sort de "l'Olympico" entre Lyon et Marseille, stoppé après un jet de bouteille en plastique sur Dimitri Payet, sera tranché mercredi par la commission de discipline, amenée à évaluer la responsabilité de l'OL qui, tout en plaidant un "acte isolé", risque gros.

Le Championnat de France ne se joue pas uniquement sur les pelouses de Ligue 1 cette saison, mais aussi devant les instances disciplinaires, saisies à plusieurs reprises pour des débordements impliquant des spectateurs.

Une série d'incidents qui a culminé avec l'interruption du choc OL-OM après une poignée de minutes, le 21 novembre à Décines-Charpieu.

L'indignation est allée crescendo, notamment dans les rangs politiques, aboutissant à la convocation d'une réunion d'urgence deux jours après les évènements autour de plusieurs ministres, dirigeants du foot français et présidents de clubs.

"Acte isolé" ou "le plus grave"?

Mercredi, les membres de la commission de discipline devront faire fi du contexte général et répondre à ces questions: le dispositif de sécurité mis en place par l'OL était-il suffisant ou défaillant? Si oui, quelle sanction doit être prononcée? Le match doit-il être rejoué, à Lyon, à huis clos ou encore sur terrain neutre? Doit-il plutôt être considéré comme perdu sur tapis vert?

A partir de 18h00, les débats débuteront devant la commission. Ce sera sans Payet, qui a choisi de ne pas participer, ni physiquement, ni en visioconférence, et pour l'heure sans dirigeants marseillais, pas conviés par la commission pour venir faire entendre leur voix, a-t-on appris mardi soir de source ayant connaissance du dossier, confirmant une information de L'Equipe et de RMC Sport.

Dans le camp lyonnais, la thèse de "l'acte individuel et isolé", que "personne ne peut anticiper ou empêcher", sera défendue.

"Il faut être d'une mauvaise foi évidente pour comparer les évènements (avec ceux) de Nice-Marseille, Montpellier-Marseille ou Lens-Lille", soit des rencontres marquées par "des envahissements de terrains" ou "des bagarres", a déjà avancé le président Jean-Michel Aulas, dont le club occupe la 12e place de Ligue 1.

La commission de discipline, réunie en urgence le 22 novembre, a prononcé à titre conservatoire un huis clos total du stade de l'OL, une mesure appliquée la semaine dernière lors de la défaite 2-1 contre Reims.

Règlement flou

Il y a un mois, l'organe présidé par Sébastien Deneux avait infligé à l'OGC Nice un retrait de deux points dont un avec sursis, ainsi qu'un huis clos pour trois matches, en réaction aux débordements survenus le 22 août durant la réception de Marseille.

Dimitri Payet, déjà lui, avait été touché par une bouteille en plastique. Le match avait été interrompu après que le meneur marseillais ait renvoyé le projectile en tribune, prélude à une rixe impliquant joueurs, supporters et membres de l'encadrement des deux clubs.

Deux mois plus tard à Lyon, l'international français a reçu en pleine tête une bouteille d'eau du même type alors qu'il s'apprêtait à tirer un corner devant le virage occupé par ses ultras, où aucun filet de protection n'était installé.

Aulas avait demandé en vain la reprise du match, sans convaincre l'arbitre principal Ruddy Buquet. "Je fais malheureusement partie du Comex (Comité exécutif de la FFF, NDLR) et ça ne va pas en rester là", aurait lancé Aulas à l'arbitre, selon le rapport arbitral consulté par l'AFP, alors que le dirigeant lyonnais a évoqué des propos "sortis de leur contexte".

La décision rendue mercredi interviendra cinq ans après un jet de pétards ayant visé le gardien lyonnais Anthony Lopes à Metz. Au terme de l'instruction, la rencontre avait été rejouée et le club mosellan sanctionné d'un retrait de deux points (plus un avec sursis), une sanction réduite en appel à trois points de retrait avec sursis.

Le barême de sanctions n'étant pas très précis, Lyon et Marseille partagent la même incertitude avant le verdict.

Pour le président de l'OM Pablo Longoria, il s'agirait à l'avenir d'avoir "un règlement clair dans lequel les sanctions qui s'appliquent sont actées pour chaque type d'incidents". "Ce qui n'est pas responsable, a-t-il assuré dans un entretien à L'Equipe, c'est de chercher à préserver chacun nos intérêts individuels alors que c'est un problème collectif".

PK avec AFP