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Pourquoi les Etats-Unis vont interdire les têtes aux enfants

Des enfants jouant au football

Des enfants jouant au football - AFP

Pour lutter contre le problème des commotions cérébrales, la Fédération américaine de football (US Soccer) a décidé d’interdire les têtes aux enfants de 10 ans et moins et de réduire celles exécutées par les jeunes entre 11 et 13 ans. Les changements vont également évoluer. Trop de prévention ou action logique ? Le débat reste ouvert.

A long terme, cela leur empêchera peut-être quelques bêtises cérébrales. Comme de faire de Donald Trump un potentiel président ou d’élire Georges W. Bush au poste suprême. Au-delà de la blague facile, la décision annoncée ce lundi par la Fédération américaine (US Soccer) pourrait provoquer un énorme débat dans le monde du football. Son principe ? Interdire aux enfants de 10 ans ou moins de faire des têtes à l’entraînement ou en match. Et limiter celles pratiquées à l’entraînement par ceux entre 11 et 13 ans.

Pensées pour combattre le problème des commotions cérébrales, qui a beaucoup fait parler dans le sport US ces dernières années (notamment en NFL où d’anciens joueurs ont traîné la ligue en justice) mais qui touche également le football européen (souvenez-vous Hugo Lloris qui reste sur le terrain malgré un gros choc à la tête avec Tottenham fin 2013), ces deux initiatives font partie d’une série de mesures de sécurité en réponse à une plainte collective déposée en août 2014 devant la justice californienne. Un groupe de parents et de joueurs accusait les dirigeants du football, Fifa compris, de négligence dans le traitement et la prévention des blessures à la tête.

Vers des remplacements temporaires

Si ce groupe n’aura pas atteint son objectif de faire modifier les règles au niveau mondial, il aura au moins obtenu gain de cause sur le plan national. « Nous avons atteint notre but principal », s’est réjoui Steve Berman, l’avocat du collectif qui avait porté plainte. Si les modalités d’application doivent encore être définies, ces mesures « anti-têtes » seront appliquées à tous les clubs sous la tutelle de la Fédération US, à commencer par les équipes de jeunes des clubs de Major League Soccer. « Nous avons créé des paramètres selon le degré d’exposition à des blessures éventuelles », explique George Chiampas, directeur médical de l’US Soccer. Avant d’ajouter que ces nouvelles règles pourraient évoluer si la science évolue sur ces questions.

Pour accompagner ces mesures, des modifications dans la règle des changements vont également être annoncées dans les 30 prochains jours. De plus nombreux changements (au lieu des trois habituels), ou des remplacements temporaires pour examiner un joueur blessé à la tête, pourraient notamment être proposés. US Soccer évoque également des moyens en hausse pour éduquer les joueurs, les parents, les entraîneurs et les arbitres à ces problèmes.

Selon la plainte déposée en août 2014, près de 50 000 footballeurs lycéens avaient été victimes de commotions cérébrales aux Etats-Unis en 2010. Soit plus que pour les joueurs de baseball, basketball, softball et les lutteurs… réunis ! Selon les tests de l’université de Denver, interdire de faire des têtes réduirait nettement le risque de commotion cérébrale, même si le facteur principal reste le choc entre joueurs. L’Europe se penchera-t-elle bientôt sur cette question prise à bras-le-corps de l’autre côté de l’Atlantique ?

A.H.