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A.Ayew : "Labrune ne pouvait pas me prolonger"

André Ayew

André Ayew - AFP

EXCLU RMC SPORT. André Ayew était l’invité de Luis Attaque ce mardi. Le milieu de terrain ghanéen se réjouit d’avoir signé à Swansea l’été dernier et assure que Vincent Labrune, le président de l’OM, a tout tenté pour le conserver mais s’est heurté à d’importantes contraintes financières.

André, comment vous sentez-vous à Swansea ?

Je suis homme heureux. Ça se passe bien, j’aime beaucoup la ville, les supporters, le club. Je suis très heureux là-bas. Ces derniers temps, on pourrait avoir de meilleurs résultats mais ça va, je suis très content. En ce moment, ça va plutôt bien pour moi. J’espère que ça va continuer et aussi nous ramener plus de victoires parce que je pense qu’on n’est pas à notre place. Il faut juste continuer à travailler et ne pas avoir peur de faire du jeu. On est une équipe joueuse alors parfois on le paye. Mais quand ça marche, on prend des points.

Comment évaluez-vous le niveau de la Premier League ?

C’est d’un très bon niveau. C’est quelque chose d’autre, une autre mentalité, une autre façon de jouer. Beaucoup de choses changent par rapport à la France. Le football reste un sport universel mais ils ont d’autres atouts, un autre style de mentalité, qui font que c’est beaucoup plus intense. Il y a beaucoup plus de rythme, de frappes, tout le monde essaye d’attaquer et de marquer. C’est bien pour les gens qui regardent.

Swansea est-il pour vous un tremplin vers un grand club anglais ?

Avant de signer à Swansea, il y avait des offres de gros clubs. C’est un choix qui a été vraiment réfléchi. J’ai pris mon temps, j’ai pesé le pour et le contre, mon âge, ce que je voulais accomplir dans le foot et comment je devais y arriver. Avec ma famille, j’ai pris la décision de Swansea pour arriver quelque part où j’avais la confiance du manager et du président à 100%. Je voulais vraiment prendre le temps de m’adapter à ce championnat, dans une bonne équipe. Je ne voulais pas aller dans une équipe qui ne joue pas, qui ne tente pas de créer, de marquer des buts. Swansea m’a apporté tout ce que je voulais, que ce soit sportivement ou financièrement. Maintenant, je suis ambitieux et on verra la suite.

« Marseille est en moi »

Avez-vous l’OM toujours dans un coin de la tête ?

Oui, je n’ai même pas besoin de le dire. Marseille est en moi. Je ne peux pas passer un jour sans regarder le site de l’OM ou savoir ce qu’il se passe car ça fait partie de ma vie. L’OM c’est moi, c’est toute ma vie depuis que je suis petit. Je suis arrivé là-bas très jeune, j’ai joué dans toutes les catégories jusqu’aux pros et à devenir un joueur important. Je me rappelle de tout, je connais tout ce qu’il se passe là-bas. Hier, il y a eu un gros match de la part des joueurs (victoire 2-0 à Saint-Etienne, ndlr), j’espère que ça va leur faire retrouver la confiance dont ils ont besoin. Mais c’est vrai que les supporters de Marseille me manquent, les gens de Marseille me manquent parce que c’est la première fois que je pars comme ça à l’étranger. J’espère que je les reverrai bientôt et ça reste ma famille.

Le départ de Marcelo Bielsa a-t-il pesé dans votre décision de quitter l’OM ?

Oui et non parce que moi ce n’était pas vraiment le cas Bielsa. C’était une autre situation parce que j’étais en fin de contrat et avec le club on devait d’abord trouver une situation pour prolonger. Tant qu’on ne la trouvait, ça allait être un peu compliqué. Après, avec tous les problèmes que le club avait financièrement, c’était compliqué de reconduire mon contrat. C’est vrai que dans ma tête, ma priorité n’était pas de dire immédiatement que je partais, pas du tout. Vincent (Labrune) le sait, tous ceux qui étaient autour de moi pendant cette période le savent. Après, d’un autre côté, j’avais ce rêve de découvrir la Premier League.

« C’était même compliqué de continuer sur le même salaire »

Vincent Labrune a-t-il fait les efforts financiers nécessaires pour vous garder ?

Il ne pouvait pas les faire. Parce que je pense qu’il les aurait faits s’il le pouvait vraiment. C’était même compliqué de continuer sur le même salaire. On s’est vus plusieurs fois, on a beaucoup discuté. Les gens ne pourront pas me faire dire le contraire. J’ai eu de longues discussions avec Vincent. On a essayé mais même pour être reconduit au même salaire, c’était compliqué. On a vu aussi la politique. Que ce soit Payet, moi ou Gignac, on a été remplacés par de jeunes joueurs, à gros potentiel, qui vont devenir de très grands joueurs dans le futur. Mais ce ne sont pas des joueurs d’expérience. Vincent ne pouvait pas, donc on n’a même pas discuté plus que ça parce que c’était compliqué pour lui. Il voulait que je reste, même si j’avais le rêve de jouer en Angleterre. Il y avait le côté financier, les joueurs qu’on allait recruter car on voulait vraiment commencer à jouer la 2e place, qui on allait garder mais on ne savait pas encore ce qui allait se passer dans le futur.

Vous avez donc manqué de garanties ?

Les garanties, dans tous les sens du terme, n’étaient pas là. Mais je voudrais rassurer tous les supporters : Vincent a vraiment essayé, on a discuté longuement pendant des semaines et des semaines et d’un commun accord on s’est dit qu’il était peut-être de temps de passer autre chose et peut-être qu’on se retrouvera.

Etes-vous inquiet pour votre frère Jordan, qui joue peu à Aston Villa ?

Non, ça y est, il joue, ça fait quatre ou cinq matches qu’il est titulaire. Il a mis deux buts. C’est vrai que ses débuts ont été compliqués, avec un nouveau staff, une nouvelle équipe, un nouveau pays. Il lui a fallu un peu de temps mais il commence vraiment à rentrer dedans et quand je discute avec lui il se sent à l’aise, chez lui et c’est bien car je pense qu’il a vraiment les qualités pour exploser dans ce championnat. J’espère bien qu’un jour, si on peut, on rejouera ensemble dans le même club.