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Arsenal-Manchester City: une première pleine d’enseignements pour Emery

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Unai Emery a connu un premier match de Premier League délicat sur le banc d’Arsenal ce dimanche, lors de la victoire d’un Manchester City impressionnant collectivement (2-0). Auteur de choix contestables, le technicien basque aura aussi livré une vrai déclaration d’intentions. Et pu tirer quelques enseignements.

Une première n’est jamais chose aisée. Mais encore plus quand elle a lieu face au champion d’Angleterre sortant, armé de son banc incroyable et qui se montre déjà flamboyant. Unai Emery aura pris une vraie leçon de jeu de la part de Manchester City ce dimanche, lors de la défaite d’Arsenal en clôture de la première journée de Premier League (2-0). Mais le technicien espagnol aura mis en place certains principes intéressants, et pourra sans doute tirer des enseignements de ses choix pas toujours payants.

Les choix étonnants d’Emery

La première composition d’équipe d’Unai Emery dans un match officiel à la tête d’Arsenal était évidemment très attendue. Elle a surpris. Pas d’Alexandre Lacazette, sur le banc malgré les promesses de son duo avec Pierre-Emerick Aubameyang. Pas non plus de Lucas Torreira, sans doute encore un peu juste pour tenir sa place d’entrée au milieu.

Beaucoup de choix qui posent question. Stephan Lichtsteiner était lui aussi remplaçant tout comme Bernd Leno, laissant le statut de titulaire à un Petr Cech si contesté la saison dernière. Ainsley Maitland-Niles (20 ans) a pris la marée sur le côté gauche, face aux assauts de Riyad Mahrez et Kyle Walker. Blessé, le jeune anglais a dû céder sa place à Stephan Lichtsteiner à la 35e minute. Plus d’expérience donc.

Guendouzi, le symbole

S’il a livré une prestation d’ensemble honorable, le jeune Matteo Guendouzi (19 ans) a sans doute manqué d’impact au milieu de terrain. L’ancien Lorientais, arrivé cet été, a toutefois montré beaucoup d’envie, notamment au pressing, au point de s’ériger... en meilleur joueur de son équipe ou presque, ce qui n’est peut-être pas très rassurant. 72 ballons touchés pour celui que le vestiaire francophone surnomme "cheveux", trois fautes obtenues et quatre interceptions, beaucoup d’énergie. Mais il lui faudra sans doute travailler son apport dans les duels et l’aspect plus physique de son jeu.

Lacazette et Aubameyang doivent-ils jouer ensemble?

Leur cohabitation et leur complicité naissante sur le terrain en fin de saison dernière laissaient augurer une solution durable pour Arsenal. Unai Emery a pourtant choisi de rester fidèle à son système préférentiel en 4-2-3-1, avec Pierre-Emerick Aubameyang en pointe. La formule n’a pas vraiment fonctionné, pas même en contre.

Devant, il a régulièrement manqué un Alexandre Lacazette en point d’appui pour pouvoir exploiter Pierre-Emerick Aubameyang dans son atout majeur : sa pointe de vitesse. L’attaquant gabonais n’excelle jamais tant que lorsqu’il doit prendre l’espace. Ce rôle plus fixe n’est pas vraiment fait pour lui. Pour preuve, ses combinaisons intéressantes avec Henrikh Mkhitaryan… mais sans avoir de véritable relais dans la surface de réparation. Frustrant.

"Lacazette apporte sa touche technique. Ce sont deux joueurs assez complémentaires, ils devaient tous deux démarrer le match", estime Frédéric Piquionne dans PL Zone sur RMC Sport. L’entrée en jeu de l’ancien Lyonnais à la 54e minute – si elle a il est vrai coïncidé avec un pressing un peu moindre des Cityzens – a semblé enclencher une meilleure phase du côté d’Arsenal. Deux minutes seulement après son entrée en jeu, le Français a tenté sa chance du droit. Non cadré mais première banderille. Oublié par Mesut Özil à la 86e minute, auteur d’une tentative non cadrée dans le temps additionnel, il aura libéré de l’espace à Aubameyang, qui a pu à deux reprises s’appuyer sur lui pour enrhumer la défense des Cityzens. Oui, ils sont complémentaires.

L’envie de presser est déjà là

Parmi les caractéristiques du football qu’apprécie Unai Emery, une compte plus que les autres: le pressing. C’est ce bloc qui vient presser très haut, depuis le gardien adverse, que le manager espagnol avait tenté de mettre en place (et parfois réussi) au Paris Saint-Germain, c’est sur cette voie qu’il s’acharne avec son Arsenal. En témoigne le travail incessant de Matteo Guendouzi dans ce secteur, tandis que Granit Xhaka occupait un rôle plus statique au milieu de terrain.

Un pressing collectif, dans lequel Henrikh Aubameyang et Mesut Özil sont censés jouer un grand rôle. L’Arménien l’a plutôt bien fait sur son aile gauche. Mais peu aidé par son latéral, il a aussi, par ce travail, ouvert des trous béants dans son dos… et face à une armada comme Manchester City, cela ne pardonne pas. Quant à l’Allemand, il sort de nouveau d’un match délicat, dans lequel il n’aura pas fait la différence. Aaron Ramsey mérite d’être revu, mais peut-être plus bas, au milieu de terrain… voire à la place d’Özil.

A.Bouchery