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Coronavirus: Tottenham cède face à ses supporters sur le chômage partiel

Après avoir envisagé de réduire le salaire de ses employés, et surtout de bénéficier du système de chômage partiel proposé par le gouvernement britannique, ce qui avait agacé ses supporters, Tottenham a annoncé ce lundi qu'il ne ferait finalement ni l'un, ni l'autre. Seuls les membres de la direction vont revoir leurs émoluments à la baisse.

Comme Liverpool, un autre géant de la Premier League vient de revoir ses plans face à la grogne des supporters: le Tottenham de Daniel Levy. Il y a quelques jours, le club londonien avait indiqué vouloir baisser la rémunération de ses employés non-joueurs durant la crise du coronavirus, et activer le système de chômage partiel proposé par le gouvernement britannique, qui aurait ainsi pris en charge 80% des salaires (avec un plafond d'environ 2.500 euros par mois).

Une idée qui avait particulièrement énervé les supporters des Spurs. Ces derniers s'étaient vivement opposés à la direction, en lui demandant de renoncer aux aides publiques pour ne pas endommager "la réputation du club". Ils ont été entendus.

Ce lundi, Tottenham a expliqué dans un nouveau communiqué qu'il ne diminuera pas les salaires (sauf ceux de la direction) et ne profitera pas non plus du système de chômage partiel. "Nous avons décidé que tout le personnel non-joueur, qu'il soit à temps plein, partiel ou en congé, recevra 100% de son salaire pour avril et mai, écrivent les Spurs. Seul le board subira des réductions de salaire."

"Des pressions différentes par rapport à d'autres entreprises"

Le club, qui fait volte-face, se désole toutefois de ne pas être traité comme une entreprise classique. "Nous avons vu l'opposition de nos supporters et ceux d'autres clubs à l'utilisation du CJRS (le système de chômage partiel proposé par le gouvernement, ndlr). (…) Cela souligne une fois de plus que nous subissons des pressions différentes par rapport à d'autres entreprises, dont beaucoup ont sollicité et continueront de solliciter le programme, ainsi que le proposait le gouvernement. Mais compte tenu du sentiment des supporters, il n'est pas dans notre intention d'utiliser le CJRS qui court jusqu'à la fin du mois de mai. Nous consulterons les parties prenantes, y compris le Tottenham Hotspur Supporters’ Trust, si les circonstances devaient changer à l'avenir."

Avant cela, les Spurs – considérés comme très riches – avaient tenté d'expliquer qu'eux aussi risquent de souffrir économiquement de la crise. "Tous les clubs seront confrontés à diverses pressions, estime Tottenham. La cessation des activités de notre club, en particulier l’utilisation de notre stade comme lieu polyvalent, est arrivée à un moment difficile pour nous. En plus du report du football, nous avons vu le rugby, les concerts, les événements de boxe et les conférences reportés ou annulés. Depuis nos résultats de l'exercice clos le 30 juin 2019, notre endettement net a augmenté, comme prévu, alors que nous avons continué à investir dans l'équipe et à achever les projets budgétés. En ces temps incertains, nous devons nous assurer que nous sommes en mesure de respecter nos obligations financières et de protéger la capacité du club à pouvoir fonctionner quand le football fera son retour."

CC