RMC Sport

Han-Noah Massengo: "Je n'ai aucun regret d'avoir signé à Bristol"

Il n'avait pas encore pris la parole. A 18 ans, Han-Noah Massengo, plus jeune joueur français à avoir disputé un match de Ligue des champions, a fait un choix fort cet été. Quitter Monaco pour rejoindre Bristol City, club de deuxième division anglaise. Si cette décision a surpris, le milieu de terrain a souhaité l'expliquer. Avec 13 matchs joués en Championship depuis le début de saison, Han-Noah Massengo a déjà rempli un critère important pour un jeune élément: jouer.

Pour ceux qui ne vous connaissent pas encore, pouvez-vous vous présenter ?

Je m'appelle Han-Noah Massengo, j'ai 18 ans. Je suis originaire de la région parisienne. Je joue milieu de terrain à Bristol City (Championship) depuis le début de la saison après avoir été au centre de formation de Monaco. Les gens disent que je suis quelqu'un d'assez simple, réservé quand je ne connais pas les personnes à qui je m'adresse. Puis je deviens assez chambreur après. Sur le terrain, je suis un joueur d'équipe, qui donne tout.

Quel type de milieu de terrain êtes-vous ?

J’aime faire des efforts, répéter les courses pour participer aux transitions défensives ou offensives. J’aime bien avoir le ballon et me projeter à la récupération. Je suis un milieu de terrain relayeur mais je peux aussi jouer en sentinelle si besoin.

Quel est votre parcours ?

J'ai commencé à Tremblay, puis j'ai fait Villepinte, Sevran, Aulnay, Blanc-Mesnil... J’ai joué un peu partout, chez moi dans le 93. J'ai intégré le centre de formation de Monaco pendant trois ans et maintenant je suis à Bristol, en Angleterre.

Comment se passent les premières semaines à Bristol ?

Vraiment bien. Déjà, le plus important, je joue. Tous mes coéquipiers et le staff m'ont super bien accueilli. Tout se passe bien. Les gens me reconnaissent dans la rue, ils m'interpellent mais toujours dans le respect. Les supporters sont reconnaissants par rapport à ce que je fais sur le terrain et ça c’est un plaisir. Ils ont même fait une chanson à mon nom où ils parlent de mes cheveux (rires).

Vos cheveux font partie de votre personnalité ?

J'ai toujours eu ça. Les gens me reconnaissent comme ça, même à Villepinte, dans ma ville. Quand j'étais petit, j'ai voulu laisser pousser mes cheveux parce que je voulais avoir la même coupe que Ronaldinho. C'est mon joueur préféré. Au final, j'ai une coupe différente, mais je l'ai gardée et maintenant c’est ma marque de fabrique (rires).

Cela fait deux mois que vous êtes à Bristol, êtes-vous déjà un joueur différent ?

Oui parce que j'ai déjà joué une dizaine de matchs. Quand tu joues, tu progresses, tu gagnes en expérience. Donc forcément, je suis déjà différent. Quand j'étais à Monaco, je pense que je n'étais pas capable de tenir un match de 90 minutes à haute intensité. Je pense que je peux le faire désormais. En Angleterre, on joue beaucoup, on enchaîne, donc je commence à pouvoir mettre la même intensité sur 90 minutes.

Certains observateurs vous comparent déjà à N'Golo Kanté dans le style de jeu…

C’est flatteur (rires). C’est un très grand joueur, champion du monde. Il donne toujours tout sur le terrain, il court énormément, il est toujours au bon endroit et il ne lâche jamais rien. J’essaye de m'inspirer de joueur comme ça. J'espère vraiment avoir une carrière comme la sienne. Ce n’est pas rien ce qu'il fait.

Quels sont vos objectifs cette saison, personnel et collectif ?

Avec Bristol, c'est de terminer dans le top 6 pour disputer les play-off. Sur le plan personnel, c'est de me développer, de progresser.

Pourquoi avoir choisi de quitter Monaco cet été pour rejoindre Bristol ?

C'est simple: à Monaco, je ne pense pas que j'allais jouer. Bristol est arrivé, j'ai tout de suite adhéré au projet qu’ils avaient pour moi. Je voulais jouer, enchainer les matchs, gagner en expérience, et tout était basé sur ma progression. Jusqu'à preuve du contraire, c’est ce qu’il se passe, je joue pour l'instant. C'était ce que je voulais.

Comprenez-vous que ça ait pu surprendre de voir un jeune espoir de 18 ans rejoindre la deuxième division anglaise ?

Oui, ça peut surprendre. Les gens ne connaissent pas le Championship qui est un championnat compétitif. Tout le monde peut maintenant se rendre compte que mon choix était réfléchi. Ce n'est pas un choix fait sur coup de tête. Encore une fois, je voulais jouer. C'est simple. Le projet, c'est de progresser et d'essayer de jouer en Premier League avec Bristol.

Vous regrettez de ne pas avoir pu jouer justement avec Monaco ?

Non... J'ai fait mes matchs l'année dernière. On ne comptait pas forcément sur moi cette saison. Et quand je vois comment ça se passe pour moi à Bristol, je n'ai aucun regret.

Qu'est-ce que vous avez ressenti quand vous avez joué, en novembre dernier, un match de Ligue des champions à 17 ans seulement ?

C'était... (il souffle) Incroyable. En plus, j'étais avec mes potes du centre de formation... La musique... C'est... que de la fierté. Ça a été très vite. J'ai fait un premier entraînement avec les professionnels la veille du match seulement. C’est Benoit Badiashile qui m'a ensuite dit que j'étais dans le groupe. Au début, il y a eu un peu de pression parce qu’il y avait de gros joueurs en face. Mais la pression a disparu quand le match a commencé parce qu’une fois sur le terrain, tu n’as plus qu’à montrer ce que tu sais faire et à tout donner.

Loïc Tanzi