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Manchester United: ce qu’a changé Solskjaer depuis son arrivée

Un festival à Cardiff (5-1) pour son baptême du feu samedi dernier, et un autre succès contre Huddersfield (3-1) mercredi à Old Trafford: en deux matchs à la tête des Red Devils, Ole Gunnar Solskjaer a réconcilié Manchester United avec la victoire, et proposé un spectacle bien plus séduisant qu’à la fin de l’ère Mourinho. Explications.

Les hommes: Pogba au centre de tout

C’est presque un poncif pour un entraîneur prenant ses fonctions, mais Solskjaer a bien pris la peine de le souligner lors de sa première conférence de presse: avec lui, les cartes allaient être redistribuées, et chaque joueur aurait sa chance de s’illustrer. Par rapport à la défaite à Liverpool (3-1), dernier match de l’ère Mourinho, le Norvégien a ainsi relancé quatre hommes au moment de dessiner son premier onze de départ: Luke Shaw, Phil Jones, Anthony Martial, et Paul Pogba.

Pas de révolution en terme de quantité, donc, mais un choix fort si l’on se penche sur le cas du dernier cité. Remplaçant lors des trois derniers matchs de championnat dirigés par le Special One, Pogba avait plombé Mourinho sur la fin. Parce qu’il n’était pas à la hauteur lorsqu’il jouait, et parce que les conflits entre deux hommes aux égos conséquents avaient provoqué une petite crise dans le vestiaire. Or, à Cardiff puis contre Huddersfield, le Français a soudainement incarné le réveil mancunien. Impliqué dans tous les bons coups, double passeur puis double buteur, la Pioche a accepté avec plaisir le costume de chef d’orchestre – il évoluait meneur mercredi – tendu par Solskjaer. "C'est le meilleur joueur du club quand il est à son meilleur niveau et avec des performances comme ça" a rappelé Phil Neville mercredi soir.

Il faudra voir lors des prochaines journées si le problème Pogba est bien réglé, et comment "OGS" gère les situations de deux autres joueurs théoriquement clés, mais en grande difficulté: Romelu Lukaku et Alexis Sanchez.

L’état d’esprit: le retour des sourires

Des tensions avec son groupe, des tensions avec ses homologues, des tensions avec les médias, avec les arbitres… Ces dernières semaines, Mourinho avait plongé United dans une ambiance extrêmement négative, transformant le club en une cocotte prête à exploser.

Beaucoup plus rond, et sans doute plus humble que son prédécesseur, Solskjaer a débarqué avec une pommade bienfaitrice. Le Norvégien a envoyé des sourires à tout le monde, et là où le Special One cherchait l’affrontement, a privilégié le réconfort. Si Pogba, pour en revenir à lui, s’est montré précieux, c’est parce qu’il a eu l’occasion de jouer, certes, mais aussi parce qu’il se sent plus serein.

"C’était le premier match d’Ole à domicile, et on a vu un retour de la positivité, a ainsi salué Ryan Giggs après la rencontre de mercredi. Les joueurs majeurs se sont réveillés, Pogba en marquant, De Gea avec un arrêt important, et Rashford en haussant nettement son niveau de jeu. Il y a une ambiance plus positive, il faut maintenant que l’on réussisse à la conserver en vue du prochain match contre Bournemouth."

La tactique: le frein s'est desserré

Catalogué – à juste titre, si l’on se remémore ces derniers mois – comme un entraîneur défensif, José Mourinho avait créé une sorte de frustration à Manchester. Chez les supporters, lassés par quelques purges, et chez ses hommes, qui semblaient évoluer avec un élastique dans le dos, même quand le scénario ne l’exigeait pas. Or, c’est l’un des points sur lesquels Solskjaer a promis de travailler à son arrivée: "Je veux redonner aux joueurs le plaisir du football", avait-il lancé.

Le plaisir du football, et donc le plaisir de l'offensive. Cela s’est traduit par un retour de la possession (74% contre Cardiff, 64% contre Huddersfield), un positionnement plus haut des latéraux, et surtout, une prise de risques largement accrue. Mercredi, Solskjaer a souvent demandé à ses joueurs d’aller vers l’avant, et d’y aller vite. A chaque fois que le tempo ralentissait, le technicien norvégien surgissait dans sa zone technique, agitant son bras en direction du but adverse, pour une consigne assez claire à comprendre. Dans le travail sans ballon aussi, les joueurs ont semblé plus solidaires, faisant les efforts de manière simultanée.

Des petits réajustements pour le moment efficaces, puisque les Red Devils viennent d’inscrire huit buts en deux matchs, dont cinq dans la même rencontre à Cardiff, ce qui n’était plus arrivé depuis 2013 et la période Ferguson.

Reste à voir si les Mancuniens arriveront à répondre physiquement à cette hausse d’intensité sur le long terme, et si United parviendra encore à jouer de la sorte face à ses concurrents du haut de tableau. Car pour le moment, le Manchester d’OGS n’a affronté que le 17e et le 20e de Premier League, et demeure toujours à huit longueurs des places qualificatives pour la Ligue des champions. L’aventure ne fait que commencer…

CC