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Procès Mendy: Benjamin Mendy aurait demandé à une victime présumée de ne "pas oublier sa pilule"

Le procès pour viols de Benjamin Mendy s’est poursuivi ce mardi en Angleterre, avec le contre-interrogatoire de la dixième plaignante. Celle-ci a de nouveau nié avoir donné son consentement au joueur, qui l’aurait forcée à pratiquer une fellation puis à avoir un rapport sexuel avant de lui envoyer de surprenants messages.

Après quatre jours de pause, le procès pour viol de Benjamin Mendy a repris ce mardi, avec le contre-interrogatoire de la dixième plaignante, qui avait déjà longuement été entendue la semaine passée. La jeune femme, 17 ans au moment des faits, a été mise à mal par la défense, qui est revenue sur son comportement lors de la soirée des faits présumés. Elle a toutefois affirmé à plusieurs reprises qu’elle n’avait pas donné son consentement au joueur, qui l’aurait forcé à pratiquer une fellation dans son bureau.

D’après le récit de la plaignante, elle aurait été forcée à remettre son téléphone avant de monter dans un taxi l’emmenant à une fête à laquelle se trouvait Jack Grealish, Benjamin Mendy et Louis Saha Matturie, l’autre accusé du procès. "Je n'ai pas compris pourquoi je devais donner mon téléphone. On ne m'avait jamais demandé ça avant. Ça m’a choqué. […] Je me suis sentie obligée", a-t-elle expliqué.

"Je ne lui ai pas dit oui"

Arrivé à la maison de Mendy, elle aurait bu de la vodka et quelques verres de champagne, sans être "saoule" pour autant. L’accusé l’aurait alors complimentée sur son apparence et notamment ses fesses, tout en étant au courant de son âge, d’après son témoignage. Elle aurait ensuite accepté de le suivre dans son bureau, en pensant qu’il voulait simplement "plus d’intimité". "Je ne voulais pas qu’il se passe quoi que ce soit entre nous, a-t-elle assuré. Il n’avait pas parlé de sexe. Il n’y a pas eu de conversation à ce sujet. Je ne lui ai pas dit oui."

Interrogé sur la fellation qu’elle lui aurait prodigué une fois dans le bureau, elle a reconnu l’acte sexuel mais a réitéré qu’elle "n’avait pas dit qu’elle le voulait". "Il m’a tiré la tête vers le bas et a gardé sa main sur ma tête, a-t-elle poursuivi. Il m’a forcée." Elle a ensuite expliqué avoir reçu un SMS le lendemain matin de Mendy lui disant de "ne pas oublier sa pilule" (elle dit aussi avoir eu un rapport sexuel forcé). La plaignante, qui n’avait pas parlé de la fellation à la police dans un premier temps, a ensuite longuement été interrogée sur ce silence initial. Elle l’a justifié par son "traumatisme", avant de fondre en larmes en disant avoir été "vraiment terrifiée".

Le nom de Jack Grealish encore évoqué

Le rôle de Jack Grealish, qui était présent le soir des faits, a également été au cœur des débats. La jeune femme a à plusieurs reprises nié être venue à la fête pour approcher le milieu de terrain anglais. "Je n’étais pas particulièrement intéressée de le voir", a-t-elle déclaré, expliquant qu’elle n’était pas particulièrement passionnée par le football. Elle a également de nouveau nié avoir eu "un contact sexuel" avec l’actuel joueur de Manchester City, qui ne fait pour l’instant l’objet d’aucune accusation.

Secouée par la défense, la plaignante a ensuite pleuré à plusieurs reprises pendant son interrogatoire, à l’évocation de ses amis, expliquant que beaucoup de gens avaient pris ses distances avec elle. Ajourné en fin d’après-midi, le procès doit reprendre mercredi avec la suite de son contre-interrogatoire. Pour rappel, Benjamin Mendy nie sept viols, une tentative de viol et une agression sexuelle contre six jeunes femmes. De son côté, Louis Saha Matturie réfute six viols et trois agressions sexuelles contre sept jeunes femmes. Les deux accusés affirment que si des relations sexuelles ont eu lieu, cela a toujours été le cas avec des femmes consentantes.

CP