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''Si c’était à refaire, je réagirais de la même façon'', assure Lloris après ses boulettes du week-end

Hugo Lloris (Tottenham)

Hugo Lloris (Tottenham) - AFP

Invité ce lundi de Team Duga, Hugo Lloris a brassé l’actualité et en a notamment profité pour revenir sur ses deux erreurs commises lors du choc face à Manchester City, samedi dernier en Premier League (2-2, 22e journée). Deux interventions qu’il assume totalement et a déjà digéré.

Hugo Lloris, que s’est-il passé sur les deux buts que vous encaissez face à Manchester City ? Vous aviez réalisé une bonne première période puis derrière…

Malheureusement ça arrive. Heureusement cela n’a pas de grosse influence sur le résultat. Au final, ce 2-2 est un bon point de pris, notamment par rapport à la première période qu’on a faite, durant laquelle on a beaucoup subi et City était bien meilleur que nous. Mes coéquipiers m’ont sauvé cette fois-ci. Ça fait partie du jeu. Sur le plan personnel, ce sont des choses qui arrivent. Il faut l’accepter, continuer à travailler et essayer d’être décisif pour l’équipe.

Sur le premier but, votre anticipation est plutôt bonne. Mais on vous sent un peu gourmand, vous semblez vouloir relancer proprement de la tête.

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C’est exactement ça. Si demain, je rejoue le même genre de situation, je réagirais de la même façon. Sur le premier but, j’essaie d’être le plus propre possible et malheureusement je me fais contrer. On travaille de la sorte, de jouer le plus haut possible. Derrière, je dois couvrir mes défenseurs dans le dos et cela demande de prendre des risques. Le plus important, c’est que derrière j’ai la même situation, le ballon est au sol devant Agüero, à 30 mètres de mon but et j’interviens. On fait des erreurs mais le plus important, c’est comment on réagit, c’est de rester dans le match. Dans le football, il n’y a jamais rien d’acquis, tout peut tourner très vite, encore plus en Premier League et on l’a prouvé face à Manchester City.

On parle beaucoup du choc terrible entre Ryan Mason (Hull City) et Gary Cahill (Chelsea). Avez-vous déjà eu peur de ce genre de choc ?

Ça m’est déjà arrivé, il y a trois ans de ça à Everton. J’avais subi un choc à la tête avec Lukaku. J’étais resté sur le terrain. Je n’aurai pas dû continuer le match. Cette situation-là aurait pu arriver dans n’importe quel autre championnat, je pense. Mais c’est vrai qu’il y a cette culture de l’engagement en Angleterre. Les arbitres favorisent le jeu. Ils laissent parfois trop jouer mais c’est comme ça que le championnat fonctionne. Malheureusement pour Ryan, notre ancien partenaire (il s’est engagé à Hull en début de saison, ndlr), sur le coup il est resté au sol. Heureusement, ça devrait aller mieux je pense.

Vous avez prolongé votre contrat avec Tottenham jusqu’en 2022. Pourquoi ce choix ?

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C’est là où je me sens le mieux. Je crois dans le projet du club. Je crois en mon entraîneur. Dans mon quotidien, avec mon entraîneur des gardiens, j’ai une très bonne relation, que ce soit dans le travail ou dans l’humain. C’est aussi une manière de montrer à mes partenaires que je suis totalement impliqué, que je crois à mon équipe. Je sens que le club avance. Ce n’est plus le même club dans lequel j’ai signé il y a quatre saisons et demie. Il y a un entraîneur en place, un entraîneur ambitieux, qui a amené sa philosophie de jeu, sa méthodologie de travail. On prend du plaisir au quotidien et c’est ça le plus important.

Vous comprenez l’attitude de Dimitri Payet, en conflit ouvert avec son club de West Ham ?

De l’extérieur, c’est toujours difficile d’avoir un avis. Ce genre de problèmes, ça appartient à Dimitri, à son entraîneur, à son club. Malheureusement, les médias ont pris le dessus. C’est devenu une affaire assez compliquée à gérer pour tout le monde. Dimitri aura certainement la possibilité de donner ses raisons et de s’exprimer là-dessus à l’avenir.

Vous avez un excellent joueur dans votre équipe, Delle Alli, que la rumeur envoie au PSG. Il a tout pour devenir un très grand joueur selon vous ?

Il a quelque chose de spécial. S’il garde la même mentalité qu’il a actuellement, cette envie de toujours vouloir repousser ses limites, de progresser, il fera une très grande carrière.

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Durant les fêtes de fin d’année, on a partagé les coulisses de l’équipe de France pendant l’Euro. On vous a notamment découvert dans votre rôle de capitaine, on vous a vu harangué vos coéquipiers. Est-ce que vous êtes content que le public et les fans de foot vous aient vu sous votre vrai visage ?

Ce n’est pas une question que je me pose. Tout ce qui se passe dans le vestiaire ou doit se passer dans le vestiaire, doit rester dans le vestiaire. Ce genre de choses, je le faisais déjà à vingt ans, à dix-neuf ans quand j’étais à Nice. Peut-être qu’on ne me connait pas sous cet angle-là, mais j’ai toujours été ambitieux et parfois je peux le montrer dans le vestiaire avec la voix. J’ai toujours voulu être acteur et agir sur le terrain. Aujourd’hui, j’ai cette possibilité-là parce que j’ai de l’expérience et le brassard en équipe de France. Mais je ne suis pas en recherche de ce que les gens pensent de moi. J’aime ma tranquillité. C’est le plus important pour moi.

Encore aujourd’hui, vous repensez au but d’Eder en finale de l’Euro ?

Non, ça a été digéré. Ça appartient au passé. On ne peut que regarder devant. Il est important de se qualifier pour la Coupe du monde en Russie. Le plus rapidement serait le mieux. On a changé de statut. Il faut le défendre à chaque fois qu’on porte le maillot des Bleus. On sent que l’équipe, étape par étape, progresse, que cette génération arrive à maturité et que l’équipe de France peut réaliser de belles choses à l’avenir.

Enfin un mot concernant Mathieu Valbuena, décisif lors de l’Olympico disputé dimanche entre Lyon et Marseille. Peut-il selon vous revenir en équipe de France ?

C’est une question pour notre sélectionneur. Il a l’expérience du plus haut niveau. Il a été un joueur très important pour l’équipe. Je ne pense pas que la porte soit fermée, loin de là. Il est en train de retrouver son meilleur niveau. S’il continue comme ça, je pense que la question se posera. Mais ces choses-là appartiennent au sélectionneur.