RMC Sport

Riolo: "Chelsea-PSG, derrière le résultat…"

Daniel Riolo

Daniel Riolo - RMC Sport

Retour sur la qualification du PSG en quart de finale de la Ligue des champions après sa victoire à Chelsea…

Le PSG est qualifié, c’est la fête, l’effusion. La passion s’exprime, explose. Médias à gogo, réseaux sociaux en fusion. Et si on essayait de se poser, loin de cette contagion émotionnelle.

D’abord, le PSG est en quart. 4 de suite, ce n’est pas anodin. Il ne faut pas minorer. Paris s’installe au haut niveau européen. Mais pas encore, au très haut niveau. Depuis la naissance du PSG selon Ibra, le club a battu Valence, Leverkusen et Chelsea 2 fois. Un Chelsea qui au fil des années est toujours moins fort. Il y a donc encore de la marge avant d’appartenir au gratin. Il faut juste observer cela avec objectivité, lucidité. Entre les supporters parisiens en fusion et ceux qui voulaient voir Paris tomber, il y a de la place.

A force de revenir à ce stade de la compétition, le PSG va peut-être avoir un peu de chance au tirage afin d’aller plus loin. On dira alors que le PSG a progressé. Piège de l’analyse du résultat seul. Les chiffres, le résultat, il n’y a plus que ça dans l’univers passionnel du foot. Aller en demi en tapant Benfica ou s’arrêter en quart en étant bon face au Bayern ou au Barça ? On aura rempli le Parc un match de plus, et après ? Le PSG aura-t-il réellement avancé ? L’autre hypothèse à envisager, c’est que Paris tombe un gros ! Possible ou pas ? Vieux débat pour devin médiatique. Dire oui, ça coûte rien. Mais permettez-moi d’attendre de voir ça de près.

Di Maria et Trapp sont venus pour faire progresser le club. Les deux ont été très bons à Londres. En évoluant au milieu, Di Maria a pesé dans un secteur clé du jeu. En haut, à droite, je ne l’ai jamais trouvé décisif. Plus libre, il apporte bien plus.

Agacé face à la question d’un journaliste, Blanc a fait comprendre que c’était une option tactique prévue. Bah j’espère bien. J’ai rien contre l’impro, mais à ce niveau-là… Il était plus tendu en conférence de presse que sur le banc Blanc. Etonnant. Des comptes à régler ? Mais n’a t-il pas dit lui-même récemment qu’il avait progressé ? Lui peut le dire, mais pas nous ? Il a parfaitement géré le match aller, et tout aussi bien le retour. Le choix de Rabiot, plutôt que Pastore notamment. Dans la tourmente du match, le PSG a dégagé bien plus de sérénité que lors des deux derniers voyages à Londres. Le coach a été à la hauteur. On peut le dire ? Ou avoir posé des questions à son sujet est passible de l’excommunication ? Certes quand on est un journaliste ami, un consultant ami ou qu’on travaille sur un média du club, la vie est plus simple. Autre vision du métier. Ou pas le même métier surtout. Quand on a le feu vert pour parler, tout va mieux.

Un joueur ou un coach, c‘est comme tout le monde, ça évolue et ça progresse ou pas. Après tout, la personne qui a dit le plus de mal de Blanc, c’est celui qui a été proclamé meilleur arrière droit du monde par une grosse partie de l’intelligentsia de notre foot !

Dans ce match, le style du PSG, invariable a payé. Possession, assurance dans les transmissions. Pour faire simple, le style Barça de Guardiola. Le pressing est toutefois moins fort. Aujourd’hui, ni le Barça d’Enrique, ni le Bayern de Guardiola ne jouent plus comme ça. Paris manque parfois de profondeur, de rupture, de changements de rythme. Entre la 25è et la 60è minute, Chelsea a vraiment bousculé un Paris proche du vide au milieu de terrain. N’oublions pas ça dans l’euphorie du succès. Le retour de Verratti règlera-t-il tout ? A voir. En tout cas, Motta a vraiment besoin de lui.

En attaque, Ibra a enfin joué le sauveur. A 34 ans, il marque enfin dans un match couperet et ceux qui ont douté de lui ont eu tort ? Raccourci mental dangereux. Il a seulement fait son travail. Etre bon dans ce genre de match, c’est juste normal quand on a son statut ! Et « normal » il ne l’avait jamais été avant ! Ce n’est pas moi qui le dis, ce sont les faits. Alors on peut être une groupie du suédois, un fan en culotte mouillé, ça ne changera rien à l’affaire. Qu’Ibra marque et qu’il se taise. Depuis qu’il est en France, il ne répond à rien ni personne. Il joue pour lui et son président. Sa seule valeur, c’est l’argent. C’est un mercenaire assumé et on est libre d’aimer ou pas ! On peut dire que c’est un joueur extraordinaire sans apprécier l’homme. Il a été bon dans un match de haut niveau, une fois ! Qu’il continue à l’être pour ce PSG qu’il insulte quand il renie son passé.

Personne ne dira qu’il n’est pas bon quand il l’est. Personne ne nie l’importance du joueur dans le projet actuel du club ! Et s’il fait avancer Paris en Ligue des champions, tant mieux. Mais un but n’efface pas l’analyse objective. Intellectuellement, la lucidité doit être mise au-dessus de tout. Malheureusement, au comptoir du sport, où les stats et les paris dominent, c’est trop souvent l’analyse du résultat (seul) qui prévaut.

Daniel Riolo