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Du centre de formation de Monaco à Harvard, le fabuleux destin d’Alessandro Arlotti

Promesse du football mondial à un poste de milieu (très) offensif, Alessandro Arlotti (18 ans) a fait un choix fort cette année, celui de privilégier un parcours universitaire à une carrière dans le monde professionnel qui lui tendait les bras.

On a coutume de dire que, dans la vie, le train ne passe pas deux fois. Et qu’il faut aussi prendre garde à ce qu’il emprunte la bonne direction. Alessandro Arlotti (18 ans, bientôt 19) est sûr de son fait. Le jeune international italien des moins de 18 ans, né à Nice, pépite de la formation monégasque, a mis sa carrière de footballeur professionnel entre parenthèses, pour rejoindre la prestigieuse université d’Harvard, aux Etats-Unis. Un choix mûrement réfléchi, et qui surprend, quand même, dans le milieu du football.

D’ailleurs, tous ne le comprennent pas. "J’ai reçu plein de messages de gens qui me disaient de bien réfléchir, que je ne devais pas faire ce choix-là, nous raconte celui qui aura passé toute son enfance entre la Turbie (où il a débuté le foot) et Monaco. Il y a beaucoup d’amis à moi et de coéquipiers, d’entraîneurs ou de dirigeants, mais aussi des gens que je ne connais pas, sur Instagram, qui m’envoient plein de messages. Ils ont lu mon histoire et me disent qu’ils ne sont pas d’accord. J’essaye de leur expliquer."

"Je ne me sentais pas de renoncer à une telle opportunité"

Alessandro Arlotti avait cette option en tête depuis fort longtemps. Son frère, Gianluca (ancien joueur de football à Cannes et Monaco), de deux ans son aîné, lui a montré la voie, et poursuit des études économiques à la Boston University, dans le Massachusetts. Boston, justement, Alessandro va s’y rendre dès le mois d’avril pour entreprendre de perfectionner sa maîtrise de l’anglais, et dans le but, aussi, de se remettre la tête dans les études. Le jeune milieu offensif a obtenu son bac l’an passé, mais il évoluait depuis à Pescara, où il espérait jouer avec le groupe professionnel.

"C'était assez compliqué surtout qu’on était dernier et 35 dans l’effectif, donc je comprends qu’ils ne mettent pas les jeunes, quand la situation est si compliquée. Avec un peu plus de temps, dans quelques années, j’aurais pu jouer." Sauf que le jeune homme n’avait "pas le temps d’attendre". Après avoir passé des examens en fin d’année dernière (centrés sur la littérature et les mathématiques), Alessandro Arlotti apprend dès le mois de février 2021 qu’il est pris à Harvard. Et répond à l’appel de son destin.

"Je ne me sentais pas de pouvoir renoncer à une telle opportunité", confie-t-il aujourd’hui. Alessandro Arlotti ne sait pas encore vers quel domaine s’orienter, même si le domaine des études économiques a sa préférence. "Je n’ai pas de métier en tête, surtout que les deux premières années sont assez générales à Harvard, mais je suis sûr que ces deux années vont m’aider à trouver le chemin", ajoute-t-il.

"Rejouer au football en Europe? Je dois l'espérer"

En attendant, il a deux mois devant lui pour se préparer à ce qui l’attend en août, quand débutera une nouvelle vie. Celle-ci aurait-elle été différente s’il avait totalement percé chez les professionnels? Sans doute. "Si j’avais senti qu’une carrière de dessinait, je pense que j’aurais réfléchi davantage", reconnaît l’intéressé, qui ne se fait pas d’illusion. Les joueurs de son âge sont très peu nombreux à jouer au plus haut niveau. Et ce n’est pas parce qu’il a choisi d’emprunter ce chemin que l’Italien a renoncé à son premier rêve, celui d’être un joueur de football.

"Ç’a toujours été et ça l’est, parce que, enfin… (il hésite) C’est toujours un rêve, mais je pense qu’à ce moment-là, c’était le bon choix à faire, assure-t-il. C’est sûr qu’on met le football de côté un tout petit peu, et que, même si je continue à jouer là-bas - il participera à l’Ivy League, une compétition qui réunit les plus prestigieuses universités du nord-est du pays-, ce n’est pas la même chose. Mais au fond de moi, j’espère toujours pouvoir rejouer en Europe. Je sais que c’est presque impossible, et tout le monde me dit que c’est impossible. Mais je suis jeune, je dois l'espérer."

Quel niveau pour le football universitaire américain ?
"Mon frère est là-bas. Il me dit que c’est un football qui, certes, est beaucoup moins technique, en revanche, c’est beaucoup plus physique et athlétique. Il a joué à Monaco, à Cannes, en France, donc il a ce recul, et il me dit que les joueurs sont des athlètes énormes, très costauds. Et aussi que, tactiquement, c’est bien plus faible."

Arlotti évoluera en Ivy League avec Harvard, une conférence sportive regroupant huit universités privées du Nord-Est des Etats-Unis. Une conférence qui appartient à la Division I NCAA, soit le plus haut niveau du sport universitaire américain.

https://twitter.com/qmigliarini Quentin Migliarini Journaliste RMC Sport